Archives de Tag: Gilles Simeoni

Plus dur sera la chute dans les écuries d’Augias !

Ecurie d'Augias (Magà Ettori - Blog)Des perquisitions ont été effectuées mardi matin à la Collectivité territoriale de Corse dans le cadre d’une enquête pour prise illégale d’interêts, favoritisme et corruption du pôle économique et financier de Bastia. Mais pourquoi je ne suis pas surpris ? Élu à l’époque Conseiller Cinéma au Conseil Economique Social et Culturel, alors que nous nous inquiétions de l’affairisme qui galopait à la CTC comme un sanglier dans son maquis, alors qu’avec nos amis nous avions fait diligenter une enquête de la répression des fraudes, alors que nos amis tombaient sous les balles des mafieux, alors que les pseudos producteurs en fait de véritables hommes (et femmes) de pailles de la voyoucratie locale détournaient les financements dédiés à la filière audiovisuelle-cinéma, alors que les membres des commissions cinéma étaient nommés à vie par des marionnettistes qui se croyaient intouchables, alors que je mettais personnellement en cause le président Giacobbi, et son âme  damné Thierry Gamba-Martini, ce dernier me répondait avec un large sourire perfide  :  »monsieur Ettori ce n’est pas parce que nous sommes mis en examen, que nous sommes coupable ! Pour l’instant nous sommes encore aux affaires ! », ce à quoi je lui avait répondu :  »plus dur sera la chute ! » Oui plus dur sera la chute, et nous le savions. L’équipe Giacobbi bénéficiant de la protection des plus hautes instances nationales, et de quelques porte-flingues se sentait protégé, invincible, invulnérable. C’était sans compter sur la prise de la Bastia (prononcé bastille) par Gilles Simeoni. Sans compter sur le fait qu’une fois aux affaires les nationalistes allaient se montrer brillants. Sans compter que 20 moi plus tard, les nationalistes allaient prendre la CTC. Oui Giacobbi tombé de son piédestal ne bénéficie plus des mêmes protections. Oui plus dur sera la chute ! Les perquisitions de ce matin ont été faites dans le cadre d’une enquête pour prise illégale d’interêts, favoritisme et corruption du pôle économique et financier de Bastia qui vise à en savoir plus sur les conditions de passation des marchés publics. La police judiciaire a effectué ce mardi matin des perquisitions dans les locaux de la Collectivité territoriale de Corse à Ajaccio dans le cadre d’une commission rogatoire du juge d’instruction du tribunal de Bastia, Thomas Meindl pour favoritisme, corruption et prise illégale d’intérêts. Des ordinateurs et des documents ont été saisis par les policiers. Le bureau du directeur général des services de la CTC, Thierry Gamba-Martini, a été perquisitionné. La justice s’intéresse notamment aux conditions dans lesquelles le directeur général des services aurait bénéficié d’un logement de fonction équipé d’un mobilier à hauteur de 30 000 euros ainsi qu’à l’attribution de marchés de construction des routes à certains sociétés de travaux publics. Dire que je suis heureux de l’élection de Gilles Simeoni et de la chute de Paul Giacobbi ne serait pas assez fort. Toutes ces années, je n’ai cessé de dire ce que je pensais de la politique de Paul Giacobbi, de l’écrire et de mener nombre d’actions contre le système qu’il avait instauré (le même que celui de ses ancêtres, en plus pervers). Nous avons pris beaucoup de coups dans ce combat, mais je ne regrette rien. Les couards d’hier sont les nationalistes d’aujourd’hui, tant mieux… les urnes ont parlés, il vaut mieux tard que jamais. Nous avons mené chacun nos combats, à notre manière, et le résultat de cette élection ouvre d’autres pistes d’avenir pour l’ensemble des insulaires. Quant à Giacobbi et consorts, ils vont récolter le fruit de leur semence. Les perquisitions au lendemain de l’élection, ne sont certainement pas le fruit du hasard. Il reste 2 ans à Gilles Simeoni pour nettoyer redresser la situation, et puis espérons encore 6 ans pour remettre définitivement la Corse sur la voie du développement. Entre Gilles Simeoni au nord et Laurent Marcangelli au Sud, j’ai la conviction qu’une ère positive vient de s’ouvrir, une ère de progrès, voir une brise d’équité qui chassera à jamais ce relent malsain et putride d’air marin qui flotte depuis trop longtemps dans les écuries d’Augias.

