Cruauté animale, une pyromane aux confins de la bêtise

Depuis plus d’un mois la Corse est en flammes. Les sapeurs-pompiers insulaires ont adressé une lettre ouverte aux habitants et aux incendiaires afin d’exprimer leur lassitude, leur fatigue, leur colère, leurs inquiétudes. Ils lancent un appel à la population et alertent sur la tournure dramatique que pourrait prendre le départ de nouveaux incendies : « Devant les conditions météorologiques actuelles, tenant compte de la recrudescence des mises à feux dévastatrices de ces derniers jours, les sapeurs-pompiers de la Haute-Corse tiennent à exprimer leur révolte, leur inquiétude et actionnent la sirène pour que chacun entende, mesure, comprenne et agisse. Soumis à une pression constante et interminable, nous vous alertons sur notre écœurement, notre épuisement, notre surexposition humaine et matérielle et pour vous faire prendre conscience que nous sommes en danger. Nous les intervenants, mais également les citoyens, les résidents et les touristes. Nous sommes en danger car même le moindre départ de feu insignifiant peut aujourd’hui prendre des tournures dramatiques, il peut tout détruire et il peut tuer. Nous profitons de l’occasion pour vous remercier de vos nombreux témoignages de soutien et de solidarité. Mais au delà, aidez-nous à faire en sorte que la pression ne soit pas seulement supportée par les acteurs de la sécurité civile, par les élus de proximité et les populations. La pression doit changer de camp, elle doit peser sur ceux qui détruisent la Corse par le feu et qui préparent les catastrophes induites, des dégâts des eaux de l’automne.  Enfin, à 48 heures d’un coup de vent nous lançons un appel à toute la population, bienveillante à notre endroit depuis toujours : Nous avons besoin de vous. Votre rôle dans la surveillance active et la dissuasion des incendiaires reste irremplaçable, essentiel particulièrement dans une société de citoyens engagés et responsables que nous appelons tous de nos vœux ».

Et vous savez quoi ? C’est le moment ou la plus bête des retraités de la planète entre en scène, une ancienne bidasse en manque de coups de feu. Vers midi dans un talus de petit maquis et d’herbes sèches, situé dans le quartier de Pietralba à Ajaccio, à proximité immédiate d’immeubles et de commerces un incendie se déclare. Le feu progresse rapidement, dégageant un important panache de fumée et soulevant l’inquiétude des très nombreux riverains. Les pompiers sont rapidement mis en place, en protection des premières habitations avoisinantes. Deux Canadairs sont envoyés sur les lieux, rejoints par un troisième appareil. A 13h, l’incendie est déclaré fixé. La superficie brûlée est de huit hectares. A l’origine du sinistre, un pétard. Une ancienne militaire de 69 ans, qui promenait son chien dans le quartier, a lancé un pétard pour déloger sa chienne d’un buisson, ce qui a mis le feu à la végétation. La pyromane (si, si, pyromane personne n’est aussi stupide et personne ne se promène avec des pétards), … la pyromane a donc écopé de trois mois de prison avec sursis et 3000 euros d’amende. Elle a affirmé à la barre avoir voulu faire sortir sa chienne qui s’était réfugiée dans un buisson : «Comme celle-ci n’est pas obéissante, j’ai jeté un pétard pour l’effrayer». Dans son réquisitoire, le procureur de la République s’est montré très ferme, demandant 2 mois de prison avec sursis, 18 mois de mise à l’épreuve, l’indemnisation des victimes ainsi que l’interdiction de se rendre sur les lieux. Peut-être que le procureur de la République aurait du alourdir la peine de cette pyromane qui a atteint les confins de la bêtise. En effet, la personne qui commet un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité doit être puni de : 2 ans de prison, et 30 000 € d’amende et le juge doit prononcer, à titre complémentaire, l’interdiction définitive ou provisoire de détenir un animal. Le procureur de la République voulait peut-être éteindre un incendie à la fois, ou alors il estime que ce n’est pas si grave de jeter des pétards sur des êtres vivants doués de sensibilité (Code civil – 515-14). Qui sait ?

Magà Ettori, Bastia, 10/08/2017

Publicités

c’est dur d’avoir toujours raison

Une journaliste me sollicite hier, pour participer à une émission qui traite du véganisme et du régime végétalien. Elle finit par mettre fin à notre conversation, d’un manière peu courtoise. Bon c’est vrai, si j’avais été plus candide, qui sait ? Mais bon, je ne suis plus dupe. Quand elle m’explique qu’une « nutritionniste » Béatrice de Raynal est l’invitée de l’émission, et qu’elle me demande si je veux intervenir, j’ai mon lanceur d’alerte personnel qui est en panique. Le petit ange sur mon épaule me dit : « mayday, mayday, mayday,  on va se crasher ». La fin de la conversation a donné raison au petit ange, il ne fallait pas attendre de bienveillance de cette émission :

– Magà : Juste une petite question, madame de Raynal n’est pas végane, pourquoi l’avoir choisie comme invitée pour parler de ce sujet plutôt qu’une nutritionniste végane ?

