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au bout du bout

course pieds nusCe matin j’ai couru 10 km, après une nuit blanche, pieds nus alors que je suis à mon quatrième jour de jeûne hydrique. Pourquoi tant de haine me direz-vous ? C’est tout le contraire justement, je déteste me faire mal. Alors pour ne pas me faire mal, je teste mes limites. Pas en forçant, mais en me dépassant tout en étant bien attentif aux signaux de mon corps. Ce n’est pas une expérience que je recommande, ce n’est pas un mode de vie que je suis souhaite adopter pour toujours, c’est juste une exploration de mes possibilités, pour ne pas aller trop loin quand le moment sera venu.

Après une nuit blanche pourquoi ? Disons que certaines épreuves d’endurance se courent dans ces conditions, mais la vraie vérité c’est que j’ai travaillé toute la nuit sur le scénario de mon prochain film.

Pour le jeûne hydrique je m’expliquerais dans un prochain article, mais pour l’instant je n’en retire que des bénéfices.

E n ce qui concerne la course pieds nus, disons que j’ai eu envie d’essayer ce que fera un personnage de mon prochain film.  A force de l’imaginer courir à la sauvage, je me suis rappelé mon enfance dans le maquis. A l’époque je ne connaissais ni les termes « chaussures minimalistes » ni « fives fingers », mais je courais quand même pieds nus.

Et vous savez ce qui s’est passé ? Rien ! J’ai couru aussi vite que d’habitude (8,3 km/h comme mon dernier semi), à la même cadence, sans me blesser. Quelle conclusion en tirer ? Je ne sais pas encore, je vais y réfléchir après une bonne « nuit » de sommeil. Ce que je peux en dire pour l’instant, c’est que tant que les équipementiers continuerons à faire de belles chaussures il n’est pas question que je me passe de ce confort et encore moins de mes semelles sur mesure. Les sauts de cabris par-dessus les tessons de bouteilles, et les appuis sur les grosses caillasses ce n’est n’est plus pour moi. Je veux bien aller au bout du bout, mais je ne vous raconte pas le nettoyage et comme le répète inlassablement Murdoch : « J’ai passé l’âge de ces conneries ».

course pieds nus 2

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Les raisons de la victoire


Je ne vais pas faire durer le suspens, une vingtaine de jour après le marathon de Paris, j’ai couru aujourd’hui le Marathon de Senart en 5h20 ! Vous ne voyez pas l’exploit ? Je vous suggère la re-lecture de mon premier Marathon de Paris en 6h32 puis du second Marathon de Paris en 6h14. A ce rythme là, je vais certainement, pouvoir participer au Jeux Olympiques de 2050. Plus sérieusement avec mes 110kg, je ne pouvais pas espérer mieux. J’ai conscience d’être arrivé à mon maximum de mes possibilités (avec ce poids), donc je très très heureux de cette performance. La suite passera nécessairement par une nouvelle perte de poids… super, un nouveau challenge.

Alors pour revenir au titre de l’article, à part l’emprunt à Steinbeck (The Grapes of Wrath), je dirais que les raisons de la victoire sont plus qu’évidentes : une relation de confiance avec un grand professionnel (mon coach et ami Thierry, Conseiller technique de VEGAN MARATHON), une régularité sans faille à son programme pendant 25 mois, une cause pour laquelle je suis fortement engagé (l’exploitation animale), et une tribu ou plutôt un CLAN qui me donne la gnaque au quotidien. J’ai oublié quelqu’un d’important ? Mes plus humbles excuses, c’est le martèlement pendant 42,195 km qui me trouble, ou la fatigue.

La régularité sans faille, c’est ma qualité N°1 quand je m’engage, je m’engage. Une fois sur les rails, c’est un remake de « Unstoppable » de Tony Scott mais avec un conducteur à bord. Mon défaut c’est l’absence de lâcher prise et la difficulté à déléguer qui en résulte. Organiser/participer à un tournage, trois conférences, deux salons et un marathon (si vous ne voyez pas de quoi je parle, je vous suggère la re-lecture de mon second Marathon de Paris en 6h14), c’était peut-être un peu beaucoup, même pour moi. Mais avais-je vraiment le choix ? Certainement, vu le nombre et la qualité des membres de VEGAN MARATHON, j’aurai pu mieux faire. Mais que voulez vous ? Nul n’est parfait.