Territoriales 2015 en Corse

France 3 Corse ViaStella a organisé deux débats entre les candidats aux élections territoriales. Après tirage au sort, Hyacinthe Santoni, Jean-Guy Talamoni, Paul Giacobbi, Camille de Rocca Serra, Gilles Simeoni et Dominique Bucchini ont été les six invités du premier rendez-vous, et Jean-Charles Orsucci (Divers gauche, La Corse à coeur), Emmanuelle de Gentili (Parti socialiste, La Corse qui ose), Paul-Félix Benedetti (Nationaliste, Rinnovu), José Rossi (Les Républicains/UDI), Christophe Canioni (Front National) et Jean Zuccarelli (Parti radical de gauche, La Garantie Républicaine) les six invités du second débat.
Les débats sur deux jours pourraient se résumer à un combat de boxe entre un puncheur arrogant (Paul Giacobbi) et un styliste prudent (Gilles Simeoni), sous le regard malicieux de Dominique Bucchini. Il est toujours très intéressant d’entendre Paul Giacobbi que certains surnomment Janus promettre monts et merveilles sur le plan économique, en gros tout ce qu’il n’a pas fait pendant 5 ans, sauf pour les emplois publiques (voir rapport de la chambre des comptes). Tant d’orgueil dans une seule personne relève d’un miracle de la nature : lui est  »un pro et les autres sont des amateurs » (sic), il est le PADDUC, il est à lui tout seul le sauveur de l’université (2 fois). C’est bien connu quand Paul Giacobbi marche sur un trottoir, même le trottoir change de trottoir. Rappelons le dossier des gîtes ruraux, où il est soupçonné d’avoir fait profiter à des proches et des élus de près de 400.000 € de subventions, sa gestion très particulière à la tête du Conseil Général de Haute-Corse jusqu’en 2010 avec l’affaire des marchés truqués de préservatifs (2 millions d’Euros), des soupçons de détournements de fonds publics pour une association d’aide aux jeunes errants, celle des gîtes ruraux, des deux assassinats (son proche conseiller Dominique Domarchi et celui de Jean Leccia, directeur général des services du conseil général de la Haute-Corse). Il n’y a pas de raisons de pavoiser. Et pourtant, il sait que sa liste est en mesure de pomper toutes les voix de gauche, y compris chez ses anciens partenaires.
En face Gilles Simeoni fut exemplaire de rigueur et de précision. Ses analyses des transports (aériens, terrestres et maritimes) furent très pertinentes. Un petit rappel des lois douanières ne fait jamais de mal. Et en prime, quelques propositions concrètes dans le sens de l’intérêt général. Un débat sans faute. A noter une phrase de Gilles Simeoni :  »des fortunes se sont fondées de manière anormale sur l’appauvrissement général ». Le match s’est poursuivi jusqu’à la fin avec Paul Giacobbi, où Gilles Simeoni relevait que la centrale de Luciana avait coûté 330 millions d’euros, mais avait rapporté seulement 30 millions d’euros  aux entreprises insulaires. Bravo à Gilles Simeoni pour le clin d’oeil à l’humanisme et à l’universalité.
L’appel de Dominique Bucchini au contre-pouvoir, était très lucide. Pour le reste le président actuel de l’Assemblée de Corse est resté dans son rôle de pacitori, un grand classique qui ne devrait pas lui rapporter (sauf à fusionner avec Giacobbi). Hyacinthe Santoni s’est écouté parler, malheureusement il n’est plus un tribun depuis longtemps. Seul élément à son actif, il n’a jamais été aux affaires en Corse et n’est donc pas responsable du marasme économique actuel. Camille de Rocca Sera et José Rossi devrait récupérer à eux deux l’essentiel des voix de droite, pourquoi faire deux listes ? Pour déterminer qui est le boss ? Il y a des primaires pour ça.
Sur le second débat nous dirons que Jean Zucarelli n’a pas été au niveau, pas à l’aise, et peu concret.  »Moi je, moi je » il faut arrêter le nombrilisme quand on représente une famille politique.
Christophe Canioni fait un peu tâche, ponctuant son discours de Heu Heu et de phrases inaudibles. Diriger une liste FN , bon voilà quoi… mais en plus le faire mal, c’est dommage. Il semblait perdu dans le débat. Une méconnaissance totale des dossiers, pas de vision politique affichée, un discours plat. Christophe Canioni débarque en tête de liste et ça se voit. Ce qui est effrayant, c’est qu’il soit crédité de 11%. Espérons qu’il s’agisse d’une erreur de virgule. Le retour à la CTC d’un élu FN n’est pas impossible, et ce serait sans doute le moins compétent de tous. Dans les scénarios catastrophe, imaginons qu’une liste lui propose la présidence de l’Assemblée pour récupérer ses 11% ! Impossible ? A suivre…
Il aurait été intéressant que Paul-Felix Benedetti et José Rossi débattent avec ceux de la veille, dommage. Avec ces deux techniciens nous sommes dans le très lourd. José Rossi a sans doute d’autres carte à jouer que l’anti-indépendantisme, sur ce terrain éculé Santoni et Zucarelli ont pris des positions qui vont leur coûter cher. Jean-Charles Orsucci et Emmanuelle de Gentili furent également excellents, précis, pertinent mais un peu trop complice : il fallait faire une seule liste car ils risquent de rester sur le carreau tous les deux. Quoi qu’il en soit, ils ont défendu habilement leur projet politique. Quand la compétence est là, il s’agit juste de sensibilité politique et chacun fera ses choix à l’urne. Et les écolos dans tout ça ?

