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Pour sauver un paysan, mangez un syndicaliste

« Pour sauver un paysan, mangez un vegan », La nouvelle campagne de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne aurait tout pour être drôle, si, et seulement si les concepteurs de la campagne ne s’étaient pas trompés de cible. Il fallait en fait dire : Pour sauver un paysan, mangez un syndicaliste. Car au bout du compte, leurs syndicats ne sont-ils pas autant responsables de la ruine et de la faillite des agriculteurs que les pouvoirs publics, qui subventionnent et encouragent des pratiques d’un autre temps ? L’abolition de l’exploitation animale est inéluctable, mais sur du très court terme le problème est ailleurs. D’après le syndicat en question, plus de la moitié des agriculteurs en 2016, ont un revenu inférieur à 354 € par mois (4 200 €/an). Oui, bien. Et alors ? On attend quoi pour se convertir ? C’est ce que ferait n’importe quel autre travailleur. Vous les syndicalistes, plutôt que d’encourager vos serfs à la précarité, de les cantonner au rôle de pourvoyeurs de chairs pour les serials killers des abattoirs, pourquoi ne pas envisager d’abonner une fois pour toute, ce modèle économique basé sur l’esclavagisme et le meurtre alimentaire ? Vous voulez peut-être sécher leurs bas de laine sur des panneaux 4X3 avant de partir avec votre butin en Chine, à l’instar de la Cooperl (coopérative bretonne leader du porc en France) qui après avoir inaugurer un élevage de 1 500 reproducteurs à Anyang en Chine, s’apprête à y construire une usine de transformation. Vous voulez parlez scandales ? Parlons scandales. En août 2015, le numéro 1 français de la viande, le groupe Bigard, qui possède notamment les marques Charal et Socopa, a boycotté le marché de Plérin, tout comme la Cooperl, en achetant les porcs de ses 2 700 adhérents à un prix inférieur à celui du marché au cadran de Plérin, provoquant la chute du prix du porc, et celle des petits éleveurs. Plérin et son fameux cadran. De quoi s’agit-il en fait ? Le marché au cadran de Plérin est l’endroit qui fixe le prix de référence du porc pour toute la France. On l’appelle aussi Marché du porc breton. Il se tient deux fois par semaine, et rassemble les producteurs et les acheteurs. Les prix des victimes s’affichent sur un cadran électronique, d’où de nom de marché au cadran. Depuis 1972, l’objectif du marché au cadran est de réguler les transactions entre vendeurs et acheteurs de victimes, c’est à dire entre les éleveurs et les industriels de la viande, ceux qui assassinent des êtres vivants, puis les transforment et les conditionnent pour devenir ce que l’on appelait à la préhistoire de la viande. Chaque semaine, des dizaines de milliers de victimes sont donc vendus à Plérin. Les victimes sont présentées sur catalogue avec leurs caractéristiques, comme l’âge, le poids, la  provenance. Le prix qui est fixé à Plérin va ensuite s’appliquer à l’ensemble de la filière, et pas seulement en Bretagne. Dans toute l’Europe, il y a surproduction de victimes et, parallèlement, la consommation de cadavres a baissé pendant l’été en France, ce qui fait reculer les prix. Les acheteurs français, demandent des prix plus bas et reprochent au Marché du porc breton d’être déconnecté des prix européens. Résultat les industriels de la viande (les fameux acheteurs) boycottent le marché de Plérin. Bien entendu, ils sont suivis par la coopérative bretonne, le leader du porc en France. Ce scandale n’est qu’un scandale de plus dans le monde sulfureux de l’industrie de l’agro-alimentaire, mais il illustre bien ce qui précipite un peu plus chaque jours les petits éleveurs et les agriculteurs dans les affres de la banqueroute. Non, malheureusement les vegans ne sont nullement responsables de cette banqueroute. Mais à qui profite le meurtre alimentaire alors ? Dans un premier temps il faut regarder dans la direction des lobbys et des syndicats de la filière agricole. Ceux-là connaissent plus le son des cuillères à l’heure du thé dans les salons cossus des chambres parlementaires, que les flocs des bottes en caoutchouc dans l’aube blanche. Il faut ensuite regarder en direction des industriels qui ne payent pas le prix d’achat que reflètent la réalité des coûts d’exploitation. Idem pour le consommateur qui ne demande qu’à payer moins cher à chaque passage en caisse. Ne parlons même pas des politiques qui achètent le silence des agriculteurs à grand coup de subventions et font la danse du ventre à chaque élection. Enfin il faudrait que les agriculteurs eux-mêmes fassent leur mea culpa et se demandent s’ils ne se sont pas fourvoyés en laissant la mainmise à ces coopératives, initialement fondées pour les protéger des vicissitudes du marché. « Pour sauver un paysan, mangez un vegan », c’est de l’humour dit Patrick Franken, le président du syndicat agricole du Lot-et-Garonne.  Désopilant ! « J’arrêterais de faire de la politique quand les politiciens arrêteront de nous faire rire! » avait dit Coluche, ajoutant dans une autre boutade :  « Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme ! Le syndicalisme, c’est le contraire ! ». Comme quoi humoriste et agriculteurs ce sont des métiers.

