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Et si on revendait la Corse à l’Italie, et que l’on réintégrait l’Alsace-Moselle au sein de l’empire allemand ?

Alsace - Moselle - conseil consitutionnel (Magà Ettori - Blog)A l’instar d’Henri Jeanson, il nous arrive à tous de lire des inepties crasses dans la presse à scandales, disons d’un derrière distrait. Les Dernières Nouvelles d’Alsace, nous ont habitués à davantage de hauteur. Dans son édition du 30 janvier, sous la plume d’un certain Marc Peiffer d’Oberhausbergen nous pouvons y lire : « Et si on revendait la Corse à l’Italie ? – La France est un pays ami de la Corse, déclarait, il y a peu, Jean-Guy Talamoni, président de l’assemblée de Corse. Cette déclaration est plutôt surprenante car cela voudrait dire que pour lui, la Corse est un pays indépendant avec son propre gouvernement. À quoi jouent les Corses au juste ? Aux dernières régionales, ils ont voté en majorité pour les indépendantistes ce qui laisserait à penser qu’une majorité souhaiterait l’indépendance de la Corse. En juillet 1768, à la suite du traité de Versailles, la France rachetait à Gênes ses droits sur l’île. Avec le recul, on se demande si ce fut une bonne idée. Et si on tentait de revendre la Corse à l’Italie ? », comment un journal aussi sérieux peut-il donner du crédit à ce genre de brèves de comptoir ? Toute la culture de monsieur Peiffer concernant la Corse semble tenir dans une phrase lu sur Wikipédia :  »En juillet 1768, à la suite du traité de Versailles, la France rachetait à Gênes ses droits sur l’île. » Si ce monsieur avait pris le temps de lire la seconde partie de la phrase (toujours sur wikipédia, pas besoin de se cultiver plus que ça), il aurait compris que la France n’a jamais acheté la Corse à l’Italie et que par voie de conséquence, elle ne peut pas la revendre. L’armée francaise, qui occupait déjà certains port insulaires a été chargée par la République de Gènes (1099 à 1797) sur le déclin d’administrer la Corse, contre monnaie sonnante et trébuchante. Gênes dans l’incapacité de rembourser ses dettes, a donc vu une partie de ses territoire  lui échapper. Ce qui juridiquement n’est pas la même chose. Ajoutons que le 6 juin 1797, lors d’une campagne d’Italie, un jeune général corse du nom de Bonaparte convoqua à Milan les délégués génois pour les obliger à signer la convention dite de Mombello. Ce jour-là, le gouvernement de la République de Gênes avait vécu. Il reconnu que la souveraineté résidait dans la réunion de tous les citoyens du territoire génois. Le pouvoir législatif fut confié à deux conseils représentatifs, composés l’un de 300 et l’autre de 150 membres, le pouvoir exécutif à un Sénat de 12 membres présidé par un doge. A Gênes, on brûla la chaise à porteurs du doge, le livre d’or de la noblesse, et on abattit les statues des Doria au Palazzo ducale rebaptisé Palazzo Nazionale. Cette république ligurienne sous protectorat français subsista jusqu’en 1805, date de l’annexion à l’Empire français. Donc pas moyen de revendre la Corse à l’Italie, comme le suggère notre mordu d’histoire wikipedienne. Mais au fait, peut-être pourrait-il nous expliquer pourquoi le régime concordataire – institué par notre jeune général corse, devenu dans le temps premier Consul – est toujours en vigueur de nos jours en Alsace-Moselle ? Pour être clair, depuis le 9 décembre 1905, la République Française ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte… sauf en Alsace-Moselle. Et oui les vicissitudes de l’Histoire. Française, puis allemande, puis plus allemande, l’Alsace-Moselle a garder le meilleur des deux mondes, et s’accroche à ses privilèges. Pourtant l’égalité devant la loi est un principe majeur de la Constitution, tout individu doit être traité de la même façon par la loi. Pas très égalitaire tout ça. Par voie de conséquence, les deux évêques, de Strasbourg et de Metz sont nommés par le Président de la République, le président de l’Eglise Alsace - Moselle - code penal local (Magà Ettori - Blog)protestante est nommé par l’Etat, et les membres laïcs du consistoires israélites, sont agréés par le premier ministre. Tout ce beau monde est appointé avec les impôts de l’ensemble de la communauté nationale (y compris la Corse), en infraction totale avec la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. La République n’est elle pas une et indivisible ? La langue de la République n’est-elle pas le français ? Ah encore une spécificité locale. En 2012, le Sénateur Masson attirait l’attention de la garde des sceaux sur le fait que certains textes allemands applicables dans les trois départements d’Alsace-Moselle avait donné lieu à une traduction publiée au  »Bulletin officiel d’Alsace-Moselle » en 1925. Ce à quoi la ministre de la justice répondit :  »actuellement la plupart des textes adoptés par l’administration du Reich allemand entre 1871 et 1918 et encore appliqués en Alsace et en Moselle ne sont pas officiellement traduits en français même si des traductions officieuses existent. C’est donc le texte allemand, apprécié par les juridictions, à la lumière notamment des traductions documentaires, qui fait foi. » Pas très constitutionnel tout ça.  Et ne parlons pas du droit local qui offre une multitude d’avantages dans le domaine du droit associatif, du droit du travail, des débits de boissons, de la justice, de l’apprentissage (l’enseignement religieux est obligatoire à l’école publique, sauf dispense), de la chasse, du commerce, de la police du bâtiment, de la navigation sur le Rhin, etc, etc,… et ma préférée le délit de blasphème qui punit le blasphème et l’entrave aux cultes jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Au nom de ce délit de blasphème, une plainte avait été déposée en 2013 contre Charlie Hebdo par la ligue de défense judiciaire des musulmans, mais rejetée pour des raisons de forme. Le mardi 6 janvier, la veille de l’attentat contre Charlie Hebdo, les représentants des cultes religieux d’Alsace et de Moselle étaient auditionnés par l’Observatoire de la laïcité (instance rattachée aux services du Premier ministre) car ils demandaient l’abrogation du délit de blasphème, héritage du Concordat, toujours inscrit dans le droit pénal local. Bien entendu, pas très Charlie tout ça. Nous pensons que Monsieur Peiffer ne songe pas à réintégrer l’Alsace-Moselle au sein de l’Empire allemand de Bismarck, et combien même il aurait quelques velléités en ce sens, nous rassurons les lecteurs des Dernières Nouvelles d’Alsace, l’empire allemand a pris fin le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, par l’abdication de l’empereur Guillaume II et la proclamation de la république de Weimar. Bonne nouvelle, les trains vont pouvoir continuer à rouler à droite en Alsace et en Moselle et non à gauche comme en Corse.