En conclusion, ce Marathon de Sénart est une belle performance pour votre dévoué serviteur, mais ce fut surtout une grande et belle joie pour l’orpailleur de relations humaines que je suis. J’ai pu constater que les organisateurs de ce marathon étaient d’une grande sincérité et d’une immense bienveillance. Résultat, toute la manifestation est d’une grande sincérité et d’une immense bienveillance. Vous comprendrez que j’étais à mon affaire aujourd’hui. J’ai cultivé et rendu les applaudissements et les signes d’amitiés par brassées et je suis certain que cet engouement à ajouté une raison supplémentaire à cette belle victoire, dont je suis très fier.

Double marathonien, quel chemin parcouru

Ce qui restera à jamais gravé dans ma mémoire ? J’ai initié VEGAN MARATHON (la plus grande équipe de runners véganes et végétariens), et j’ai porté nos 44 champions jusqu’au Finish du Marathon de Paris 2018 ! Voilà ce qui me procure une joie incommensurable. Toutes les runneuses et les runners qui se sont présenté.e.s à cette course mythique sont tou.te.s Finishers. Mon objectif a été atteint, et je suis très fier du résultat de l’équipe. La team VEGAN MARATHON compte désormais 44 marathoniens supplémentaires. Ce n’est qu’un début.

Quant à moi, je suis double marathonien. En tant que sportif, j’ai vécu cette performance comme un rêve. J’ai couru tel un somnambule 44 kilomètres d’affilés, sans même m’en rendre compte. Comment ? Suivez-moi dans ce récit.

L’aventure collective a commencé, quand s’est achevé mon challenge personnel le 9 avril 2017. L’année qui suivit fut un véritable tsunami pour le développement de VEGAN MARATHON en tant que structure associative. L’Ong est à présent ancrée dans 18 pays. La vague s’est glissée sous mes pas alors que je passais la ligne du marathon, s’est élevée délicatement et m’a emporté jusqu’à des sommets vertigineux. Ce qui en terme moins poétique, se résumerait par des milliers d’heures de travail, de contacts, d’échanges, de discussions, de constructions, de réflexions, de réalisations.

Au lendemain de ma course, VEGAN MARATHON enregistre un nombre d’adhésions sans précédent. De nombreux athlètes s’inscrivent pour participer au Marathon 2018 aux couleurs de VEGAN MARATHON, des coaches viennent nous aider, une bonne vingtaine. La partie n’est pas gagnée pour autant. Malgré les conseils de nos coaches, et les encouragements du CLAN VEGAN MARATHON, beaucoup de runners n’iront pas au bout de leur préparation. Pourquoi ? Pour être direct, je dirais que certains n’ont pas eu la régularité nécessaire à ce type de préparation, et que d’autres ont été blessés. Dans ce cas-là il n’y a rien à dire, c’est la loi du sport et des compétitions. Il faut être prêt le Jour J, si ce n’est pas le cas vous manquez la compétition. Peu importe votre niveau, votre talent, vos compétences, la seule vérité de la compétition c’est d’être performant le jour de la compétition.

Alors que les athlètes se préparaient, chacun à sa manière, l’association grandissait. Sport et véganisme, le cheval de bataille de VEGAN MARATHON était au centre de l’attention générale, et j’en  étais le premier surpris. J’ai donc décidé de m’investir un peu plus dans cette aventure. J’ai repoussé tous mes films en cours (au grand désespoir de ma production dont les caisses allaient fondre comme neige au soleil) et m’atteler à la tâche. Comme à l’accoutumée ma famille m’a suivi dans mon engagement, à commencer par mon épouse qui s’est mise en disponibilité. Nos ami.e.s et de nombreux membres de l’association se sont investis également, certain.e.s au delà du raisonnable. Et le résultat  fut à la hauteur de nos espoirs.

Mes entraînements se sont poursuivis pendant un an, avec une régularité métronomique. J’ai progressé, un pas après l’autre. Je me suis battu, je n’ai rien lâché, ni les soirs de désespoir, ni les matins endoloris. Cette année l’hiver n’en finissait plus et la météo ne m’a pas facilité le travail. Un matin, alors que Paris affichait son plus beau ciel béton, le froid ressenti était de -15°. J’ai fait un peu mon méditerranéen, mais j’ai fini par sortir de la maison. Faisant fie du froid, de la pluie, de la neige et du vent, je suis quand même parti courir mes 30 km. J’avais l’impression que tous mes muscles étaient de pierre. Trempé, refroidi, retrempé, re-refroidi. Je mes suis arrêté deux fois, craignant chaque fois de ne plus avoir assez d’énergie pour repartir. A la première halte, j’ai acheté un autre bonnet (sec) dans une boutique de souvenir rue de Rivoli, à la seconde un cornet de frites chez un marchand ambulant. Franchement, le meilleur cornet de frites de mon existence et ce bonnet, quelle bonheur. Je suis reparti à chaque fois, et je suis arrivé au bout de mes 30km.