Magà Ettori, Paris, 24/03/2017

en partenariat avec http://www.paroledanimaux.com/

Appel au boycott de Gianfranco Vissani

boycott de Gianfranco Vissani (Magà Ettori - Blog)Le 19 août dernier, invité de l’émission  »In Onda » sur la chaîne italienne la7, le chef étoilé Gianfranco Vissani a déclaré : “Les végans sont une secte, ils sont comme les témoins de Jéhovah », avant d’appeler carrément au génocide :  »Et je veux bien dire les végans et pas les végétariens. Ce que je ferais avec les végans ? Je les tuerai tous.“

Il est toujours surprenant qu’une personnalité publique puisse librement exprimer un tel tissu de contrevérités et de stupidités sur une chaîne de télévision sans risquer la moindre poursuite judiciaire.

Même si sur le plateau, les autres chefs se sont indignés de ses propos, lui demandant de ne pas dire de “telles bêtises à la télévision”. la7 n’a pas pris le soin de s’excuser des propos de son invité. Il est toujours surprenant d’entendre la voix de l’orgueil, la voix de la démagogie, la voix de l’intolérance appeler à un génocide. Qui est Gianfranco Vissani pour s’arroger le droit de juger, le droit de tuer ? Qui est Gianfranco Vissani pour que ses délires médiatico-culinaires entache l’honneur de millions de personnes sur la planète ? Personne ! Un épiphénomène avec un micro que lui a tendu la7. La chaîne a donc sa part de responsabilité dans l’affaire.

Les propos de Gianfranco Vissani sont indignes d’intérêt. Ils invitent tout au plus à se questionner sur les risques du métier de cuisinier quand ils sont surexposés médiatiquement et quand ils fréquentent trop assidûment les abattoirs. Le travail de la viande, le hachage et le découpage de chair animale ne semble pas être sans conséquences sur les capacités intellectuelles de ceux qui le pratiquent de manière intense. Sauf si on inverse le problème. Les criminologues insistent souvent sur le lien entre les conduites violentes et les mauvais traitements infligés aux animaux.

A moins que la violence et la vulgarité des propos de Gianfranco Vissani, ne soit qu’une recherche du buzz médiatique. Cette ancienne star de la télé italienne des années 90 erre depuis tellement longtemps dans les méandres de la téléréalité, que son jugement est nécessairement altéré.

Quelques soient les causes de son dérapage, notre première réaction est de boycotter toutes les activités commerciales de Gianfranco Vissani (restaurant, émissions tv, livres,…). Il s’est disqualifié par ses propos outranciers et son appel au meurtre. On ne peut pas stigmatiser et discriminer des millions de personnes, mettre une cible sur le dos d’une communauté, sans en payer les conséquences.

Il est temps de réagir. Nous savons que le cas Gianfranco Vissani n’est pas isolé. Le discours végéphobe s’intensifie sur tous les continents. La stigmatisation, l’exclusion, la caricature ou l’infériorisation des personnes pratiquant le végétarisme, le véganisme et l’antispécisme sont de plus en plus courants de l’Europe aux Etats-Unis, en passant par l’Asie et la pointe de l’Everest.

Ces pratiques sont autant portées par des lobbies industriels qui profitent de l’exploitation animale, que par l’ignorance du plus grand nombre.

Ceux qui dénoncent cette course au profit, ceux qui récusent l’exploitation cynique des plus faibles, ceux qui affirment la convergence des luttes entre la libération des humains et des non-humains, ceux qui réfutent le pillage des ressources naturelles, ceux-là sont systématiquement marginalisés et écartés.