2 milliards d’euros en 15 ans, la Corse ne veut plus du système Giacobbi

ctc carburant (Magà Ettori - Blog)Les électeurs voteront, dimanche prochain, pour l’un des 12 candidats aux élections territoriales. Même si cela semblait impossible il y a quelques mois, il semblerait que les corses montrent la porte de sortie à Paul Giacobbi du député (PRG) et président du conseil exécutif de Corse. Entre le premier et le deuxième sondage Opinion Way pour France Bleu RCFM et France 3 Corse ViaStella, annonce que Gilles Simeoni, chef de file de la liste nationaliste Femu a Corsica, sort en tête de ce second sondage (19% des voix). Le maire de Bastia gagne 1% des intentions de votes dans les sondages en un mois.  José Rossi, le candidat Les Républicains enregistre la plus forte hausse (+2%) entre le premier et le second sondage et se retrouve à égalité des intentions de votes (14%) avec Camille de Rocca Serra, tête de liste de Rassembler pour la Corse, qui perd 2% d’intention de votes. La liste la testostéronée de Paul Giacobbi pédale dans le brocciu avec seulement (13%) d’intention de votes. Simplement improbable. Il faut dire que l’offensive judiciaire sur les dérives politico-financières lancée en Corse a conduit non seulement à la mise en examen, le 21 juillet dernier de  Paul Giacobbi, pour  »complicité de détournements de fonds publics », dans l’affaire dite des  »gîtes ruraux » tombe au plus mauvais moment, mais personnellement je ne pense pas que ce soit ça qui puisse nuire à la réélection de Paul Giacobbi. Non. Le malaise est ailleurs, du côté de la poche. Les revenus des corses sont parmi les plus faibles de France. Un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et surtout les disparités de revenus entre les ménages les plus pauvres et les plus aisés sont colossaux. Pas sérieux dans une ile où tout se voit, où tout se sait.

Mais au fait le système Giacobbi c’est quoi ?