Il y a eu aussi de grandes joies, comme pour le Semi de Boulogne. Entre 2016 et 2017, Thierry Pistorozzi (conseiller technique de VEGAN MARATHON) m’a préparé pour le marathon. Il s’agissait pour nous d’une course d’endurance. Je ne partais pas pour 42,195 km mais pour un marathon entre 5 et 6 heures. Après mon premier, marathon, pour me permettre de participer au semi de Boulogne, Thierry a entrepris de modifier ma façon de courir. Le règlement imposait de finir les 21 km en moins de 2h45. J’y suis arrivé en 2h30, soit une moyenne de 8,6km/h. Juste parfait. Fort de cette réussite, je me suis carrément envolé lors des entraînements qui ont suivi cette course, pour atteindre des moyennes entre 9 et 10 km/h sur des distances de 6 à 15 km. Je crois que pas mal de choses sont dans la tête. Bon dans le corps aussi. J’ai fait toutes mes courses depuis 25 mois avec un surpoids de 40kg. C’est exactement comme si un coureur amateur, commençait à courir à 45 ans, mais qu’il avait décidé de courir avec un sac de ciment sur le dos. Il faut être un peu fou ou très engagé. Un jour un ami m’a même « traité » d’extrémiste, ce qui m’a fait sourire. Eternel apprenti, je pense me situer à l’opposé d’un extrémiste, pourtant son raisonnement m’interpelle : « comment appelles-tu un homme de 45 ans, qui pèse 110kg et qui court le marathon le pied cassé ? Tout ça pour sensibiliser à la cause animale… un extrémiste « .

Oui bon, un extrémiste c’est un peu forcé le trait, d’autant que je cours aussi pour ma santé. C’est vrai que JE DETESTE COURIR, mais quelle incroyable, quelle fabuleuse, quelle magnifique histoire que celle de ce corps qui s’auto répare. Repousser les limites grâce au sport, et se rendre compte que l’on est capable de se guérir soi-même, là où la médecine a été impuissante. Depuis un an, je ne porte plus de masque à oxygène, après 10 ans de galère c’est un grand soulagement. La santé morale aussi est importante, et c’est ce que m’offre VEGAN MARATHON. A l’aulne de mon vécu, je mesure les progrès que font les autres membres du CLAN. Eux aussi s’engagent, eux aussi se dépassent, puis racontent leurs propres aventures dans VEGAN MARATHON MAGAZINE. Je crois que ces histoires positives sont bonnes pour mon psychisme, me motivent et me rendent meilleur. Janette et Alan Murray on été ma première source d’inspiration. J’ai à mon tour inspiré de nombreuses personnes, qui inspirent à leur tour d’autres personnes, dans un grand cercle vertueux. Quand je suis arrivé dans la dernière ligne droite du marathon j’ai vu tous nos ami.e.s (sauf Maïté on ne voyait que le bout de son nez par-dessus les barrières), j’ai aperçu Pépi et Jocelyne dans les mascottes et il m’est revenu en tête cette phrase que Jocelyne avait eu devant nos caméras : « VEGAN MARATHON c’est le nom d’une association, le nom d’un clan, le nom d’une famille, le nom de ma famille ». Comment ne pas donner le meilleur de soi-même face à un tel niveau d’engagement ?

Un marathon avant le marathon

Dernière ligne droite. Nous sommes le 3 avril 2018, il est 4h30 du matin et j’écris dans AGORA (le groupe facebook de VEGAN MARATHON) : « J-5 #VeganMarathon ». Le ton est donné.

Aujourd’hui, nous tournons avec Janette et Alan une séquence de Finisher au superbe stade le Gallo de Boulogne-Billancourt. Pierre-Christophe Baguet, le maire nous a soutenu pendant tout ce tournage. Je dois avouer que c’est le dynamisme et le bienveillant soutien d’Isabelle Dapremont (conseillère chargée du Rayonnement Culturel de la Ville) qui m’a convaincu de faire une grande partie du tournage dans cette ville, bordée par le bois de Boulogne. A l’origine nous avions prévu un tournage dans le 16e arrondissement de Paris, mais les élus de cet arrondissement n’étant pas des foudres de guerre, nous avons pris la direction de « Boulbil ».

