Archives de Catégorie: CORSE

Le cabinet noir qui dirige la Corse

gun moneyLe procès de l’ex-député Paul Giacobbi (celui qui serrait longuement la main du nouveau président Macron à l’Elysée le jour de l’élection), condamné pour détournement de fonds publics, met à jour l’existence d’un cabinet qui dirigeait la Corse, un de ces cabinets noirs dont est si friande notre démocratie défaillante. Les urnes et les élections n’ont jamais été là que pour la parade. Un cabinet noir, voilà bien un secret de polichinelle. Tout le monde le savait, mais les couards et les opportunistes tenaient leurs langues. Un cabinet noir qui n’a jamais été vraiment dissimulé, tant l’impunité supposée et réelle du clan Giacobbi semblait immense. Faisant partie des rares personnes à m’être réellement érigé contre ce système clientéliste et corrompu de la Giacobbite sphère, allant jusqu’à faire diligenter une enquête par la répression des fraudes, je dois avouer que le déballage judiciaire de Paul Giacobbi et consorts ne me surprend absolument pas. Il y a 14 mois, Paul Giacobbi était condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, lors du procès dit des gîtes ruraux portant sur près de 500.000 euros au profit d’une quinzaine de bénéficiaires. Aujourd’hui Ils ne sont plus que six sur le banc des accusés de la Cour d’appel de Bastia. Cinq condamnés en première instance – Paul Giacobbi, Thierry Gamba-Martini, Pierre-Marie Mancini, Jean-Hyacinthe Vinciguerra, et Marie-Laure Le Mée, et Jacques Costa (relaxé). Jacques Costa et de Pierre-Marie Mancini, respectivement président et rapporteur de la Commission du monde rural qui votait les subventions, rejettent la responsabilité sur le cabinet noir de Paul Giacobbi. « Vous reconnaissez n’avoir jamais exercer de véritable contrôle… Les dossiers, vous les regardiez ? », interroge Véronique Maugendre,  la présidente de la Cour d’appel de Bastia :  » Il n’y avait rien ! Je n’allais pas examiner le rien ! » répond Jean-Hyacinthe Vinciguerra. La Commission en question est celle du monde rural censée valider les aides.  « Ce n’est pas les élus qui décidaient, ni les fonctionnaires. C’était le cabinet ! Si vous vouliez quelque chose, il fallait passer par le cabinet » enfonce Jacques Costa qui  nie avoir déposé un quelconque dossier et renvoie l’intégralité de la responsabilité de l’attribution des subventions sur le cabinet noir de Paul Giacobbi.  Jacques Costa ajoute : « Augustin Viola et Dominique Domarchi ! Mr Viola, c’était le bras droit de Mr Giacobbi.  Je ne sais pas exactement ce qu’ils faisaient. Ils recevaient les élus. Ils donnaient les ordres aux chefs de service et aux directeurs. Le président était souvent à Paris en raison de son mandat de député. C’étaient eux qui disaient aux fonctionnaires ce qu’il fallait faire… ».  Le président était souvent à Paris, et c’est le cabinet qui dirigeait la Corse ? Voilà qui est dit. Un cabinet noir dirige la Corse, circulez il n’y a rien à voir !

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Mafia corse, l’amour vache

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A quelques jours de son procès en appel de l’affaire des gîtes ruraux Paul Giacobbi, ex président du Conseil Départemental de la Haute-Corse, président du Conseil Exécutif, et homme fort de la politique en Corse a retrouvé une vache noyée au fond de sa piscine. On ne peut que penser à une réplique du parrain « C’est un message sicilien : Luca Brasi dort chez les poissons », ou alors le passage où Woltz découvre avec horreur la tête ensanglantée de son cheval de course, Khartoum dans son lit. Mais il n’y a aucun lien entre le film et la vache de Giacobbi, c’est certain, ce n’est pas ce que je dis. Il ne faut pas préjuger de la raison pour laquelle cette pauvre vache s’est retrouvée noyée au fond d’une piscine. Sinon c’est la théorie du complot ça monsieur. Les vaches corses sont très particulières et ne correspondent à aucun stéréotype des vaches classiques. Celle-ci voulait sans doute prendre un bain, le hic c’est qu’elle n’avait plus son bikini, mais pour le reste rien d’anormal. Elle est corse on vous dit.

