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Le dormeur du Valls, au pays des idiots

COMMUNIQUE FLNC (Magà Ettori - Blog)

–  »Pointure ? », mon hésitation dû être suffisamment longue pour que le gardien de la paix lève les yeux de son écran, et me toise sans vergogne. Sachant que la toise correspond à six pieds soit deux verges (quatre verges égalent aussi trois aunes), je le toise à mon tour. Le policier insiste :

–  »il me faut votre pointure, vous savez si l’on retrouve votre cadavre ça sert à l’identification ».

Sur le moment ce n’est pas seulement la rudesse des mots non choisis qui me posent un problème, mais en bon scénariste je m’imagine allongé sur une table en inox dans une chambre froide, déplumé comme une dinde de noël que l’on s’apprête à décortiquer, et le brave agent me triturant les pieds, qui s’exclame avec grande satisfaction :

–  »Oui génial, c’est un bon 43, c’est mon client ! Il avait reçu des menaces de mort et j’ai pris sa plainte la semaine dernière… Si c’est un mafieux ? Non, non, lui au contraire il dénonçait la corruption, et l’affairisme… il avait été élu et il avait claqué la porte à cause des magouilles… non je ne pense pas que ce soit en rapport, en revanche il s’apprêtait à sortir un film sur la mafia et ça devait gêner ».

Vous me direz que j’interprète, que j’enjolive, que je customise, qu’en fait la réplique la plus logique dans la chambre froide devrait ressembler d’avantage à ça :

–  »Sa pointure ? Rien à faire je le connais ! Un mafieux ? Non. Un emmerdeur certainement. Yo racaille touche pas à mon sandwich ! Ouais mais c’est mon repas, alors tu bouffes tes chips à la figatelle ».

Pourquoi je les vois en train de manger dans la morgue ? Je ne sais pas, trop de films américains peut-être, à moins que ce soit en rapport avec les mangeurs, les profiteurs, les mafiosi quoi ! Il faudrait que j’en parle à un psy, même si c’est une profession un peu étrange. L’autre soir un ami m’en présente un (de psy) dans une soirée, et le voilà qui se met à déclamer un poème :

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Le psy précise qu’il s’agit d’un poème d’Arthur Rimbaud. Ah d’accord ! Quand il disait :  »il a deux trous rouges au côté droit », moi je m’imaginais qu’il parlait de John Rambo, ou d’un autre meurtre en Corse. Le psy me toise. alors tout de suite je le prends dans mes bras et je sanglote.

–  »43, je chausse du 43 ! »

–  »9-3, vous voulez dire ou bien 13, je sais qu’à Marseille on tire à la kalachnikov, mais le 43 Magnum c’est plus rare ! »

Comme je sanglote, le psy me dit doucement :

–  »C’est terminé Johnny ! C’est Terminé ! »

– Rien n’est terminé ! Rien ! Tout continue à cause de vous ! C’était pas ma guerre ! C’est vous qui m’avez appelé pas moi ! J’ai fait ce qui fallait pour gagner ! Mais on a pas voulu nous laisser gagner ! Et j’suis revenu dans le monde ! Et j’ai vu ces larves m’attendre à l’aéroport ! Me conspuer comme un criminel ! Ils m’ont traité de toutes les saloperies, ils m’ont appelé « Le boucher » ! Qui sont-ils pour me faire des reproches hein ?! Qui sont-ils ? Est-ce qu’ils étaient à ma place en pleine jungle ?! Ils nous jugent et ils parlent !

– C’est un moment dur pour tout le monde Rambo. Tout ça c’est du passé maintenant.

–  Pour vous !!! Pour moi la vie civile c’est rien ! Au combat on avait un code d’honneur, tu couvres mes arrières j’couvre les tiens ! Mais ici y’a plus rien !

–  Tu es le dernier d’un groupe d’élite, ne finis pas comme ça.

–  Là-bas je pilotais un avion de chasse, j’pouvais conduire un tank ! J’avais en charge un million de dollars de matériel mais ici j’arrive pas à avoir un boulot de gardien de parking !!! Raaah ! [je pleure] Où ils sont tous ? Où ils sont ? Mes amis…

Les amis, c’est tous les amis. Prenez Christiane Taubira par exemple, elle en a plein d’amis (parfois gênant en tant que Garde des sceaux). En ce moment, Madame la Ministre de la Justice est particulièrement proche du Ministre de l’intérieur Emmanuel Valls (rien à voir avec Rimbaud, quoi que…). Proche également de Paul Giacobbi, Madame Taubira déclarait à l’Express (N°3098 semaine du 17 au 23 novembre 2010) à propos de l’actuel Président de l’Exécutif de l’assemblée de Corse :

–  »Nous siégeons côte à côte depuis 2002 à l’Assemblée Nationale, j’ai pour lui une vraie  amitié et une complicité intellectuelle, nourrie des dossiers sur lesquels nous avons travaillé ensemble, comme celui de l’indemnisation des victimes des essais et des accidents nucléaires. Il est le seul avec qui j’ai plaisir à boire un chocolat à la buvette de l’Assemblée Nationale ! Je suis allée souvent en Corse où, grâce à Paul, j’ai obtenu un score magnifique à l’élection présidentielle de 2002. »

Manuel Valls est lui moins romantique, il a entendu les corses qui parlaient, ceux qui ne parlaient pas, et les autres, et en a déduit des choses que lui seul sait, mais qu’il ne dira pas. Enfin pas à nous.