Joseph Castelli, une mise en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption électrique

constructionJoseph Castelli, le sénateur de Haute-Corse inscrit au groupe RDSE (à majorité PRG), a dans un premier temps été mis en garde à vue au commissariat de Bastia où il est entendu par les enquêteurs du groupe financier de la police judiciaire concernant les conditions d’acquisition et de travaux réalisés dans sa villa de Folelli, puis mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption. Le proche successeur de Paul Giacobbi, à la tête du Conseil Général de Haute-Corse avait vu son immunité parlementaire levée fin octobre par le bureau du Sénat (https://magaettori.wordpress.com/2015/10/29/leve-de-limmunite-parlementaire-du-senateur-de-haute-corse-le-systeme-giacobbi-seffondre/). Il est auditionné sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du pôle économique et financier de Bastia. Les investigations portent – notamment – sur des soupçons de recel d’abus de biens sociaux au sujet d’une villa construite à Folelli. Une personne, faisant partie de l’environnement familial de Joseph Castelli, est également en garde à vue. En électricité  le fusible (abrégé de coupe-circuit à fusible) est un organe de sécurité dont le rôle est d’ouvrir un circuit électrique lorsque le courant électrique dans celui-ci atteint une valeur d’intensité donnée pendant un certain temps. Son nom vient du fait qu’il fonctionne par fusion d’un filament conducteur, sous l’effet de l’élévation de température provoquée par la surintensité. Un fusible a pour fonction la protection d’un circuit d’alimentation vis-à-vis de court-circuits ou de surintensités générées par une défaillance de la charge alimentée. Cette protection permet dans le cas général de garantir l’intégrité et la possibilité de remise en service du circuit d’alimentation, une fois le défaut éliminé, d’éviter les conséquences potentiellement catastrophiques qu’engendrerait une surintensité durable ou un court-circuit. Pour avoir une bonne visibilité de la politique en Corse il suffit de remplacer par des noms les termes :  »fusible, circuit électrique, surintensité, défaillance de la charge alimentée » mais surtout de déterminer qui est le circuit d’alimentation ? Mais revenons à Joseph Castelli qui a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre une caution de 200.000 € (le prix de l’expo Reza Deghati). Joseph Castelli a été mis en examen mercredi pour recel d’abus de biens sociaux et corruption, sur commission rogatoire du juge Thomas Meindl, du pôle économique et financier de Bastia. L’épouse de Joseph Castelli ainsi que trois entrepreneurs de la région seront également présentés au juge dans cette même affaire. Un climat décidément bien électrique dans le clan Giacobbi.

Corée du Nord – Corse du Nord : même combat

NKOREA-POLITICS-KIMLe suspense insoutenable suivit par le Conseil Exécutif de l’Assemblée de Corse a trouvé une issue heureuse : En Corée du nord, Kim Jong-un a été élu dans sa circonscription du Mont Paektu avec 100% des voix et 100% des participants. Pas d’abstention au pied de ce volcan, berceau mythique de la nation coréenne. Le dirigeant  »suprême » Kim Jong-un était le seul candidat aux élections pour l’Assemblée suprême du peuple. Cette circonscription, qui porte le nom de code de  »111 », est le lieu de naissance de son père, Kim Jong-Il, selon la légende tressée par la propagande du dernier régime stalinien de la planète. Marchant sur les traces paternelles, le jeune trentenaire Kim a été élu sans coup férir. Une seule personne, désignée par le Parti des Travailleurs, est en effet autorisée à solliciter les suffrages dans chacune des 687 circonscriptions. Les électeurs, eux, n’ont qu’à choisir entre « oui » et « non » sur le bulletin de vote. Ce mode de scrutin a sourit au dictateur nord-coréen Kim Jong-Un. Commandant suprême des forces armées de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), président de la Commission de défense nationale, le troisième Kim du nom est donc désormais député. Paul Giaccobi Député de Haute-Corse et Président de l’Exécutif de Corse a fait savoir son admiration à l’endroit de Kim Jong-Un pour cette brillante élection. Lors des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 de la 2e circonscription de la Haute-Corse Paul Giaccobi n’avait obtenu que 64,34 % des voix avec un taux d’abstention de 40,22 %. Favorable à la formation continue, on annonce un voyage prochain de toute la  »squadra Giaccobiste » dans la circonscription du Mont Paektu. Corée du Nord et Corse du Nord même combat, certains diraient même Haute-Corée et Haute-Corse même drame pour la démocratie.