Pour en avoir une idée, il suffit de voir comment se gère le  »Paul Emploi » à la Collectivité Territoriale de Corse (CTC). Comment ça se techje diraient certains de nos amis. Le personnel de la CTC, ce sont quelque 1227 agents titulaires de la Région qui bénéficient d’avantages incomparables. Et oui, tout s’achète ! Selon un rapport détaillé de la chambre régionale des comptes rendu public en juillet dernier, non seulement leurs effectifs ont bondi de 311 agents en cinq ans, soit une hausse de 34 %, alors que les magistrats avaient déjà pointé du doigt cette dérive dans leur rapport précédent. Mais leurs rémunérations ont progressé, à partir de 2010, à un rythme de 4 à 6 % par an. Par ailleurs, le coût des heures supplémentaires a augmenté de 76 % entre 2010 et 2013. Enfin, les dépenses sociales pour les agents (Ticket-Restaurant, mutuelles, activités culturelles et sportives) ont été multipliées par trois en quatre ans, passant de 700.000 euros en 2010 à 2 millions en 2013. Quand on vous dit qu’il y a des manghjoni à la CTC ! anticorruption - giacobbi (Magà Ettori - Blog)Le Résultat est une flambée des dépenses totales pour le personnel de 46 % entre 2008 et 2013 !  Les fonctionnaires régionaux ne sont pas le système Giacobbi, mais ils en profitent chaque année. Par exemple ils bénéficient  de près de 10 semaines de congé (soit 25 jours de congés payés, 14 jours de RTT, 4 jours acquis en 1991, et 5 jours mobiles accordés par le Giacobbi) ce qui constitue sans doute un record parmi les Régions françaises.  Paul Giacobbi essaie de s e justifier  »Nous avons essayé d’installer une pointeuse. Ce n’est pas facile. Nous avons été stoppés par les syndicats ». Ils sont sans doute cru qu’il s’agissait d’une sulfateuse, avec tous ces problèmes de sécurité. Il faut dire que question diction, le Président de l’Exécutif a encore des progrès à faire.  Paul Giacobbi ferme aussi les yeux sur les agents qui ajoutent d’autres jours d’absence pour des motifs de santé ou familiaux. Le système Giacobbi est généreux : 3 jours pour le mariage d’un enfant ou un déménagement. La chambre régionale des comptes rappelle qu’elle avait déjà dénoncé «l’absence de système de contrôle effectif de la présence et du temps de travail» des agents de la CTC. Malgré les engagements de la CTC de mettre en place dès 2008 un suivi plus minutieux, rien n’a été fait.corsica paul tournage «Le présent examen de la gestion a permis de constater qu’aucun moyen de contrôle n’a été mis en place», notent les magistrats financiers. Le laxisme semble également de mise concernant l’absentéisme pour raisons de santé. Selon la chambre régionale des comptes, il est en pleine expansion, ce qui traduit «un déficit réel de gouvernance» de la CTC. Autre dérive pointée du doigt par les magistrats: le paiement des jours d’astreinte technique à certains agents, qui a augmenté de 77 % sans raisons apparentes. La chambre régionale des comptes a relevé des cas édifiants, comme celui de ce technicien dont les paiements liés à ces journées sont curieusement passés de 298 euros en 2011 à 4035 euros en 2013. Soumis aux critiques sur certaines défaillances de son contrôle, Paul Giacobbi a promis de mieux surveiller ces dépenses. Selon lui, elles auraient diminué en 2014, après un pic exceptionnel en 2013 dû au départ du Tour de France en Corse !  D’autres dérives étonnantes concernent les voitures. Tout d’abord, la CTC met 50 véhicules de service à disposition de certains agents, dont 34 sont attribués à titre personnel. Ce sont autant de discrets avantages en nature. Ensuite, la Région a attribué 237 cartes de paiement d’essence pour 264 voitures de son personnel. Certains semblent en profiter largement. Comme ce conducteur d’une Audi Q3 Crossover, qui a fait successivement le plein, le 1er janvier 2013 à 15h45 à Nice, et à 18h34 à Lucciana en Haute-Corse, pour des carburants différents, sans plomb et diesel. La carte de paiement a donc servi pour deux véhicules au lieu d’un ! Et cet agent n’est visiblement pas le seul dans ce cas. Il est vrai qu’il ne pouvait pas prendre le train [oups pardon] ne parlons pas de Chemin de Fer en Corse, c’est un sujet qui fâche. La faillite de la filière audiovisuelle-cinéma dans l’île ? Chuuuteeuuu ! De la formation audiovisuelle-cinéma avec la très chère voisine ? Rien sur l’Université, on va vraiment se fâcher ! Pas d’avantage des employés de la CTC ? Non, ça fait trop de familles ! Mais alors de quoi pouvons nous parler ? De l’utilisation des 2 milliards d’euros donnés à la Corse sur 15 ans pour rattraper les retards structurels ? Nunda ! Zittu è Mutu ! Lasciatemi core o ziteddi,… prima a stacca !