Collectivite Territoriale de Corse -LE-PARRAIN - (blog Magà Ettori)Les histoires de droit commun en Corse, flirtent souvent avec le cinéma, les unes se confondent avec les autres et on ne sait plus faire la part entre la fiction et la réalité. Ce qu’avait fait hurler Cécile Simon, la présidente du tribunal correctionnel de Paris :  « Je vais vous dire. On est dans la réalité, monsieur. Vous n’êtes pas au cinéma. » C’est vrai que dans la fiction, il était Manu. « Un homme de main, un tueur, un professionnel », décrit-il devant le tribunal correctionnel de Paris. « Un bandit, quoi? », interrogeait la présidente. « On peut dire ça comme ça », approuve Frédéric Graziani qui parlera plus loin du souffle de la brise de mer sur le cercle Wagram. Face à ses juges, il évoque « un mélange entre la réalité et la fiction ». On ne sait plus si c’est l’affaire du Cercle de jeu Wagram qui s’invite dans la série « Mafiosa » ou l’inverse. Toujours est-il que deux acteurs de la série, Frédéric Graziani et Michel Ferracci, sont mêlés à ce dossier entre fiction et réalité.

Collectivité Territoriale de Corse - Paul m'a tuer

Alors que nous sommes dans la troisième journée d’audience du procès en appel de l’affaire des gîtes ruraux (article) l’audition de ce matin de Paul Giacobbi était très attendue. Ce dernier a déclaré s’être senti trahi par ses deux proches conseillers de l’époque, Dominique Domarchi et Dominique Viola. « Tout s’est passé à mon insu. Je suis profondément choqué. C’est une trahison », a confié Paul Giacobbi. C’est là que l’on repense à la vache dans la piscine. Il aura fallu l’intervention des gendarmes et des pompiers pour sortir la pauvre victime barbotant pendant plusieurs jours. Les médias ont été surpris que cette histoire d’amour vache mette tant de temps à filtrer. Mais que l’on se rassure, à la fin le message passe bien.

 

 

Ca se corse pour la prostitution

boulogne.jpgIl existe deux sortes de personnes : ceux qui sont corses et ceux qui veulent le devenir, y compris dans le monde de la prostitution ! Un site spécialisé de plaques d’immatriculations (si, si ce n’est pas une blague) a récemment dévoilé son classement des plaques en France. L’espace réservé au département et au logo régional offre un espace de création aux automobilistes : les propriétaires peuvent y placer le duo département/région de leur choix et sans surprise la Corse se fait remarquer. Il s’avère qu’il y a plus de plaques corses que de Corses, pas au point de devancer les numéros 75 (Paris), 13 (Bouches-du-Rhône) et 06 (Alpes-Maritimes) qui sont les plus demandés car ces trois départements sont parmi les plus peuplés, avec 3 des 5 premières villes de France, mais nous sommes quand même pas mal. Au même niveau que les demandes pour des plaques de Parisiens se trouve la Corse du Sud. Avec 3% des demandes, le sixième département le moins peuplé de France métropolitaine (151.652 habitants au dernier recensement) est clairement surreprésenté sur les plaques françaises. Le fondateur du site en question donne plusieurs raisons à cette étrangeté: « Il y a trois phénomènes qui expliquent cette forte demande pour le logo Corse. En premier lieu, le très fort attachement des Corses à leur région, peu importe où ils résident sur le territoire. Apposer la tête de maure sur la plaque de sa voiture serait également un gage de sérénité dans l’inconscient collectif. Enfin, à l’approche de la traversée de la Méditerranée, les automobilistes préféreraient apposer l’emblème de la Corse pour éviter d’être perçus comme des touristes. » Oui mais voilà, même les véhicules (qui n’ont pas passé la mer depuis 10 ans), et qui visiblement ne roule pas tellement, semblent avoir trouver un moyen de corsiser leurs activités, comme j’ai pu le constater cet après-midi en allant courir vers le bois de Boulogne. Oui courir, soyons sérieux…. donc pendant mon run, je n’ai pas pu m’empêcher de repérer et photographier le véhicule d’une galante qui affichait à l’arrière le drapeau corse et le drapeau breton. L’hermine et la testa mora, comme une double garantie de sécurité ? Peut-être, mais les clichés ont la vie dure, eux aussi.

Fiche « S », à qui profite le crime ?