Convention de développement cinématographique et audiovisuel 2011/2013

Collectivité Territoriale de Corse - L'HOMME LE PLUS MAFIEUX DE CORSE EST UN HOMMEL’intervention à la dernière session de l’Assemblée de Corse de Fabiana Giovannini (Femu a Corsica) concernant le Rapport n°193 (le petit frère du rapport n°116 : http://corsica-cinema.over-blog.com/pages/LA_FILIERE_CINEMA_EN_CORSE-3317900.html) qui fait état de la convention d’application financière 2013 relative à la convention de développement cinématographique et audiovisuel 2011/2013 entre l’Etat, la Collectivité Territoriale de Corse et le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée), nous semble d’une grande cohérence, et d’une vraie lucidité. Sauf pour les bilans clairs remis l’Exécutif et ses services qui donnent  »une bonne idée de la santé de la filière, de ses projets, de ses réalisations ». Ou alors c’est de l’humour au 33e degrés. Nous vous en donnons lecture : « Nous remercions l’Exécutif et les services pour ce rapport, les bilans clairs qui nous donnent une bonne idée de la santé de la filière, de ses projets, de ses réalisations. C’est un secteur bouillonnant de créativité qui confirme ce que nous ne cessons de rabâcher depuis le début de la mandature chaque fois que possible, à savoir qu’au lieu de se cantonner à la marge de l’économie corse il peut en devenir  un pilier, en tous les cas un secteur d’avenir que notre groupe juge pour l’heure insuffisamment accompagné. Et par accompagnement je ne parle pas seulement des aides financières qui peuvent être parfois conséquentes, mais aussi d’une réflexion générale qui permette de mieux structurer le secteur  afin de faire de notre île une « île référence ». Nous disposons d’un plateau de cinéma exceptionnel qu’est notre environnement et qu’offre notre climat. Cela n’est pas suffisamment perçu. C’est à nous d’en faire la campagne, d’agir pour mieux structurer les outils de productions, pour former, pour donner ce premier coup de pédale qui va lancer une dynamique générale pourvoyeuse d’emplois qualifiés, mais aussi porteuse d’images positives pour la Corse. C’est à nous aussi d’agir sur la création en orientant les choix des producteurs par des aides incitatives et par un échange continu avec la profession, sur ses problèmes, ses attentes, ses besoins. Toute cette réflexion et l’action qui s’en suit n’est possible que s’il existe un espace pour débattre des problèmes, élaborer un projet d’ensemble, anticiper aussi sur des choix qui pourraient être négatifs ou positifs pour l’image de notre île, prendre le pouls régulier de la filière. Or, à ce sujet, nous avons un peu le sentiment de parler dans le vide depuis le début de la mandature. Parce que cet espace existe pour élaborer cette réflexion en commun avec tous les acteurs de la profession d’une part, et les élus d’autre part ; il s’agit du Comité de suivi de la filière, mis en place en début de mandature puisque notre groupe a désigné ses propres représentants, mais qui ne s’est jamais réuni. Nous vous avons relancé à plusieurs reprises à cet effet, vous nous avez approuvé, sans pour autant donner suite. Pourquoi ? Quel est votre sentiment à ce sujet ? Il y a peut être un problème que nous n’avons pas perçu. Eclairez-nous ! L’Exécutif ne perdrait aucune prérogative, la filière y gagnerait en coordination et cohérence et en sentiment d’être consultée, et notre région disposerait de cet espace à même de donner davantage de sens aux orientations du secteur et davantage de dynamique économique aussi. Un exemple illustre parfaitement mon propos. Le changement de procédé dans l’attribution des subventions qui apparaissait dans le rapport initial. À ce sujet, nous avons interrogé en commission les services qui nous ont dit :

– qu’il n’y avait pas d’abus constatés de la part des projets aidés qui ont bien été conduits à leur terme.

– Que les contrôles effectués avant et après étaient bien faits par un « Comité technique indépendant ».

– Que nos attributions (et c’est précisé en clair dans votre rapport) sont conformes au droit européen.