Ce tournage est l’occasion de constater une fois de plus les qualités de nos membres. De Gabrielle notre doyenne runneuse de VEGAN MARATHON (94 ans) à Camille, en passant par Lionel, Etienne, Maité (qui courait pour la première fois depuis des années), et bien entendu Alan et Janette, toute les interviewes sont hyper intéressantes. Alan et Janette sont très à l’aise devant les caméras. Alan est un peu plus en réserve. Janette est vive, expansive, colorée, rayonnante, solaire. Un caractère qui lui a permis de faire une farce à la faucheuse quand on lui a prédit 6 mois à vivre. C’était il y a 15 ans, avant que ce couple hors normes ne court 366 marathons en 366 jours.  J’ai hâte de faire découvrir les images de Finisher. Le film sortira le 10 avril prochain, 4 jours avant le marathon de Paris 2019.

« J-4 #VeganMarathon », nous lançons notre nouveau projet : l’Institut du Sport et de l’Alimentation Végétale (INSAVE). Encore un rude challenge en perspective. Avec ce lieu que nous souhaitons créer en Ile de France, nous espérons vraiment pouvoir aider les véganes à devenir sportifs et les sportifs qui le souhaitent à devenir véganes. Il faut quand même se dire que 38% des français se présentent comme flexitariens et 5% comme des véganes. C’est dire l’ampleur de ce mouvement qui est appelé à grandir encore sous l’impulsion des sportifs (64% de la population française). J’ai le pressentiment que l’INSAVE sera d’une importance capitale dans les années à venir.

« J-3 #VeganMarathon », le salon du Running ouvre ses portes, c’est juste impressionnant. Toutes les marques sont là, le temple du Running brille de mille feux et VEGAN MARATHON est partenaire officiel de ce salon et du Marathon de Paris. Dans ce domaine aussi, quel chemin parcouru en un an. Charlotte Duthu, Olivia Charlet, Magali Paris et Yves Douieb, nos Vg-Coaches sont là pour conseiller les visiteurs du salon avec des séances de coachings individuels sur le thème de l’alimentation végétale et du sport. Yves donne un magnifique cours collectif : le défi cardio Vegan Marathon. Sur scène il est accompagné par Yohan et ma fille Ondalina. Ariakina mon autre fille, filme tout ça avec brio. Elles sont toutes les deux à leur affaire. Dans les participants à l’entraînement, on notera la présence de Janette Muray et d’une abeille géante qui fait du Show-Beebiz.

« J-2 #VeganMarathon », nous revoilà au salon du Running. La tenue et la qualité de ce salon sont proprement stupéfiants. Rien n’est laissé au hasard pour accueillir près de 100000 visiteurs. Sur le Stand Maïté, Patricia et Maxime sont à la barre. A 19h nous sommes conviés à intervenir avec Janette et Alan pour un conférence intitulée : « Life is a marathon », le crédo de VEGAN MARATHON. Quasi aphone, je plaisante avec mon auditoire en mimant un remake du parrain. Chancia en brillante traductrice se fait le relais des propos de Janette et Alan. Andreas de chez ASO s’assure du bon déroulement de la conférence. Avec Julie et Camille ils sont nos interlocuteurs pour tout ce qui concerne la logistique du salon. Tous les trois sont très professionnels et le salon se déroule à la perfection, qu’ils en soient ici remerciés. Toutefois, le maître d’oeuvre de ce partenariat est Thomas Delpeuch. Sa gentillesse, son dévouement à son entreprise, ses connaissances techniques, et sa passion pour son métier ont été des alliés précieux.

« J-1 #VeganMarathon », le salon du Running ouvre ses portes pour le dernier jour. Magali, Xavier, Etienne, Maé, Benoit vont renseigner les salonniers et collecter les adhésions pendant que nous filons au salon végane du 104, dont nous sommes également partenaires. Là nous sommes sur une autre échelle. Nous sommes loin de l’organisation sans failles du salon du Running. Pendant les semaines qui ont précédé ce salon végane, nous avons été de loyaux partenaires. Nous avons communiqué largement sur le salon, envoyant nos militants aux 4 coins de l’île de France pour déposer plusieurs milliers de flyers, sans parler des articles dans VEGAN MARATHON MAGAZINE et des réseaux sociaux. Un dévouement qui ne semble pas avoir touché les organisateurs du salon, puisque le retour a été un peu ingrat.

