Archives de Tag: LIBERTE D’EXPRESSION

Faeryland, la nation mosaïque

Yves Duteil dans Faeryland (photo Jacques Viallon)

Yves Duteil dans Faeryland (photo Jacques Viallon)

William (Yves Duteil), le narrateur dans le film FAERYLAND, évoque une  »nation mosaïque »  :   »Dana restait très maternelle. Elle aimait particulièrement cette diversité qui composait sa tribu. Une nation mosaïque où chacun pouvait rivaliser de beauté et de panache.  Une nation mosaïque, l’espoir de Dana. Tous pareils et tous différents (extrait Faeryland) ». C’est à ce passage du film que je pensais aujourd’hui alors que nous élaborions deux nouveaux partenariats, le premier avec la très renommée pâtisserie  parisienne  »Vegan Folie’s », la seconde avec  »Parisobiotiful » le premier guide et annuaire du bio dans la capitale. Ces partenariats viennent s’ajouter à une liste déjà fabuleuse de personnes anonymes ou célébrités, militants ou sympathisants, artistes, journalistes, techniciens du 7eme art, riches et pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes (et même les animaux), politiques, médias, entreprises, fondations, Institutions qui viennent nous soutenir dans notre engagement autour de FAERYLAND. Il est impossible de faire la somme de toutes ces énergies, de toute cette communauté plurielle et passionnée. Il n’est pas une étape de notre activité, qui n’ai été portée par le souffle du groupe.  Oui FAERYLAND est une oeuvre engagée, qui a trouvé des soutiens sur les cinq continents, oui FAERYLAND est une oeuvre positive et bienveillante qui croit en la cause humaine, oui FAERYLAND est une oeuvre optimiste mais réaliste qui défend la cause animale, oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend le cinéma indépendant, la liberté de création et la liberté d’expression,  oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend l’amour et la générosité, oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend la magie, le merveilleux, le fantastique, oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend la nation mosaïque qui est composée du vivant et de l’ensemble de la biodiversité, car il n’existe pas d’alternative heureuse hors la nation mosaïque.