Alors pourquoi dans un premier temps avoir voulu modifier ces règles ? Heureusement, nos remarques et celles de la profession qui ont du vous remonter depuis je susppose, vous ont fait revoir les choses au travers des amendements proposés aujourd’hui. Ouf ! Car cette décision d’inverser la logique de versement des aides entre le premier acompte et le règlement du solde, aurait pu se révéler en effet néfaste en mettant à mal les trésoreries des sociétés de production et donc en freinant leur capacité créative. C’est à dire que c’est la dynamique économique et culturelle de la filière toute entière qui aurait été mise à mal. Donc nous accueillons favorablement vos amendements, quoique nous aurions préféré maintenir les conditions du précédent exercice pour ces mêmes raisons. Je rappelle que le premier acompte s’élevait précédemment à 75%. Ceci dit, notre groupe juge vos amendements insuffisants sur un poste. C’est pourquoi nous proposons nous aussi un sous-amendement concernant l’aide à l’écriture et au développement. En effet on est là dans un domaine technique. L’aide au développement nécessite une grosse impulsion dès le départ car les frais qu’ils requièrent sont importants. Il faut des avances fortes. Et l’on retrouve les difficultés de trésorerie dont je vous parlais tout à l’heure. Nous vous demandons donc, afin de ne pas fragiliser la filière sur ce point particulièrement délicat de l’aide au développement où les besoins sont grands, de fixer le pourcentage de premier acompte à 60% avec un solde en fin de travaux, sur justificatifs bien sûr (encore une fois le premier acompte était de 75% précédemment). Nous voudrions aussi attirer votre attention sur ce solde des aides versées en fin de travaux. Nos procédures sont longues, très longues, et il ne faudrait pas constater les mêmes difficultés rencontrées par les associations aujourd’hui. Vous le savez, certaines associations voient leurs aides honoré un an, parfois un an et demi après l’événement réalisé ! Ce qui les met dans des difficultés inextricables, les structures s’endettent et finissent par licencier et donc renoncer l’année suivante aux évènements qu’elles avaient réussi à pérenniser ! Nous vous demandons de veiller à ne pas rentrer dans ce travers avec les sociétés de production audiovisuelle. Le résultat immédiat serait un affaiblissement de leurs trésorerie, donc une remise en cause des projets. Tout le contraire de ce que notre groupe vous demande depuis le début de notre mandature à savoir mener une action offensive pour dynamiser la filière. Alors, merci de veiller à ce type de dérives, merci pour les amendements proposés et s’il vous plaît, Monsieur le président, acceptez notre amendement afin de ne pas trop affaiblir cette filière qui plus est dans une période de crise qui ne peut qu’aggraver leur fragilité. Nous vous remercions. »

Le Tour de Force

drogueMonsieur le Président, Madame et Messieurs les Conseillers,

Vous avez sollicité l’expertise de l’Institut Régional du Cinéma et de l’Audiovisuel, que je représente, dans le cadre des travaux de la commission  »Azzione Culturale et audiovisuel » en vue de la préparation du PADDUC. Effectivement après 20 ans sur le terrain, nous avons une idée précise du mal qui empêche le développement économique de la Corse ainsi que son épanouissement social et culturel.

Le thème central de la réunion, à laquelle vous nous avez convié le 12 octobre dernier était :  »la place de la Corse dans la mondialisation ».

Vaste sujet. La mondialisation se caractérise par l’ensemble des phénomènes économiques, politiques, culturels et/ou technologiques qui induisent une transnationalisation des échanges et une division internationale du travail. Elle offre depuis 30 ans des marchés inédits aux pègres de la planète, dont le revenu net est estimé à près de 1.000 milliards de dollars/an. Alors effectivement, quelle est la place de la Corse dans la mondialisation ?

Le marché du trafic des stupéfiants, par exemple,  est estimé par l’ONU à quelque 320 milliards de dollars/an pour la vente en gros. C’est le troisième marché au monde. Le premier étant le pétrole et le deuxième les armes de guerre. Sur ces 320 milliards on estime que 2,6% retournent en Colombie et le reste, soit 292 milliards de dollars, disparaissent après blanchiment dans l’économie légitime, avec la bénédiction des grandes banques occidentales. En ces périodes de crise financière, ces dernières ne sont pas en position de renoncer à de tels avoirs. Et puis les fraudes récentes à grande échelle comme le scandale du Libor, démontrent que la moralité n’est pas la priorité des banques.