La veille Yves qui installait notre stand au 104 me téléphone pour me dire : « tu sais, ils nous ont mis dans une cave. Les visiteurs ne peuvent pas nous trouver ». En arrivant dans le salon, je constate que Yves n’en a pas rajouté. La fête fut plus maussade, d’autant que les problèmes logistiques se multipliaient. La journée fut difficile et je quittais le salon fatigué et de très mauvaise humeur. Le temps de ranger le matériel et nous voilà tirant avec plusieurs militants un chariot de 5 mètres. Cela faisait 20 heures que j’étais sur le pied de guerre, et je n’ai pas eu le reflexe de le retirer (le pied), quand l’immense chariot me roula dessus. Bien entendu à l’endroit précis de la cassure. J’ai fermé les yeux, j’ai respiré, respiré, respiré, j’ai poussé le chariot sous le regard désolé de mes camarades, et nous sommes rentrés chez nous. A une heure du matin, j’étais enfin dans mon lit, pensant au marathon et la chaîne humaine. Je m’endors comme une masse pour 3h30.

« Jour J #VeganMarathon », à 4h30 je suis tiré du lit par la sonnerie du téléphone. Un coureur est bloqué par la grève des trains et me demande de l’aider. A 7h30 j’ai reçu au moins 200 coups de téléphone de ce type, emails, et textos. Les requêtes sont incessantes. C’est là que les qualités d’organisatrice de mon épouse font la différence. Nous arrivons à répondre à tout le monde, aussi bien aux participants de la chaîne humaine qu’aux runners de VEGAN MARATHON. Un premier exploit.

A 7h45, avec mes filles et mon épouse, nous rejoignons une partie de l’équipe de tournage de Finisher au rond-point des Champs-Elysées, mais aussi des runners et des militants de VEGAN MARATHON. Dans l’équipe du matin, si certains ne sont pas venus de trop loin (Maité, Jocelyne, Emilia, Brice, Xavier, Caroline, les K&M) d’autres ont fait un voyage « fort fort lointain » (comme dirait Shrek) pour participer à la chaîne humaine ou pour courir au couleurs du clan, à l’instar de Bastien (Toulouse), Gisèle (Lyon), Laurence (Corse), Gabrielle (Suisse), Pépi et Inès (Belgique) et bien entendu  nos champions du monde Janette et Alan (Australie). En réalité dans les 44 runners nous avons des runners de toutes les nationalités.

A 8h10, le AIO, notre cri de ralliement résonne sur une des plus belles avenues du Monde, puis nos supporters s’installent au niveau du métro Franklin Roosevelt pour donner de la voix au passage des 50000 coureurs. Les 44 runners de VEGAN MARATHON ont rejoint leurs SAS de départ et les départs vont se faire par vagues successives. J’ai choisi le SAS des 3h30. Oh non pas que j’ai la prétention de faire le parcours dans ces temps,  mais en partant avant, j’espère pouvoir prendre de l’avance et m’occuper de tout le monde. D’ailleurs le téléphone n’arrête toujours pas de sonner. Sur les photos que je verrais plus tard, Patricia et moi avons souvent un téléphone collé à l’oreille. Alors que je m’apprête à m’élancer, c’est Pauline qui me téléphone, la présidente d’Info Végane. Elle n’arrive pas à rejoindre le lieu de rendez-vous. Nous sommes partenaires d’une dizaine d’associations de la cause animale qui ont prévu d’encourager les coureurs, en se plaçant à des endroits stratégiques du parcours du marathon. En définitive, ce choix – dont je suis responsable – allait s’avérer catastrophique. Le salon végane du 104 se poursuivant le dimanche, certaines associations qui nous avaient soutenu pendant un an ont fait le choix de ne pas venir à notre point de rendez-vous mais plutôt d’aller au 104. D’après ce que j’ai compris, elles étaient en manque de militants pour être sur les deux sites à cause de la grève des transports. D’autres associations étaient présentes mais n’avaient ni banderoles, ni rien de suffisamment visible pour nos runners. De fait elles étaient noyées dans la foule, comme j’ai pu le constater par la suite. Mené par Laurent Simonpietri, L214 a bien entendu une visibilité supérieure aux autres structures, orange is a new black.