Journaliste : Oui mais elle est capable d’en parler.

– Magà : Oui, comme moi je peux parler de Carl Lewis. Et encore dans mon cas il n’y a pas de conflit d’intérêts, je ne convoite pas dix médailles olympiques. Ma question est pourquoi pas une vraie nutritionniste végane ?

– Journaliste : Ce n’est pas le principe de l’émission nous allons parler santé et alimentation avec elle puis évoquer le régime végan.

– Magà: Quel est le principe de l’émission ? Une émission à charge contre l’alimentation végétalienne ? Nous connaissons le point de vue de madame de Raynal. La viande est pro inflammatoire, quand elle suggère de manger de la viande tous les jours c’est une aberration. C’est un exemple parmi les autres des publications ou propos de Mme De Raynal. Par ailleurs son CV n’est absolument pas garant de probité. Si vous voulez une nutrithérapeute et naturopathe de qualité, j’en connais une qui vient de sortir un livre brillant et qui sera plus crédible que Béatrice de Raynal, mais ce n’est peut-être pas le format de l’émission ?

– Journaliste : bip, bip, bip (plus personne).

– Le petit ange sur mon épaule : c’est dur d’avoir toujours raison, GO VEGAN !

Moralisation de la vie publique

Dois-je me réjouir de voir mes ennemis rattrapé par la machine judiciaire ? Bien entendu ! Je suis un homme de bien, mais quand même ça ne va pas jusqu’à là. La garde à vue de l’ancien député DVG de Haute-Corse Paul Giacobbi, qui a lieu dans le cadre d’une enquête sur des soupçons d’emplois fictifs, a été prolongée aujourd’hui. Les cinq autres personnes entendues depuis lundi étaient elles aussi encore en garde à vue mardi, a précisé Nicolas Bessone. Le sénateur PRG Joseph Castelli, homme de paille de Paul Giacobbi qui lui avait succédé à la tête du conseil départemental de Haute-Corse, a quant à lui été convoqué en audition libre mardi. Mais ce n’est pas grave, il gère ses propres affaires le pauvre homme (Joseph Castelli, une mise en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption). L’enquête, menée par un juge d’instruction du pôle économique et financier du tribunal correctionnel de Bastia, porte sur des soupçons d’emplois fictifs remontant à l’époque où Paul Giacobbi dirigeait l’exécutif corse, entre mars 2010 et décembre 2015, avant que les nationalistes remportent les élections territoriales. Parmi les autres gardés à vue dans ce dossier figurent l’ancien directeur général des services de la collectivité territoriale, le très prétentieux Thierry Gamba-Martini (Plus dur sera la chute dans les écuries d’Augias). Paul Giacobbi, 60 ans, a déjà été condamné à trois ans de prison ferme (JUSTICE ), 100.000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité en janvier dans une autre affaire, dite des « gîtes ruraux ». Le tribunal correctionnel de Bastia l’avait sanctionné pour le détournement de quelque 480.000 euros de fonds publics, au sein du conseil départemental de Haute-Corse qu’il a présidé entre 2007 et 2010. Destinées à financer la construction ou la rénovation de gîtes, ces sommes avaient profité en réalité à une quinzaine de personnes, également condamnées. Paul Giacobbi, député de Haute-Corse depuis 2002, avait renoncé à briguer un nouveau mandat lors des législatives des 11 et 18 juin dernier, alors qu’il était un des principaux soutiens d’Emmanuel Macron sur l’île avant la présidentielle. Pour la première fois en France, le Gouvernement a légiféré pour que les conflits d’intérêts soient éradiqués afin de marquer une rupture dans les pratiques liées à la transparence. Paul Giacobbi ne rime pas très bien avec cette idée de moralisation de la vie publique, et il paie peut-être aujourd’hui sa malice de l’investiture (Investiture, un repris de justice sous les ors de la République).