Qu’en est-il de l’économie parallèle en Corse ? Difficile à dire. Le poids économique du crime organisé dans l’île – comme sur le plan international – n’est pas évident à mesurer. Blanchiment, trafic de drogue, armes, prostitution, contrefaçon, travail clandestin, trafic de métaux précieux, de déchets toxiques, d’organes, de factures, racket, préservatifs, marché publics, gîtes ruraux,… le champ des possibles est infini pour le crime organisé, c’est la loi de l’offre et de la demande : dans la Russie des années 90, le rouleau de papier toilette coûtait plus cher au marché noir que le gramme de cocaïne.

En 2003, Nicolas Sarkozy insistait sur la nécessité d’abattre  »le système mafieux qui met la Corse en coupe réglée ». Dix ans plus tard, au lendemain de l’assassinat – le dix-septième de l’année – de notre ami et collègue Jacques Nacer, le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls appelait à  »résister à la mafia corse ». Au delà du statut de repenti, qui sera présenté très prochainement par le gouvernement, les citoyens sont en droit de se demander ce qu’ont fait les pouvoirs publiques pour enrayer ce fléau.

Le procureur de la République Xavier Bonhomme, après avoir notamment dirigé le pôle économique et financier de Marseille a été mis en poste au Tribunal de Grande Instance à Ajaccio. Son constat est édifiant :  »Des pratiques mafieuses évidentes ou des comportement mafieux. Vous n’avez pas ici le stade ultime des systèmes mafieux avec une mise en causes des autorités étatiques, il ne s’agit pas du tout de ça. Il y a par contre une porosité du milieu – parfois des milieux – avec le milieu économique, et pour certains avec le milieu politique, ça peut arriver … et ce n’est pas dans mon propos de dire qu’ils sont tous pourris en Corse, pas du tout. »

Tout est dit non ? Quand on sait que le Président de l’Exécutif se promène encore aujourd’hui sous protection policière, que le Conseil Général de Haute-Corse a acheté pour 2 millions de préservatifs, que 20 millions d’euros ont été investis dans la filière cinéma en corse (oui mais où ?). Sur ce dernier point, nous aurions pu avoir une réponse, quand Conseiller cinéma-audiovisuel du Conseil Economique Social et Culturel Corse (CESCC), je préconisais une étude visant à dresser le bilan et les perspectives de la filière audiovisuelle-cinéma en Corse. Etude que vous avez rapidement enterré. E cusi sia !

PAUL GIACOBBI - Tour de force (Magà Ettori) BlogEn conclusion quelle est la place de la Corse dans la mondialisation ? La réponse va de soi, nous nous approchons du néant. Comment y remédier ? Les politiques insulaires n’ont pas tord d’envisager de régler les problèmes de la planète. Et oui ! Pourquoi ne prendraient-ils pas à leur charge la lutte contre le réchauffement climatique, la faim dans le monde, les impôt des multinationales qui y échappent (Google, Amazon, Starbucks) ? Après ce Tour de Force mémorable (pardon de Corse), ce vote surréaliste du statut de résident, et le naufrage de la SNCM, pourquoi ne pas voir plus loin ? Il pourraient prendre une gouvernance global, devenir maître du monde. Depuis que James Bond est devenu corse tout est possible (si, si par alliance avec Marc-Ange Draco –  »Au service de sa majesté »).

Effectivement mes dernières réponses ne sont pas sérieuses, mais la question de la réunion du 12 octobre était-elle vraiment essentielle pour l’avenir de la culture corse ?

J’apprécierais que vous ne me rendiez plus destinataire de vos travaux. Les membres de l’IRCA et moi-même avons beaucoup trop de travail concernant le développement de la filière audiovisuelle-cinéma pour nous engager plus en avant dans ces discussions. Etant moi-même très occupé par ma propre création et peu disponible, je limiterai mon intervention à la rédaction de la présente.