A quelques secondes du départ, je prend un long moment pour moi. Je fais le point sur mon état de santé juste avant le départ. J’ai un peu de mal à respirer, à cause d’un refroidissement qui semble être tombé sur les poumons. Depuis trois semaines, j’ai le nez bouché et mal à la gorge. A telle enseigne que j’ai fait mes deux conférences les jours précédents complètement aphone. Les conférences ont été filmées, et ont n’entend à peine le son de ma voix. Si nous utilisons un jour ce document filmé, il va falloir le sous-titrer. Je continue mon introspection. Je me suis tordu la cheville gauche en septembre dernier, et elle est toujours douloureuse depuis. Enfin le pied droit me lance (celui qui est passé sous le chariot), j’ai l’impression de sentir mon coeur contre le bord de ma chaussure. Je me dis qu’en définitive tout ça n’est pas trop grave, et que l’année précédente c’était bien pire avec mon pied cassé. De toute manière mon téléphone sonne, et le départ est donné. Je m’élance, et dévale à toute vitesse les Champs-Elysées. Je vois nos supporters, et surtout j’entends Gisèle qui crie sans discontinuer dans son mégaphone : « VEGAN MARATHON AIO, VEGAN MARATHON AIO,  VEGAN MARATHON AIO,  VEGAN MARATHON, AIO… ». La voix s’éloigne.

Mon téléphone sonne, je répond en courant, il s’agit d’un membre de VEGAN MARATHON qui veut entrer dans le salon végane du 104, je le renseigne. Un double appel, et c’est un runner qui cherche comment entrer dans son SAS. Je lui explique comment y aller. Les appels se succèdent, et j’ai l’impression d’être un standard téléphonique. Cela  semble amuser certains runners mais d’autres beaucoup moins. Je cours avec des personnes plus rapides que moi, et en plus je suis pendu au téléphone. J’essaie de ne pas les gêner mais c’est carrément impossible, ils me poussent et me déborde alors que j’ai l’épaule collée contre un mur. J’ai l’impression d’être Simba emporté par un troupeau de buffles. Franchement c’est plus agréable de courir avec des personnes de son niveau. Et je ne parle pas des ravitaillements, où je suis témoin de scènes complètement grotesques. Des runners qui prétendent faire un marathon en 3h30 (donc pas des pros) et qui sont d’une agressivité incroyable. Au premier ravitaillement, deux athlètes en sont pratiquement à se battre, c’est vraiment ridicule. Qu’est-ce que ce serait s’il y avait des enjeux.

Arrivé à mi-course, c’est-à-dire au niveau de Bastille je n’ai pratiquement pas lâché mon téléphone. Et pire (ou mieux) je ne me suis même pas rendu compte que je courais. Certes les quintes de toux me gênent de plus en plus, oui la chaleur commence à grimper, mais le bon point c’est qu’avec cette intense activité téléphonique, je n’ai pas fait attention que j’avais vraiment mal au pied. Comme l’année précédente j’ais des lames qui s’enfoncent dans le pied droit (celui du chariot), mais je ne fais pratiquement pas attention à la douleur. Mon esprit est ailleurs. Je continue à téléphoner pour savoir, si tout le monde est parti, si nous n’avons pas d’abandons, si nos élites se rapprochent de la fin du parcours. Ma pensée est à tout autre chose que la course. Si j’avais discuté avec mon coach à ce moment-là, il m’aurait certainement dit que je ne courais pas en pleine conscience, que mon esprit n’était pas à ma tâche. Et pourtant si. Ma tâche n’était pas de faire un record personnel au marathon de Paris, ma tâche était de porter mes 44 runners au Finish, et j’étais complètement concentré sur ma tâche.

Le reste du Marathon s’est déroulé comme si je courais dans de la ouate et que j’avais enclenché le pilote automatique. Quand j’avais trop mal je marchais, quand ça allait mieux physiquement je courais, sans plus.

Je suis arrivé au bout de mes 6 heures de course comme ça, sans vraiment m’en rendre compte. A l’arrivée les membres de VEGAN MARATHON et les autres associations sont là, pour nous encourager dans la dernière ligne droite. Un petit passage pour saluer mes ami.e.s, et je file en direction de la ligne finale. L’émotion est immense, mais mon inquiétude est pour nos runners qui ne sont pas arrivé.e.s. Je donne rapidement une interview pour une TV, et j’explique que je vais retourner pour aller chercher les derniers coureurs de VEGAN MARATHON comme j’avais prévu de le faire. Anne So arrive, elle pleure et tremble, pensant ne jamais pouvoir finir le marathon. Elle est vraiment touchante.