La plus grande équipe de runners véganes et végétariens

team VEGAN MARATHON

Lors de la Cérémonie du AIO (remise de la médaille VEGAN MARATHON au CCE2A), un journaliste m’interroge : « Comment avez-vous créé la plus grande équipe de runners véganes et végétariens ? ». Et là un ange passe, ce n’était vraiment pas notre objectif, et je n’avais pas pris conscience que la rapide croissance de l’association, et l’engouement pour l’action qu’elle porte nous avait placés dans cette incroyable logique. Après quelques secondes de réflexion, je lui répond que ce challenge a toujours été envisagé comme une action collective, c’est dans son ADN. Lors du Marathon de Paris, j’étais le seul à courir sous les couleurs VEGAN MARATHON, et pourtant rien n’aurait été possible sans la logistique et le soutien de tous les militants de la cause animale, ainsi que les associations partenaires. Ceux-là m’ont véritablement porté lors de la grande course, et ce sont les mêmes qui portent aujourd’hui l’équipe VEGAN MARATHON. Dans cette organisation, ce clan, il n’y a pas de hiérarchie, seule les capacités individuelles mises au service du collectif ont un véritable intérêt.

La boutique VEGAN MARATHON, et les bénévoles

Ce qui fait la singularité de VEGAN MARATHON, c’est qu’il n’y a pas des champions et des moins bons dans l’équipe, des coupeurs de citrons ou des soigneurs dans les coulisses, mais bien une équipe soudée, solidaire où chacun donne le meilleur de lui-même. Comment avons-nous créé la plus grande équipe de runners véganes et végétariens ? C’est simple, grâce à l’engagement de tous. Une marche a suivi la cérémonie du AIO, puis un entraînement collectif. Nos bénévoles qui tenaient le stand pendant la marche, ou lors de l’entraînement, on permis aux autres de manifester ou de s’entraîner. Nous avons créé la plus grande équipe de runners véganes au monde en donnant de l’intérêt à chacun, et de cet intérêt allaient naître cette équipe magnifique, qui n’est que l’aspect le plus visible, du CLAN VEGAN MARATHON.

La Cérémonie du AIO

langue de bois

 

Ce matin en enfilant ma casquette pour une course matinale, j’ai eu une pensée pour Petru Mari, ce brillant auteur, pilier de France-bleu RCFM, et subtil chroniqueur à l’humour cisaillant. Il est des personnes qui comptent plus que d’autres dans nos parcours personnels, allez savoir pourquoi. Le souvenir de nos aventures communes, me renvoya à ma montagne, à ma jeunesse, quand je courrais le pied léger sur les sentes pentues, traversant tel un sanglier les maquis touffus. Peu de gens le savent mais j’ai été bûcheron, fut un temps fort, fort lointain. Le muscle saillant et la langue agile, je balançais des buches, sans modestie. Albert Einstein disait : « Je sais pourquoi tant de gens aiment couper du bois. C’est une activité où l’on voit tout de suite le résultat », et c’est complètement vrai. J’ai toujours aimé jouer au bûcheron ou lire un livre, dans les deux cas on obtient immédiatement sa récompense. C’est sans doute, une des plus grandes difficultés du sport, on doit sans cesse capitaliser, investir, et ne voir le résultat que fort tard. Il n’empêche qu’en arrivant de mon entraînement de course à pied, en apercevant une hache et du bois à fendre, je n’ai pas pu faire autrement, que de m’emparer de l’outil, frapper, fendre, et balancer des bûches. Cette activité ne pouvait que me renvoyer, une fois encore aux frasques du temps passé. Le muscle est moins saillant, mais la langue bien plus agile. La preuve que l’entraînement paie, à défaut de servir la langue de bois.

La question animale dans le champ politique

Cette campagne des législatives est remarquable. Non sans difficultés, les candidats des partis animalistes, antispécistes et alliés se battent bec et ongles pour faire émerger la question animale dans le champ politique. La tache est rude et personne ne leur fait de cadeaux dans les camps en face. Dans un tel contexte, il est irresponsable à quiconque se réclamant de nos mouvances, de régler des comptes personnels, problèmes de personnes et autres. J’ai assisté à des échanges peu sympathiques hier soir, sur un groupe [important] lié au mode de vie végane, qui me semblaient avoir pour objectif de déstabiliser un candidat. Il faut prendre sa B12, sa respiration et réfléchir avec sa tête. Ce n’est pas ainsi que l’on aide la cause animale. Je me suis désinscrit de ce groupe, et j’invite au boycott tous mes ami.e.s, qui à l’avenir seront témoins de ce type de comportement (et ce peu importe le groupe, lettre d’informations, page,…). Soyez vigilant, et gardez toujours à l’esprit que cette cause nous dépasse, et que de notre union dépend la vie de milliard d’êtres.