Partenaires : lien vers FAERYLAND

René Vautier est mort

René Vautier - Prix Artiste Citoyen du Monde 1990 - Institut Citoyen du CinémaAussi improbable que cela puisse paraître notre ami René n’était pas immortel. Il est parti la casquette et les cheveux en bataille, il s’est retourné pour un dernier sourire plein de malice, puis il a tirer sa révérence sans laisser d’adresse ; on ne sait jamais, puisque le paradis lui était promis qu’un censeur ne l’attende pas là-bas. J’ai eu l’opportunité de rencontrer ce grand monsieur alors que je n’avais pas 20 ans et je dois avouer qu’il fut une de mes sources d’inspiration en tant que cinéaste citoyen. Il fut d’ailleurs le premier à qui nous allions remettre le  »Prix Artiste Citoyen du Monde » pour le récompenser et rendre hommage à ce cinéaste engagé, et à l’ensemble de son oeuvre. Il faut dire que son parcours, avait pour nous jeune artistes valeur d’exemple.  Le premier engagement de René Vautier fut à quinze ans, engagé pendant la seconde guerre mondiale dans la résistance. A la fin de la guerre, il suit les cours de l’IDHEC (actuelle Femis) et adhère au parti communiste. Puis commence à tourner quelques documentaires. En 1950, la Ligue de l’Enseignement le charge de réaliser un film sur l’éducation française en Afrique subsaharienne. Ce qu’il découvre entre la Côte d’Ivoire et le Mali le révolte : travail forcé, manque de professeurs et de médecins, instrumentalisation des populations colonisées, violences des autorités coloniales, crimes commis par l’armée au nom du peuple français,… Le documentaire final ressemblera très peu à la commande de la Ligue de l’Enseignement. René Vautier n’a que 21 ans, quand il réalise ce qui est sans doute le premier film anticolonialiste français :  » Afrique 50 ». Un acte de bravoure : le film sera interdit pendant plus de 40 ans, et rapporte à René Vautier une condamnation à un an de prison dans les prisons militaires.  Lors du déclenchement du conflit algérien, René Vautier part pour l’Afrique du Nord, d’abord pour la Tunisie, avant de gagner l’Algérie, aux côtés de maquis du FLN. Il y tourne deux documentaires,  »Une nation, l’Algérie » et  »l’Algérie en flammes ». Le premier témoignage lui vaut de nouvelles inquiétudes avec les autorités. René Vautier est poursuivi pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État pour une phrase du film :  »L’Algérie sera de toute façon indépendante ! »  Au printemps 1958, René Vautier se rend au Caire, où est basée la direction du FLN pour y montrer  »Algérie en flammes ». Il va alors être la victime collatérale des règlements de compte internes du FLN et finira encore une fois en prison. Il sera incarcéré de 1958 à 1960, d’abord détenu à Mornag dans les environs de Tunis, d’où il parvient à s’échapper en retirant un barreau d’une fenêtre, puis (une fois repris) à Den Den où il subit alors la torture pendant quatre jours. Il est enfin relâché, sans autre forme de procès. René Vautier part alors s’installer à Alger, où il sera directeur du Centre Audiovisuel d’Alger de 1962 à 1965, et secrétaire général des Cinémas populaires. Revenu en France un an plus tôt, René Vautier rejoint en 1967 le groupe Medvedkine formé autour de Chris Marker. Une belle aventure collective. En décembre 1967, le cinéaste Chris Marker tourne « A bientôt j’espère ». Il s’agit en fait des images des grèves qui depuis presque un an secouent les établissements Rhodiaceta. De cette expérience naitra l’idée des Groupes Medvedkine, du nom du cinéaste soviétique si cher à Chris Marker. Medvedkine est l’agrégation d’une poignée de réalisateurs dont René Vautier, de techniciens et d’ouvriers des usines Rhodiaceta à Besançon et Peugeot de Sochaux qui ont décidé de consacrer du temps, de la réflexion et du travail à faire des films ensemble. Cette coopérative destinée à donner une image cinématographique des luttes ouvrières inspire René Vautier qui s’établit finalement en Bretagne, où il fonde l’Unité de Production Cinématographique de Bretagne. C’est dans ce cadre qu’il produit deux longs métrages de fiction  »La Folle de Toujane » et  »Avoir vingt ans dans les Aurès ». Ce dernier film (avec Alexandre Arcady, Yves Branellec, Philippe Léotard) obtient le Prix international de la critique du festival de Cannes en 1972. Il raconte la désertion d’un soldat français en Algérie qui refuse l’exécution sommaire d’un prisonnier algérien. Un thème cher à René Vautier. En 1972, René Vautier sollicite un visa d’exploitation pour le documentaire de Jacques Panijel  »Octobre à Paris » en qualité de , en tant que distributeur du film. L’histoire – encore une fois – déplait aux autorités :  »En pleine guerre d’Algérie, Maurice Papon, alors préfet de police de la Seine, impose un couvre-feu discriminatoire à l’attention des français musulmans d’Algérie. Cette mesure entraîne une grande manifestation dans les rues parisiennes, le 17 octobre 1961, réprimée avec violence. Tourné quelques semaines après la marche pacifique qui s’acheva par 11 000 arrestations et des assassinats, le film reconstitue à chaud l’événement, donne la parole à ceux qui organisèrent le rassemblement, à ceux qui vécurent la répression sanglante ordonnée par le préfet, à ceux aussi qui échappèrent à la mort après avoir été jetés à la Seine. »  Le visa fut bien entendu refusé. Le 1er janvier 1973, René Vautier entame une grève de la faim, et exige  »la suppression de la possibilité, pour la commission de censure cinématographique, de censurer des films sans fournir de raisons ; et l’interdiction, pour cette commission, de demander coupes ou refus de visa pour des critères politiques ». Il sera soutenu par Jacques Rivette, Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Claude Sautet, Alain Resnais, Robert Enrico et tant d’autres. Au bout d’un mois de bras de fer, Jacques Duhamel le ministre de la culture cède et décrète l’abolition de la censure politique concernant en France les œuvres cinématographiques (la loi modifiée en 1974 contraint désormais la Commission de censure à expliquer ses interdictions tout en restreignant son champ d’action aux seules questions concernant la représentation cinématographique de la violence et de la pornographie). Une victoire historique pour la liberté d’expression. Mon ami René tu es parti, mais nous savons tous que tu es désormais immortel…