Vous souhaitons bon courage et bonne chance, nous vous prions de croire Monsieur le Président, Madame et Messieurs les Conseillers, à l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Bastia, le 20 octobre 2013, Magà Ettori

Président de l’Institut Régional du Cinéma et de l’Audiovisuel

à l’attention de :

Monsieur Henri Franceschi

Président du CESCC

Cunsigliu Ecunumicu Suciale

E Culturale di Corsica

6, rue Emmanuel Arène

20000 Ajaccio

Le dormeur du Valls, au pays des idiots

COMMUNIQUE FLNC (Magà Ettori - Blog)

–  »Pointure ? », mon hésitation dû être suffisamment longue pour que le gardien de la paix lève les yeux de son écran, et me toise sans vergogne. Sachant que la toise correspond à six pieds soit deux verges (quatre verges égalent aussi trois aunes), je le toise à mon tour. Le policier insiste :

–  »il me faut votre pointure, vous savez si l’on retrouve votre cadavre ça sert à l’identification ».

Sur le moment ce n’est pas seulement la rudesse des mots non choisis qui me posent un problème, mais en bon scénariste je m’imagine allongé sur une table en inox dans une chambre froide, déplumé comme une dinde de noël que l’on s’apprête à décortiquer, et le brave agent me triturant les pieds, qui s’exclame avec grande satisfaction :

–  »Oui génial, c’est un bon 43, c’est mon client ! Il avait reçu des menaces de mort et j’ai pris sa plainte la semaine dernière… Si c’est un mafieux ? Non, non, lui au contraire il dénonçait la corruption, et l’affairisme… il avait été élu et il avait claqué la porte à cause des magouilles… non je ne pense pas que ce soit en rapport, en revanche il s’apprêtait à sortir un film sur la mafia et ça devait gêner ».

Vous me direz que j’interprète, que j’enjolive, que je customise, qu’en fait la réplique la plus logique dans la chambre froide devrait ressembler d’avantage à ça :

–  »Sa pointure ? Rien à faire je le connais ! Un mafieux ? Non. Un emmerdeur certainement. Yo racaille touche pas à mon sandwich ! Ouais mais c’est mon repas, alors tu bouffes tes chips à la figatelle ».

Pourquoi je les vois en train de manger dans la morgue ? Je ne sais pas, trop de films américains peut-être, à moins que ce soit en rapport avec les mangeurs, les profiteurs, les mafiosi quoi ! Il faudrait que j’en parle à un psy, même si c’est une profession un peu étrange. L’autre soir un ami m’en présente un (de psy) dans une soirée, et le voilà qui se met à déclamer un poème :

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Le psy précise qu’il s’agit d’un poème d’Arthur Rimbaud. Ah d’accord ! Quand il disait :  »il a deux trous rouges au côté droit », moi je m’imaginais qu’il parlait de John Rambo, ou d’un autre meurtre en Corse. Le psy me toise. alors tout de suite je le prends dans mes bras et je sanglote.

–  »43, je chausse du 43 ! »

–  »9-3, vous voulez dire ou bien 13, je sais qu’à Marseille on tire à la kalachnikov, mais le 43 Magnum c’est plus rare ! »

Comme je sanglote, le psy me dit doucement :

–  »C’est terminé Johnny ! C’est Terminé ! »

– Rien n’est terminé ! Rien ! Tout continue à cause de vous ! C’était pas ma guerre ! C’est vous qui m’avez appelé pas moi ! J’ai fait ce qui fallait pour gagner ! Mais on a pas voulu nous laisser gagner ! Et j’suis revenu dans le monde ! Et j’ai vu ces larves m’attendre à l’aéroport ! Me conspuer comme un criminel ! Ils m’ont traité de toutes les saloperies, ils m’ont appelé « Le boucher » ! Qui sont-ils pour me faire des reproches hein ?! Qui sont-ils ? Est-ce qu’ils étaient à ma place en pleine jungle ?! Ils nous jugent et ils parlent !