Les clowns maléfiques

Je viens de tomber sur une vidéo qui met en scène un clown maléfique, Ronald, la mascotte de MacDo. C’est bien fait, effrayant, mais je me demande s’il est encore nécessaire de parodier un tel personnage ? Nous le savons, Ronald c’est le caïd des nez rouges, le chef de gang de l’obésité, l’affranchi de l’hypertension, le dealer des maladies cardiaques, le grand manitou du diabète, l’as des as de la dépression, le virtuose des cancers, le big boss de l’Alzheimer, oui Ronald c’est le champion du monde incontesté de la catégorie poids lourds des dégâts de santé,… et de la communication. Pas toujours de bon goût d’ailleurs. Au Royaume-Uni, le clown attaque à la sulfateuse. Dans une de ses publicités un jeune garçon interroge sa mère à propos de son père décédé. L’enfant cherche des ressemblances entre lui et le défunt.  Au final la conversation se termine chez MCDo, devant un poisson pané. C’était le plat préféré de ton père”, lui dit sa maman pour le réconforter. Waouw la classe ! Je ne vous dis pas le tollé général. En général il est plus malin Ronald. Il serait même un peu vicieux. Il sait faire. Par exemple, il développe des sandwiches sans produits carnés, mais il aime que l’on se sente quand même un peu coupable. « Quoi ? Vous n’êtes pas content ? C’est autant d’animaux en moins massacrés ». Oui bien entendu, c’est un peu comme si on remerciait la peste de laisser des survivants. A Singapour Ronald propose un sandwich sans viande, le « Veggie Crunch Burger ». Un burger composé d’une galette de petits pois, de carottes, de haricots verts, de poivrons et de pomme de terre. C’est beau. En Norvège, en Afrique du Sud, en Arabie Saouditen en Asie du Sud-Est, c’est le « Veggie McSpice ». Composé d’un steak réalisé à partir de haricots rouges, de carottes, de poivrons verts et de quelques rondelles d’oignons, on en pleurerait de bonheur si la pitance ne faisait pas 512 kilocalories. En France ? Rien ! Ca se résume à 115 tonnes de détritus jetés chaque jour, et à 1,55 tonnes de viande bovine par an, soit 50 kilos par seconde. Je laisse aux matheux le soin de faire les comptes du nombre de vies qu’il faut prendre pour fabriquer autant de viande. Actuellement, un sandwich vendu sur deux est un burger. Le burger, vous savez, ce sandwich à la sauce fécale. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont des scientifiques. Pour parvenir à cette conclusion, les biologistes en charge de cette étude se sont procurés 300 boîtes de steaks hachés industriels commercialisés dans 103 magasins, épiceries, grandes surfaces, boutiques bio localisées dans 26 villes des États-Unis. Très appétissant. Bon, et que se passe-t-il de pionnier au pays du soleil levant ? Hummm sympa, le steak issu de matière fécale humaine. Ben oui, autant qu’à faire, il faut y aller franco. La caca, c’est de la caca, au moins il n’y a pas de doutes. Leur grand truc c’est le recyclage des boues d’épuration en steacks. Je vous vois douter. Au Japon, il y a trop de boues d’épuration. Sollicité par la ville de Tokyo, le professeur Ikeda cherchait des solutions pour le recyclage. Le scientifique s’est rendu compte que les boues d’épuration contenaient une grande variété de protéines. Vous voyez venir la suite ? La protéine c’est bon pour le corps humain. Le scientifique a donc reconstitué de la viande artificielle à partir de matières fécales humaines. Des protéines de soja y sont ajoutées pour que la viande artificielle ait le même goût que le bœuf, et des colorants alimentaires sont utilisés pour qu’elle ait la même apparence. Un ange passe. Pendant ce temps-là, le « Vegan Gorilla » de Nice devient le premier restaurant de France vegan à obtenir le titre de Maître Restaurateur (*). Et là pour le coup nous sommes loin des clowns maléfiques de la restauration. En parlant de personnages grimés, je vais me revoir le dernier clip de « Magic Jack« , avec lui pas de Big Mac, pas de mic mac, tout est dans le titre, la viande est à chier, et ça a le mérite d’être clair. Sinon le 10 juin c’est la Marche pour la fermeture des abattoirs, nous y serons.

Magà Ettori, Paris, 25/05/2017

en partenariat avec http://www.paroledanimaux.com/

(*) Le Titre de Maître Restaurateur est le seul titre délivré par l’état pour la restauration Française. Il garanti que l’ensemble de la carte est faite maison à partir de produits bruts et acquis essentiellement frais. Un Maître Restaurateur est un professionnel qualifié, engagé sur plus de 30 critères : cuisine certifiée faite maison, produits frais, qualité du service, de la vaisselle, de la décoration, etc. C’est un titre décerné par l’État sur la base d’un audit réalisé par un organisme indépendant. Cette distinction permet aux clients de repérer les établissements d’excellence.