FILMOGRAPHIE

– 1950 Afrique 50

– 1944 Un homme est mort

– 1954 Une nation, l’Algérie

– 1956 Anneaux d’or, avec Claudia Cardinale dans son premier rôle – Ours d’argent au festival de Berlin-Ouest

– 1958 L’Algérie en flammes

– 1963 Un peuple en marche

– 1964 Le glas

– 1969 Classe de lutte

– 1970 Les trois cousins – Award pour le meilleur film pour les Droits de l’Homme à Strasbourg

– 1971 Les Ajoncs

– 1971 Mourir pour des images

– 1972 Avoir vingt ans dans les Aurès, avec Alexandre Arcady, Yves Branellec, Philippe Léotard – Prix international de la critique du festival de Cannes.

– 1973 Transmission d’expérience ouvrière, s’adressant à d’autres collectivités ouvrières

– 1974 La Folle de Toujane

– 1974 Le Remords

– 1975 Quand tu disais Valéry, avec Nicole Le Garrec – classé meilleur film français au festival de Rotterdam.

– 1976 Le Poisson commande – oscar du meilleur film sur la mer.

– 1976 Frontline, Réalisé avec Oliver Tambo coproduit avec le Congrès national africain.

– 1977 Quand les femmes ont pris la colère, co-réalisation avec Soazig Chappedelaine.

– 1978 Marée noire, colère rouge- classé meilleur film document mondial 1978 au festival de Rotterdam

– 1980 Vacances en Giscardie

– 1985 À propos de… l’autre détail

– 1985 Chateaubriand, mémoire vivante.

– 1986 Vous avez dit : français ?

– 1988 Mission pacifique

– 1995 Hirochirac

La fin de la démocratie !

Droit de l'Homme (Magà Ettori - Blog)Nous avons vécu aujourd’hui les signes avant coureurs de la fin de la Démocratie du pays des Droits de l’homme. Une quenelle vient d’avoir raison de toutes les valeurs positives liées à notre régime politique. Que les valeurs véhiculées par monsieur Dieudonné Mbala Mbala soient épouvantables, c’est une évidence. Que des décisions doivent êtres prises pour empêcher ce type de comportement, rien de moins logique. On ne peut pas tout permettre sous prétexte de la liberté d’expression. Toutefois, est-ce une raison pour ébranler toutes les valeurs de la République ? Rien de moins certain.  Le principe de la liberté d’expression, proclamé par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, Vient de prendre du plomb dans l’aile. La censure avait presque disparu en France depuis 1906, la République en avait fini avec l’interdiction préalable d’un film, un livre, un journal, une réunion, …

A l’issue d’un mois de présence outrée de Dieudonné dans la plupart des médias et d’une journée de procédures judiciaires, le Conseil d’Etat a finalement donné raison au gouvernement en décidant d’interdire le spectacle de l’humoriste prévu ce jour à Nantes. Dans la matinée, le tribunal administratif, saisit en référé par les avocats de monsieur Mbala Mbala, avait annulé l’arrêté du préfet de la Loire-Atlantique interdisant la représentation. Le Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative du pays, saisit en référé a annulé cette décision, estimant  »que la réalité et la gravité des risques de troubles à l’ordre public mentionnés par l’arrêté du préfet étaient établis tant par les pièces du dossier que par les échanges lors de l’audience publique. »

Manuel Valls avait saisi le Conseil d’Etat quelques minutes après la décision de justice autorisant de fait le spectacle de Dieudonné . « Face à la mécanique de la haine, il faut de la fermeté, de la sérénité et de la persévérance », s’est il justifié. L’arrêté d’interdiction frappant le spectacle de Dieudonné à Nantes ce soir avait, en effet, été annulé ce jeudi en référé, par le Tribunal administratif , laissant donc la voie libre à la tenue de la représentation prévue au Zénith. « Le tribunal administratif de Nantes suspend l’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a interdit la représentation du spectacle  »Le Mur ». Mais pourquoi remettre en cause un système pour Dieudonné ?  Les peines encourues  pour des propos racistes, négationnistes ou homophobes vont jusqu’à un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. Dieudonné est régulièrement condamné ok ! dont acte ! Cet arsenal judiciaire est amplement suffisant pour garantir la liberté d’expression tout en évitant les dérives les plus dangereuses, d’autant que la Cour européenne des droits de l’homme défend exactement les mêmes principes dans ses arrêts : oui à la liberté d’expression, liberté publique sans interdiction préalable, mais responsabilité et sanctions pénales en cas d’abus avéré.