 Ce qu’il dira en revanche aux journalistes de Corse-Matin, concernant Paul Giacobbi c’est :

–  »Les gens élisent des personnes, nous sommes obligés de travailler avec eux ».

Pas très sympathique. Au moins personne ne pourra accuser Manuel Valls de faire du favoritisme ou de jouer la montre dans les affaires gênantes, comme celle des gîtes. Pour ceux qui n’ont pas suivit l’affaire des gîtes il s’agit de 360 000 euros de subventions du Conseil général de Haute-Corse, destinés à la réalisation de gîtes ruraux, qui auraient été détournés. Une affaire très embarrassante pour Paul Giacobbi, Président du Conseil général de Haute-Corse au moment des faits. Mais Paul Giacobbi n’est jamais embarrassé très longtemps et il sait monopoliser l’attention de l’opinion publique vers le néant (c’est à dire la proposition inapplicable comme le Statut de Résidents). Une plainte pour discrimination et racisme a été déposée contre Paul Giacobbi, qui s’est prononcé en faveur de restrictions à « l’accès à la propriété foncière en Corse pour les non résidents ».

Suite à quoi le député PRG s’étonne et s’indigne même au micro de France 3 Corse du retentissement trouvé par sa proposition estivale :

– « On se massacre en Syrie et mes propos suscitent un tel matraquage, c’est incroyable !, commente Paul Giacobbi. Nous sommes dans un pays d’idiots. »

La grande classe quoi, et une fin de non recevoir à ceux qui pensent que Paul Giacobbi n’est pas une pointure (43 ?), ou qu’il s’endort sur les lauriers du dormeur du Valls. Il semblerait au vu du dernier communiqué du FLNC, que tout le monde ne soit pas du même avis.

Les pouvoirs publics doivent nettoyer les écuries d’Augias.

INTERSYNDICALE CINEMA CORSELes membres de l’Intersyndicale du Cinéma Corse furieux viennent d’apprendre que Le Pôle Concurrence, Consommation, et Répression des Fraudes de la DIRECCTE de Corse était dans l’incapacité de poursuivre la Collectivité Territoriale de Corse dans le cadre de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la production audiovisuelle en Corse. La DIRECCTE précisant dans un courrier :  »En effet, si les personnes publiques font partie des personnes concernées par la prohibition des ententes, puisque selon l’article L.420-1 du Code de commerce, les règles définies par la loi « s’appliquent à toutes les activités de production, de distribution et de service, y compris celles qui sont le fait de personnes publiques (…) », encore faut-il que ces personnes publiques se livrent à ces activités « de production, de distribution et de service » pour que de tels actes, détachables de leur mission, ressortissent à l’Autorité de la concurrence et au juge judiciaire. Or, il a été jugé à plusieurs reprises que l’attribution d’aides ou de subventions par une personne publique ne sont pas des actes de production, de distribution ou de service au sens du droit de la concurrence. »