Le militant nationaliste Félix Benedetti a été placé en garde à vue ce mardi après-midi, en réaction à son refus de se voir inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). La machine judiciaire semble s’emballer, mais elle ne s’emballe jamais par hasard en Corse tant la politique et le judiciaire semblent marcher dans le même sillon. Félix Benedetti est resté en détention provisoire puis assigné à résidence en région parisienne pendant quatre ans dans le cadre d’une affaire de détention d’armes. En mars dernier, il a effectué son retour en Corse suite à la levée de son assignation à résidence tout en restant sous contrôle judiciaire. En  juin dernier il était condamné pour détention d’armes et d’explosifs et association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Félix Benedetti a fait appel de sa condamnation : « Du point de vue de mon cas particulier, j’estime qu’il n’est pas normal d’être inscrit au Fijait, j’ai fait appel de ma condamnation, je ne suis pas définitivement jugé et toujours présumé innocent ».

Ce qui est ridicule dans cette affaire, c’est que la fiche » S » est un document des sécurités intérieures qui contient des données personnelles très précises : un état civil complet, un signalement et une photographie, les motifs de la recherche, ainsi que la conduite à tenir en cas de découverte de l’individu. La fiche est destinée à attirer l’attention de la police si l’un des fichés est interpellé ou simplement contrôlé, pas plus. Très franchement, si un seul policier en poste dans l’île – et particulièrement les services de renseignement – ne connaissent pas Félix Benedetti, il est temps pour lui de changer de métier.

Mais en fait, qu’est-ce que ces fiches « S » et quel rapport avec la Corse ? En 2015, après les attentats de Paris, plusieurs personnes ont été interpellées en France et en Belgique. Au fil des jours, les auteurs de ces attaques sont identifiés et certains étaient fichés « S ». En Corse comme ailleurs, des personnes soupçonnées d’islamisme radical étaient fichées « S ».

La fiche « S » est l’une des 21 catégories d’un vieux fichier de police crée en 1969 et intitulé Fichier des personnes recherchées (FPR). Une immense base de données qui recouvre plus de 400.000 noms, du simple militant anarchiste au terroriste présumé. La fiche « S » (pour Sûreté d’Etat) est censée regrouper les individus les plus sensibles et les plus dangereux : ceux qui sont soupçonnés d’avoir un lien avec la mouvance terroriste et menacent la sûreté de l’Etat.

La fiche « S » comporte 16 niveaux qui vont de « S 1 » à « S 16 », par exemple, Mohammed Merah était en degré 5 avant la tuerie de mars 2012 à Toulouse. La numérotation ne correspond toutefois pas au degré de dangerosité de l’individu fiché, mais plutôt de la conduite à avoir pour les forces de l’ordre s’ils tombent sur ladite personne. Des terroristes présumés aux membres de groupuscules d’extrême droite, en passant par des hooligans, des zadistes ou des militants antinucléaires, le profil des fichés « S » est extrêmement varié, même si aujourd’hui et dans le contexte actuel, il est difficile de ne pas l’assimiler au fichage du radicalisme islamistes. Nous sommes loin du cas Félix Benedetti, même avec une barbe d’un mois. Il y aurait plus de 10000 personnes fichées « S », en France dont plus de la moitié en tant qu’islamistes radicaux ou en lien avec la mouvance terroriste en question.

Les fiches « S » ne sert donc qu’à signaler aux services concernés qu’un individu est lié au terrorisme. On ne va pas revenir sur ce point, je pense avoir donné mon avis plus haut. Toutefois, dans le cas de Félix Benedetti la question du terrorisme reste largement posée. La justice n’a donné qu’un faisceau de preuve à ce propos, et  loin d’être significatif. En effet, l’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste a été retenue car les enquêteurs auraient trouvé dans son répertoire téléphonique le nom de 7 nationalistes condamnés par la juridiction antiterroriste. Alors très franchement, quand on connaît le tissage de la société corse, on peut dire sans rougir qu’avoir 7 nationalistes condamnés par la juridiction antiterroriste dans son répertoire n’est certainement pas un acte délictueux.  Ou alors il faudra condamner toute l’île pour association de terrorisme. D’autant que les 7 nationalistes condamnés étaient tous des personnalités publiques et/ou politiques éminentes. Enfin tout ça pour dire que nous risquons tous de nous retrouver à Cayenne, et qu’il est temps de préparer nos baluchons.