Janette et Alan arrivent à leur tour, main dans la main (comme ils le font depuis 50 ans) Finisher de leur 500e marathon. Je suis très fier de les voir courir aux couleurs de VEGAN MARATHON. Nous allons rapidement prendre une photo avec les autres runners-finishers de VEGAN MARATHON et nos fidèles. Certains runners sont déjà partis, épuisés par leurs efforts. Alors que nous nous lançons dans un énième « AIO » je me rappelle que l’an dernier j’étais le seul à porter le maillot de VEGAN MARATHON, quel chemin parcouru, mais quel chemin parcouru…

42 runners sont rentrés, j’ais pratiquement gagné mon pari. L’avant-dernière est Camille. Je la rattrape quand elle sort du Bois de Boulogne, et je la suis dans sa course finale avec Alex son fiancé. D’autres membres de VEGAN MARATHON sont avec nous, et nous l’encourageons. Dans le lot, il y a Karine qui porte un sac de bouteille en plastique (presque) aussi grand qu’elle. VEGAN MARATHON, pour aider le Marathon de Paris a proposé aux organisateurs d’intervenir dans le ramassage de bouteilles. L’année dernière j’avais pu constater que c’était extrêmement difficile de compter uniquement sur le civisme de 57000 runners. Le Marathon avait pourtant très bien fait les choses, il y avait des bacs de recyclage jusqu’à 700 mètres après les ravitaillements. Rien n’y fait. Certains runners trouvent le moyen de balancer les bouteilles ou les restes des ravitaillements n’importe où.

Karine soutenant Camille, avec son immense sac, toute petite à côté d’Yves reste une des images que je garderais du marathon (et à mon avis dans le film Finisher). Comme je n’arrivais plus à mettre mes chaussures, je cours pieds nus sur les pavés parisiens. Camille tremble de tous ses membres, et je sent l’émotion nous submerger quand elle a franchit la ligne d’arrivée. Je m’arrête deux mètres avant la ligne, pour lui laisser savourer sa victoire, puis nous sommes tombés dans les bras les uns des autres.

Le compteur du Marathon tourne toujours, mais les grilles sont fermées. Patricia Prêt (la dernière runneuse n’arrive toujours pas. Je croyais qu’elle avait jeté l’éponge. Quand elle est apparaît soudain au rond-point de la porte Dauphine, je crois à un miracle. Patricia d’une façon très mystérieuse a réussi à passer la sécurité. Cette fois-ci c’est certain il y a un miracle du marathon ! Vu que j’étais de l’autre côté de la grille, nous courons tous les deux les 200 derniers mètres. Elle est poursuivie par une personne de la sécurité, mais elle arrive au bout de sa course. Notre 44eme runneuse passe la ligne d’arrivée.

Je regarde ma montre qui indique 44 km. C’est décidément le chiffre du jour, même si je ne sais pas comment c’est possible de courir 44 km alors que le parcours fait 42,195 km. Enfin si je sais, il suffit d’avoir couru le marathon avec un téléphone à la main, d’avoir pas mal zigzagué, et enfin d’avoir ramené comme je l’avais promis toutes nos ouailles au bercail. Si j’ai apprécié ce marathon ? Comment dire ? C’est au delà de ça. J’ai effectivement ressenti plus de joie après l’arrivée de la dernière runneuse que pour ma propre course, car je savais que cela récompensait un an d’efforts communs. En ce qui me concerne, j’avais tout de même un petit regret. Certes j’avais obtenu ce que je voulais avec nos 44 runners, mais que dire de ma propre course ? Cette course où tel un ange je sautillais de nuage en nuage avec ma lyre, pardon avec mon téléphone à la main, avait un je ne sais quoi d’injuste pour ceux qui m’ont accompagné dans mes efforts sportifs, et en premier lieu mon coach.

J’ai le sentiment, que nous n’avons pas été récompensés pour nos 25 mois d’entraînements. Pas tellement au niveau de mon temps, mais plus au niveau de mes sensations. Je suis bien incapable de raconter mon marathon dans le détail, car en fait je ne l’ai vécu que par procuration. Et je n’aime pas avoir de regrets. C’est pourquoi, j’ai décidé de refaire un marathon immédiatement après. Il s’avère qu’il y a un marathon en région parisienne trois semaines plus tard. Mon coach m’a prévenu que je ne suis pas (plus) prêt. Selon lui, il aurait fallu que je m’arrête une quarantaine de jours pour repartir de plus belle. Je sais qu’il a raison, mais il m’arrive de défier la raison. Selon mon coach je vais faire au mieux 6 heures, car mon corps n’est pas remis. Malheureusement le marathon de Senart doit être bouclé dans les 5h30, sous peine de ne pas être classé et pire il faut passer les premiers 10km en 1h20 et le semi en 2h45. Ce qui revient à dire que pour entrer dans les clous je dois être au même niveau que pour le semi de Boulogne, c’est impossible. Soit ! J’en accepte les augures, je ne serais pas classé. Je ne vais même pas essayer, je vais juste courir pour moi, et finir en 6 heures.