– C’est un moment dur pour tout le monde Rambo. Tout ça c’est du passé maintenant.

–  Pour vous !!! Pour moi la vie civile c’est rien ! Au combat on avait un code d’honneur, tu couvres mes arrières j’couvre les tiens ! Mais ici y’a plus rien !

–  Tu es le dernier d’un groupe d’élite, ne finis pas comme ça.

–  Là-bas je pilotais un avion de chasse, j’pouvais conduire un tank ! J’avais en charge un million de dollars de matériel mais ici j’arrive pas à avoir un boulot de gardien de parking !!! Raaah ! [je pleure] Où ils sont tous ? Où ils sont ? Mes amis…

Les amis, c’est tous les amis. Prenez Christiane Taubira par exemple, elle en a plein d’amis (parfois gênant en tant que Garde des sceaux). En ce moment, Madame la Ministre de la Justice est particulièrement proche du Ministre de l’intérieur Emmanuel Valls (rien à voir avec Rimbaud, quoi que…). Proche également de Paul Giacobbi, Madame Taubira déclarait à l’Express (N°3098 semaine du 17 au 23 novembre 2010) à propos de l’actuel Président de l’Exécutif de l’assemblée de Corse :

–  »Nous siégeons côte à côte depuis 2002 à l’Assemblée Nationale, j’ai pour lui une vraie  amitié et une complicité intellectuelle, nourrie des dossiers sur lesquels nous avons travaillé ensemble, comme celui de l’indemnisation des victimes des essais et des accidents nucléaires. Il est le seul avec qui j’ai plaisir à boire un chocolat à la buvette de l’Assemblée Nationale ! Je suis allée souvent en Corse où, grâce à Paul, j’ai obtenu un score magnifique à l’élection présidentielle de 2002. »

Manuel Valls est lui moins romantique, il a entendu les corses qui parlaient, ceux qui ne parlaient pas, et les autres, et en a déduit des choses que lui seul sait, mais qu’il ne dira pas. Enfin pas à nous.

 Ce qu’il dira en revanche aux journalistes de Corse-Matin, concernant Paul Giacobbi c’est :

–  »Les gens élisent des personnes, nous sommes obligés de travailler avec eux ».

Pas très sympathique. Au moins personne ne pourra accuser Manuel Valls de faire du favoritisme ou de jouer la montre dans les affaires gênantes, comme celle des gîtes. Pour ceux qui n’ont pas suivit l’affaire des gîtes il s’agit de 360 000 euros de subventions du Conseil général de Haute-Corse, destinés à la réalisation de gîtes ruraux, qui auraient été détournés. Une affaire très embarrassante pour Paul Giacobbi, Président du Conseil général de Haute-Corse au moment des faits. Mais Paul Giacobbi n’est jamais embarrassé très longtemps et il sait monopoliser l’attention de l’opinion publique vers le néant (c’est à dire la proposition inapplicable comme le Statut de Résidents). Une plainte pour discrimination et racisme a été déposée contre Paul Giacobbi, qui s’est prononcé en faveur de restrictions à « l’accès à la propriété foncière en Corse pour les non résidents ».

Suite à quoi le député PRG s’étonne et s’indigne même au micro de France 3 Corse du retentissement trouvé par sa proposition estivale :

– « On se massacre en Syrie et mes propos suscitent un tel matraquage, c’est incroyable !, commente Paul Giacobbi. Nous sommes dans un pays d’idiots. »

La grande classe quoi, et une fin de non recevoir à ceux qui pensent que Paul Giacobbi n’est pas une pointure (43 ?), ou qu’il s’endort sur les lauriers du dormeur du Valls. Il semblerait au vu du dernier communiqué du FLNC, que tout le monde ne soit pas du même avis.

La mafia corse n’existe pas

LIEN VERS LA VIDEO : LA MAFIA CORSE N’EXISTE PAS

LIEN VERS : LE SITE OFFICIEL

LE DERNIER CLAN - affiche