Bien entendu, Félix Benedetti a décidé de ne pas se plier à la contrainte. Il l’expliquait dans la presse régionale, il y a une dizaine de jours : « en tant que militant nationaliste, être taxé de terroriste dans le contexte actuel et se plier à des obligations créées pour surveiller les islamistes radicaux est inacceptable ». Bon pas uniquement pour surveiller les islamistes radicaux, mais quand même l’ombre de Daech n’est pas très loin. D’un point de vue humain et politique, la posture de Félix Benedetti est totalement compréhensible. D’un point de vue stratégique et sociétal on se demande si certains n’ont pas intérêt à mettre le feu aux poudres. La Corse connaît un des rares moment d’apaisement de son histoire contemporaine. Mais ce n’est peut-être pas du goût de tout le monde.

En juillet dernier, trois partis nationalistes et autonomistes se sont réunis à Corte pour constituer un grand parti de gouvernement, souhaité par le président du Conseil exécutif Gilles Simeoni, en vue des élections territoriales de décembre. C’est en tant que groupe que les trois partis autonomistes Inseme, À Chjama Naziunale et le PNC (Partitu di a Naziona Corsa) siégeaient jusqu’à présent à l’Assemblée de Corse sous la bannière Femu a Corsica. Gilles Simeoni annonçait : « Femu a Corsica doit évoluer fortement et rapidement et devenir un véritable parti de gouvernement, adossé à un fonctionnement respirant et démocratique, ouvert à la société civile, présent sur tous les terrains de lutte et d’action ». Suite à l’annonce d’un parti de gouvernement, le conseiller territorial Paul Félix Benedetti (frère de Félix) a annoncé sa déception. Sans rentrer dans la cuisine politique, nous dirons que Rinovu – le parti politique porté par – n’était pas invité à cette date, à l’aventure d’un Parti de gouvernement.

Le cas de Félix Benedetti n’est pas isolé. Le très jeune militant nationaliste Stéphane Tomasini, condamné à 5 ans d’emprisonnement pour une action à la voiture bélier contre la sous préfecture de Corte en 2012, a été remis en liberté en juillet dernier, et a été interpellé ce jour. Oui, la politique et la justice marchent souvent dans les mêmes sillons en Corse, et c’est dommage car les jours de fortes pluies le sillon devient bourbier, voir marécage. Il suffit de suivre les récents rebondissements de l’affaire des gîtes ruraux pour s’en convaincre. Dès lors deux questions restent en suspend : « que rapporte ces garde à vue, et à qui ? ». Comme dirait un ostracisé en Corse en 41 de notre ère : « Le coupable est celui à qui le crime profite ».

VEGAN MARATHON EN CORSE

Découvrir VEGAN MARATHON : site

Jacky Micaelli, un phare dans la nuit

Jacky Micaelli (Magà Ettori - Blog)Ta voix restera tel un phare dans la nuit, guidant, enveloppant, scintillant, essuyant les lames de la vie dans un geste naturel et franc, un rire puissant comme une défense naturelle, une bâtisse inamovible offrant ton corps aux rafales du vent et aux vagues déferlantes. Les pieds ancrés sur notre île, mais regardant toujours vers les horizons lointains, tel ce phare, tu t’es tenue, loin de l’orgueil et des vanités, toujours droite, toujours vaillante, en gardienne du temple, en protectrice de notre culture, en amoureuse de toutes les cultures du monde, de celles qui puisent leurs forces dans les traditions séculaires, mais qui ont l’intelligence de la modernité et la bienveillance des citoyens du monde. Généreuse ?  oui, et bien plus encore. Passionnée au delà de toute raison, tu avais adopté le métissage dans ta vie, dans ton oeuvre, dans ton coeur. Le panachage, le mélange des rites, prenaient pour toi tout leur sens, dés lors qu’il en restait pureté et lumière. Oui Jacky tu savais, et rien n’aurait pu te détourner de ta mission, tu savais pour l’étoile et la lettre, oui Jacky tu savais, aimait, appelait de tes voeux cette nécessaire et salutaire évolution, conduisant les gestes d’hier vers les vérités de demain.  Je me souviens de ce travail de mémoire que nous avons accompli ensemble au moment de « La Révolution Corse », et je t’écoute. Au delà de l’instant, de l’harmonie, des ondes positives, je t’écoute. « Induve sì ? » questionnes-tu, « Induve sì ? » où es-tu ? Ces mots que j’ai écrit pour toi, cette chanson hommage au père de la nation, cette adaptation musicale de la black culture, resteront pour moi comme une lumière dans la nuit, guidant, enveloppant, scintillant, essuyant les lames de ma vie dans un geste naturel et franc, un rire puissant comme une défense naturelle, une bâtisse inamovible offrant mon corps aux rafales du vent et aux vagues déferlantes.