Aujourd’hui, un élu a été tué de plusieurs balles alors qu’il roulait en voiture entre l’aéroport Napoléon-Bonaparte et Ajaccio. Maire depuis 1977 du village de Letia et récemment réélu à la présidence du Parc naturel régional de Corse (PNRC), Jean-Luc Chiappini est le troisième notable tué à Ajaccio en à peine plus de six mois, après l’assassinat de l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats Antoine Sollacaro, le 16 octobre, et celui du président de la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud Jacques Nacer, le 15 novembre. Après l’assassinat du Président de la Chambre de Commerce de Corse du Sud, le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux s’étaient nuitamment précipités en Corse. Sans doute que l’énorme retentissement médiatique en France nécessitait à lui seul le voyage. Christiane Taubira, la garde des sceaux s’était montrée très ferme : « La Corse (…) ce n’est pas un territoire à part où l’on accepterait les meurtres et la violence ». Certaines pratiques, et certains scores aux élections sont révélateurs de l’effondrement de la démocratie dans l’île. La violence n’est que le corolaire de la crise politique et morale que subit la Corse depuis des décennies. Manuel Valls dans un coutumier exercice de communication a naturellement fustigé l’omerta corse au micro d’Europe 1 :  »Je demande à tout le monde, aux élus, aux responsables économiques, aux Corses en général, de se mobiliser ! Nous sommes obligés d’agir avec les moyens de loi mais en même temps en se mobilisant. Ca veut dire parlez, arrêtez de vous taire ! »  Il plaisante ? Ces trois dernières années, tous les professionnels liés à l’Intersyndicale du Cinéma Corse n’ont cessé de dénoncer la corruption dans la filière audiovisuelle cinéma. Afin d’alerter l’opinion publique, j’ai démissionné de ma fonction de Conseiller audiovisuel cinéma auprès Conseil Economique Social et Culturel Corse. Pour moi comme pour les autres professionnels les sanctions ont été lourdes. Nous avons dénoncé un système mafieux et corrompu et avons payé très cher notre fronde. Les pressions ont été innombrables contre les membres de l’Intersyndicale qui ont réagit par diverses actions en justice et autres. Les exemples ubuesques ne manquent pas : une plainte a été déposée au commissariat de Bastia. Plusieurs mois plus tard les services de police ont fait savoir que la plainte était recevable, mais que le temps qu’elle arrive au commissariat d’Ajaccio le fait était prescrit. Une nouvelle plainte a été déposée en mars 2012, au commissariat d’Ajaccio (toujours pas de suites à ce jour). Monsieur Patrick Strzoda, Préfet de Corse a été saisi à son tour sans résultats. Lors de la venue dans l’île de François Hollande, alors candidat à la Présidentielle, un dossier lui a été remis par un membre de L’Intersyndicale du Cinéma Corse, sans résultats. Les dirigeants de l’Intersyndicale du Cinéma Corse ont rencontré les principaux élus insulaires, y compris le Président de l’Assemblée de Corse, sans résultats. Ces élus ont unanimement désigné le président de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse comme seul et unique interlocuteur. Comme d’autres élus, Paul Giacobbi – Ponce Pilate bénéficie d’une protection policière depuis l’affaire des Gites, ce qui n’est pas le cas des membres de notre association. La réponse de la DIRECCTE prouve bien le désengagement ou l’impuissance de l’Etat dans ce dossier. Le marché en question ? 20 millions d’euros en 10 ans alors que la filière est en ruine et le cinéma corse est inexistant. Dans un Etat de droit, qu’un ministre de l’Intérieur demander l’aide de la population pour retrouver des tueurs dans une île qui compte un gendarme ou policier pour 100 habitants – record de France – en dit long sur l’impuissance des autorités à endiguer la dérive criminelle en Corse. Par voie de conséquence, et pour ne pas exposer davantage nos membres nous avons décider de dissoudre notre organisme professionnel.  La Corse est en coupe réglée, dans tous les secteurs. Nous n’y croyons plus. Oui, nous, corses, professionnels, citoyens, avons lutté contre l’affairisme et les pratiques amorales, si ce n’est mafieuses. Nous estimons être allés au bout de notre mission. Aujourd’hui les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités et nettoyer les écuries d’Augias.

MAGA ETTORI - CONTRE LA CENSURE

MEURTRES EN 2013

28/01 Agosta – Hassan Jamai

12/02 Ajaccio – Dominique Laorenzi

24/02 Prunelli-di-Fiumorbo – Taib Adaime

01/03 Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio – Anthony Galliot

10/03 Venaco – Jérôme Salvadori

24/03 Omessa – Gabriel Cortes

28/03 Bastia – Drame conjugale

05/04 Bonifacio – Jean-Sébastien Gros

09/04 Tiuccia – Didier Raffini

25/04 Ajaccio – Jean-Luc Chiappini …/…

MEURTRES EN 2012

23/01 Brando – Albert Pieri

26/01 Tavera – Antoine Morère-Paoli

04/03 Porto-Vecchio – Youssef Laachouchi

16/03 Corte – Jean-Baptiste Baghioni

27/03 Biguglia – Marius Ciancioni

08/04 Ajaccio – Jean-Pierre Rossi

08/04 Pietrosu – Joseph Sisti et Jean-Louis Chiodi

17/04 Santa-Maria-Siché – Toussaint Antona

09/07 Ajaccio – Yves Manunta

07/08 Ponte-Leccia – Maurice Costa

11/09 Castirla – Sébastien Mattei, Jean-Pierre Colombani et Jean Gandolfi

16/10 Aregno – Jean-Dominique Allegrini-Simonetti

16/10 Ajaccio – Antoine Sollacaro

24/10 Propriano – Patrick Sorba

14/11 Ajaccio – Jacques Nacer

20/11 Cervioni – Victor Ribeiro

MEURTRES EN 2011

17/02 Corscia – Antoine Mattei et Jean-Baptiste Mattei

21/03 St-Andria-di-u-Cotone – Dominique Domarchi

05/04 Sarrola-Carcopino – Jean-Baptiste Aveni

21/04 Porticcio – Marie-Jeanne Bozzi

13/05 Ajaccio – Guillaume Orsini et Christophe Santoni

28/06 Folelli – Charles-Philippe Paoli

24/07 Ghisonaccia – Dominique Ferrari

01/08 Propriano – Adrien Chilini

11/08 Bonifacio – Fabrice Vial

25/10 Porticcio – Dimitri Bourgeaud

28/10 Moriani – Christian Leoni

08/11 Propriano – Faycal Abbakoui

08/11 Casalta – Ange Pietrucci

24/11 Penta-Acquatella – Antoine Santucci

04/12 Prunelli-di-Fiumorbu – Jacques Paoli