Des lois sont votées, chaque jour, entre-soi, sur les cinq continents pour protéger les intérêts des industriels. Des lois comme celle que voudrait faire voter la Députée Elvira Savino pour stigmatiser une communauté en Italie et qui pourrait revenir comme un boomerang dans l’assiette des industriels. Des lois vaseuses et xénophobes qui trouvent aujourd’hui des échos en Italie, mais pas seulement.

C’est pourquoi, nous vegans, citoyens du monde, appelons solennellement les vegans, végétariens, animalistes, antispecistes, et plus globalement toutes les femmes et les hommes de biens à boycotter toutes les activités commerciales de tous les Gianfranco Vissani de la planète et demandons à la chaîne italienne la7 de condamner les propos intolérables de l’invité de l’émission  »In Onda ».

Pétition Génocide des vegans, appel au boycott : http://www.petitions24.net/genocide_des_vegans

Magà Ettori, Dublin, 20/08/2016

en partenariat avec http://www.paroledanimaux.com/

Héraclès le vegan

heracles (Magà Ettori)La grande dame du cinéma français, mon amie Souad Amidou, à l’art et la matière pour susciter l’intérêt et la curiosité. Dans une de ses prises de position courageuse, sur les réseaux sociaux, elle évoque son engagement pour le veganisme : Lien ici Ah le veganisme, la grande question du moment. « Mais pourquoi est-ce que ces bo-bo donneurs de leçons font la une de tous les médias ? Nous allons être obligés de tous nous mettre à la salade comme des lapins ? », s’exclament certains. « Adieu veau, vache cochon ? Ah perfide existence, ces ayatollah du bien-être animal ne vont pas nous dicter notre conduite ! » Que d’inquiétudes à vrai dire. Je perçois beaucoup de craintes dans certaines réponses qui sont faites à Souad, et c’est normal. Un peu comme enfant qui apprend à marcher mais qui aurait peur de lâcher le mur. On parle de devoirs, d’obligations, de difficultés, de carcans, notamment en société. Un peu comme si le veganisme était un chemin de croix. A vrai dire, le veganisme c’est autre chose. Le veganisme c’est la vie, c’est le plaisir, c’est la saveur. Avez-vous discuté avec des vegans ? Ils passent leurs journées à parler de nourriture, à se passer des recettes, des adresses, des méthodes. Ils adorent ça la ripaille. Certes 73% des personnes qui sont allés à la Veggieworld sont des femmes, certes elles sont pour la plupart fines et gracieuses, mais on ne va tout de même pas les accuser de faire attention à leur ligne. Les vegans sont vivants ces bougres, car ils réinventent une cuisine généreuse et goûteuse. Ils dépoussièrent la gastronomie française de tous ses pieds de cochons, cervelles d’agneaux et autres cuisses de grenouilles. Du balai les rognons de boeuf. Mais qui a un jour décidé qu’il fallait manger les testicules d’un animal ? Pratiqué depuis l’antiquité, le végétalisme est de nos jours plébiscité dans le monde entier pour sa nature hypotoxique. Nous savons que par sa supériorité en fibres, vitamines et minéraux, une diversité homogène des nutriments, la biodisponibilité et la capacité nutritive, un végétalisme bien conduit est la meilleure nourriture pour le corps humain. Alors soyons sérieux, jetont aux orties ces livres de cuisine désuets et inventont la vraie cuisine du XXIeme siècle. Arrêtez avec ces caricatures de végétaliens maladifs. La cuisine vegane ne serait que de l’herbe à chat, bonne à purger l’humeur et la convivialité ? Ses adeptes des petites dames souffreteuses, courant doucement derrière leur chien-chien de peur de faire tomber leur pilule de B12. Mais de grâce tavernier ! Faites venir séance tenante cette troisième part de lasagne à la viande végétale, car tel Héraclès je dois voir le Titan Atlas. Encore que – à la différence du fils de Zeus – je ne toucherais pas au Lion de Némée, au sanglier d’Érymanthe, à la Biche de Cérynie, aux oiseaux du lac Stymphale, au taureau crétois de Minos, ni même aux juments de Diomède. En revanche je ne fais nulle promesse concernant les pommes d’or du jardin des Hespérides, dans ce verger fabuleux que l’on situe au large des rives océaniques de l’Espagne ou peut-être du Maroc, on y cultive des fruits merveilleux mais pas seulement, on y cultive aussi un art de vivre magnifique, respectueux, qui nous rend plus humains,… le veganisme.