Magà Ettori, 16 sept. 2019

Cruauté animale, une pyromane aux confins de la bêtise

Depuis plus d’un mois la Corse est en flammes. Les sapeurs-pompiers insulaires ont adressé une lettre ouverte aux habitants et aux incendiaires afin d’exprimer leur lassitude, leur fatigue, leur colère, leurs inquiétudes. Ils lancent un appel à la population et alertent sur la tournure dramatique que pourrait prendre le départ de nouveaux incendies : « Devant les conditions météorologiques actuelles, tenant compte de la recrudescence des mises à feux dévastatrices de ces derniers jours, les sapeurs-pompiers de la Haute-Corse tiennent à exprimer leur révolte, leur inquiétude et actionnent la sirène pour que chacun entende, mesure, comprenne et agisse. Soumis à une pression constante et interminable, nous vous alertons sur notre écœurement, notre épuisement, notre surexposition humaine et matérielle et pour vous faire prendre conscience que nous sommes en danger. Nous les intervenants, mais également les citoyens, les résidents et les touristes. Nous sommes en danger car même le moindre départ de feu insignifiant peut aujourd’hui prendre des tournures dramatiques, il peut tout détruire et il peut tuer. Nous profitons de l’occasion pour vous remercier de vos nombreux témoignages de soutien et de solidarité. Mais au delà, aidez-nous à faire en sorte que la pression ne soit pas seulement supportée par les acteurs de la sécurité civile, par les élus de proximité et les populations. La pression doit changer de camp, elle doit peser sur ceux qui détruisent la Corse par le feu et qui préparent les catastrophes induites, des dégâts des eaux de l’automne.  Enfin, à 48 heures d’un coup de vent nous lançons un appel à toute la population, bienveillante à notre endroit depuis toujours : Nous avons besoin de vous. Votre rôle dans la surveillance active et la dissuasion des incendiaires reste irremplaçable, essentiel particulièrement dans une société de citoyens engagés et responsables que nous appelons tous de nos vœux ».

Et vous savez quoi ? C’est le moment ou la plus bête des retraités de la planète entre en scène, une ancienne bidasse en manque de coups de feu. Vers midi dans un talus de petit maquis et d’herbes sèches, situé dans le quartier de Pietralba à Ajaccio, à proximité immédiate d’immeubles et de commerces un incendie se déclare. Le feu progresse rapidement, dégageant un important panache de fumée et soulevant l’inquiétude des très nombreux riverains. Les pompiers sont rapidement mis en place, en protection des premières habitations avoisinantes. Deux Canadairs sont envoyés sur les lieux, rejoints par un troisième appareil. A 13h, l’incendie est déclaré fixé. La superficie brûlée est de huit hectares. A l’origine du sinistre, un pétard. Une ancienne militaire de 69 ans, qui promenait son chien dans le quartier, a lancé un pétard pour déloger sa chienne d’un buisson, ce qui a mis le feu à la végétation. La pyromane (si, si, pyromane personne n’est aussi stupide et personne ne se promène avec des pétards), … la pyromane a donc écopé de trois mois de prison avec sursis et 3000 euros d’amende. Elle a affirmé à la barre avoir voulu faire sortir sa chienne qui s’était réfugiée dans un buisson : «Comme celle-ci n’est pas obéissante, j’ai jeté un pétard pour l’effrayer». Dans son réquisitoire, le procureur de la République s’est montré très ferme, demandant 2 mois de prison avec sursis, 18 mois de mise à l’épreuve, l’indemnisation des victimes ainsi que l’interdiction de se rendre sur les lieux. Peut-être que le procureur de la République aurait du alourdir la peine de cette pyromane qui a atteint les confins de la bêtise. En effet, la personne qui commet un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité doit être puni de : 2 ans de prison, et 30 000 € d’amende et le juge doit prononcer, à titre complémentaire, l’interdiction définitive ou provisoire de détenir un animal. Le procureur de la République voulait peut-être éteindre un incendie à la fois, ou alors il estime que ce n’est pas si grave de jeter des pétards sur des êtres vivants doués de sensibilité (Code civil – 515-14). Qui sait ?

Magà Ettori, Bastia, 10/08/2017