Dans sa décision, le juge des référés, Bernard Stirn, considère que la réalité et la gravité des risques de troubles à l’ordre public sont établis, selon l’ordonnance. Oui bien entendu, mais pourquoi en arriver à de telle extrémités judiciaires ? Pourquoi mettre à mal le système judiciaire français ? En 2001, l’État français a été condamné 18 fois par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour violation de l’article 6-1 de la Convention européenne des droits de l’homme, selon lequel tout citoyen a droit à ce que sa cause soit entendue « dans un délai raisonnable » par un tribunal. Dans un cas comme dans l’autre où est la raison ? Bernard Stirn précise, à juste titre : « Le contenu du spectacle est connu et je dirais même que l’on est dans une surenchère », avait dit, à l’audience, la représentante du ministère de l’Intérieur. L’argument allait à l’encontre d’un de ceux du tribunal administratif de Nantes, pour qui il n’était pas établi que le spectacle  »Le Mur » soit construit autour de la thématique des attaques contre la communauté juive ou l’interprétation de faits historiques (la Shoah). Devant la salle du Zénith près de Nantes, où ils patientaient depuis quelque temps, les spectateurs se sont mis à entonner La Marseillaise et à scander « liberté d’expression », « Valls démission » et « Dieudonné, Dieudonné ». On croit rêver ! Quand on dit que Dieudonné tient des propos antisémite ou bien entendu (son spectacle est visible sur le web), mais pas seulement, ils sont clairement racistes.

Manuel Valls faisant à la fois office d’accusateur et de tribunal, au mépris du principe fondamental de la séparation des pouvoirs, à tendance à tout confondre. Sauf à dire que c’est de l’abus de pouvoir. Le Ministre de l’intérieur après avoir pris un bain médiatique, précise sereinement : « On ne peut pas tolérer l’antisémitisme, le négationnisme et le racisme, et la plus haute juridiction de notre pays l’a dit, c’est une victoire pour la République. » Jean-Marc Ayrault a, lui, salué une décision qui « conforte la position du gouvernement ». Et nous nous pensons que c’est un embryon de tyrannie.

La France est en crise. Les politiques semblent impuissantes à soigner cette grave malade, et voilà qu’on nous fournit encore notre dose d’opium. Avec presque 50% de prélèvements obligatoires sur le PIB, six milliards d’impôts supplémentaires liés au budget 2013 et six autres milliards supplémentaires prévus en 2014, la fiscalité en France s’alourdit. 50% de prélèvements obligatoires sur le PIB, c’est ni plus ni moins un record du monde de la pression fiscale parmi les premières puissances mondiales. Le taux de chômage et la précarité sont eux définitivement alarmants. Les trois grands piliers du modèle social français (santé, emploi, retraite) sont mis à mal, etc, etc, etc.

Donc la question qui se pose est :  »Est-ce que l’affaire Dieudonné ne cache pas autre chose ? » Il n’y a qu’un seul précédent où le Conseil d’État est intervenu aussi rapidement ce fut dans l »’affaire Canal » en 1962, qui concernait une condamnation à mort. La stratégie violente, employé par le gouvernement, en pleine campagne électorale, ne peut qu’interpeler les citoyens. En clair, on a vraiment l’impression qu’on nous enfume avec l’affaire Dieudonné, et que c’est bien parti pour durer : outre le spectacle de Nantes, des arrêtés d’interdiction ont été pris pour les représentations prévues à Tours vendredi et à Orléans samedi.

Pour rappel, la crise économique qui a frappé la Rome antique, et le discrédit de ses lois ont été bien acceptées au départ car elles apportaient la paix romaine et l’opulence. Elles furent contestées et combattues dès lors qu’elles ne visaient plus qu’à drainer le maximum de ressources sur une Rome devenue oisive et des dignitaires corrompues, sans fournir de réel service aux populations en contrepartie. Il faut de la rectitude morale pour diriger un pays, pas de la communication à outrance. La quenelle fumée est définitivement le plat le plus indigeste de la gastronomie française, et il annonce quelque chose de plus grave, comme un déclin.

 

Séquençage du génome nazi

Cecile Kyenge Kashetu (Magà ettori) Blog« Singe congolaise, Zulu, gouvernante puante, négresse anti-italienne, vilaine petite noire, ministre du bonga-bonga, « , il n’y a pas à dire les parlementaires italiens savent accueillir leurs homologues, Cécile Kyenge Kashetu, la nouvelle ministre de l’intégration d’origine congolaise en a été pour ses frais. Pour mémoire, en Europe, l’incitation à la haine raciale et à la xénophobie sont passibles des délits punis de la même manière dans les 27 États membres, par des peines de 1 à 3 ans de prison, mais les lois sont-elles les mêmes pour tous ? Le président de la Chambre a réagit en disant qu’il ne fallait pas confondre liberté d’expression et incitation à la haine, c’était le moins qu’il puisse faire.

Cécile Kyenge Kashetu a été élue à l’Assemblée nationale lors des élections législatives des 24 et 25 février derniers. Elle doit son poste de député, à son engagement au sein du Parti démocrate dans la région d’Émilie-Romagne. Elle s’y occupait, en particulier, des questions d’immigration – portefeuille qu’elle occupera au sein du nouveau gouvernement. Au cœur de son combat de militante, politique et associative, la libre circulation des personnes et la volonté d’une nouvelle loi sur la citoyenneté. En septembre 2010, elle était d’ailleurs devenue porte-parole nationale du réseau Primo Marzo. Elle y a promu les droits des migrants et des droits humains. Cécile Kyenge Kashetu est la première ministre de couleur dans un gouvernement italien. Sa réaction a été de voir dans sa nomination « une décision qui constitue un pas décisif pour changer concrètement l’Italie et la façon de voir l’intégration de ceux qui vivent déjà dans le pays ». Elle a remercié aussi tous ceux avec lesquels elle a travaillé sur ces questions au sein du Parti démocrate. Samedi 27 avril, le nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta, a annoncé la composition de son gouvernement de grande coalition entre la gauche et la droite. Le numéro deux du Parti démocrate a constitué une équipe renouvelée, rajeunie, féminisée et, pour la première fois, une femme noire devient ministre en Italie. C’est un symbole fort de renouvellement et de modernité que le choix d’Enrico Letta. Au ministère de l’Intégration, le nouveau Premier a nommé Cécile Kyenge, une femme médecin, noire de peau et née en République démocratique du Congo (Zaïre en 1964). Cécile Kyenge Kashetu est restée stupéfaite face à autant de manifestation de haine raciste et xénophobe, venant de parlementaires supposés incarner les valeurs de tolérance et d’humanisme  que la majorité des italiens défendent. Sur le profil Facebook du Mouvement des travailleurs national-socialiste (nazi) a été publié un communiqué honteux : « L’Europe est blanche »,la congolaise offense l’Italie, il est dit que maintenant notre pays est une société métisse et nous devons en prendre note. Un commentaire d’un certains MCM disait :« Nous devons prendre acte de la déclaration de guerre faite à l’encontre de notre identité et ne pas abandonner »

Nous le savons, la séquence d’ADN du chimpanzé et de l’homme est identique à 99 %. Le chimpanzé Clint (non pas le génial réalisateur américain), de la sous-espèce Pan troglodytes verus, qui a servi de modèle. Après l’homme, le rat et la souris, c’est le quatrième mammifère qui bénéficie d’une étude aussi complète . La comparaison avec Homo sapiens indique que les deux espèces partagent la très grande majorité de leur patrimoine génétique. De manière plus précise, 99% des 3 milliards de paires de bases formant notre double hélice d’ADN sont identiques à celles du chimpanzé… C’est peu et beaucoup à la fois : la différence entre notre génome et celui du chimpanzé est dix fois plus grande que celle entre deux êtres humains… L’extrême proximité génétique des deux espèces indique que la séparation, à l’échelle du monde, est relativement récente, la majorité des scientifiques évaluent cette séparation entre 6 et 8 millions d’années. La science doit à présent envisager un séquençage du génome des nazis et de certains parlementaires italiens pour vérifier si cette sous-espèce de l’humanité possèdent bien  3 milliards de paires de bases formant notre double hélice d’ADN, et un cerveau intègre.