J’ai pris cette décision de recourir un marathon le lendemain du marathon de Paris. J’avais toujours mal au pied droit, je suis allé passer une radio et je n’avais rien de cassé. Pas d’autres cassures que celle de l’an dernier. Si mon morceau d’os se promène toujours dans mon pied, cela ne justifie pas un arrêt de trois mois comme l’an dernier. Voilà qui était encore une victoire, je vais mieux, dans tous les domaines. En sortant de la radio, je vais faire ma course de « décrassage ». Au bout de 5 km je me suis rend compte de quelque chose de surprenant. Très surprenant même. Alors que ma cheville m’a fait souffrir pendant 8 mois, le lendemain même du marathon toute blessure a disparue. Une prouesse du corps ? De l’esprit ? Je n’en sais rien, mais je vais essayer de comprendre. Voilà une nouvelle aventure intellectuelle et physique qui s’annonce, et quel chemin à parcourir. Comme dirait Gisèle : « VEGAN MARATHON AIO ! »

Le cabinet noir qui dirige la Corse

gun moneyLe procès de l’ex-député Paul Giacobbi (celui qui serrait longuement la main du nouveau président Macron à l’Elysée le jour de l’élection), condamné pour détournement de fonds publics, met à jour l’existence d’un cabinet qui dirigeait la Corse, un de ces cabinets noirs dont est si friande notre démocratie défaillante. Les urnes et les élections n’ont jamais été là que pour la parade. Un cabinet noir, voilà bien un secret de polichinelle. Tout le monde le savait, mais les couards et les opportunistes tenaient leurs langues. Un cabinet noir qui n’a jamais été vraiment dissimulé, tant l’impunité supposée et réelle du clan Giacobbi semblait immense. Faisant partie des rares personnes à m’être réellement érigé contre ce système clientéliste et corrompu de la Giacobbite sphère, allant jusqu’à faire diligenter une enquête par la répression des fraudes, je dois avouer que le déballage judiciaire de Paul Giacobbi et consorts ne me surprend absolument pas. Il y a 14 mois, Paul Giacobbi était condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, lors du procès dit des gîtes ruraux portant sur près de 500.000 euros au profit d’une quinzaine de bénéficiaires. Aujourd’hui Ils ne sont plus que six sur le banc des accusés de la Cour d’appel de Bastia. Cinq condamnés en première instance – Paul Giacobbi, Thierry Gamba-Martini, Pierre-Marie Mancini, Jean-Hyacinthe Vinciguerra, et Marie-Laure Le Mée, et Jacques Costa (relaxé). Jacques Costa et de Pierre-Marie Mancini, respectivement président et rapporteur de la Commission du monde rural qui votait les subventions, rejettent la responsabilité sur le cabinet noir de Paul Giacobbi. « Vous reconnaissez n’avoir jamais exercer de véritable contrôle… Les dossiers, vous les regardiez ? », interroge Véronique Maugendre,  la présidente de la Cour d’appel de Bastia :  » Il n’y avait rien ! Je n’allais pas examiner le rien ! » répond Jean-Hyacinthe Vinciguerra. La Commission en question est celle du monde rural censée valider les aides.  « Ce n’est pas les élus qui décidaient, ni les fonctionnaires. C’était le cabinet ! Si vous vouliez quelque chose, il fallait passer par le cabinet » enfonce Jacques Costa qui  nie avoir déposé un quelconque dossier et renvoie l’intégralité de la responsabilité de l’attribution des subventions sur le cabinet noir de Paul Giacobbi.  Jacques Costa ajoute : « Augustin Viola et Dominique Domarchi ! Mr Viola, c’était le bras droit de Mr Giacobbi.  Je ne sais pas exactement ce qu’ils faisaient. Ils recevaient les élus. Ils donnaient les ordres aux chefs de service et aux directeurs. Le président était souvent à Paris en raison de son mandat de député. C’étaient eux qui disaient aux fonctionnaires ce qu’il fallait faire… ».  Le président était souvent à Paris, et c’est le cabinet qui dirigeait la Corse ? Voilà qui est dit. Un cabinet noir dirige la Corse, circulez il n’y a rien à voir !

Mafia corse, l’amour vache

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A quelques jours de son procès en appel de l’affaire des gîtes ruraux Paul Giacobbi, ex président du Conseil Départemental de la Haute-Corse, président du Conseil Exécutif, et homme fort de la politique en Corse a retrouvé une vache noyée au fond de sa piscine. On ne peut que penser à une réplique du parrain « C’est un message sicilien : Luca Brasi dort chez les poissons », ou alors le passage où Woltz découvre avec horreur la tête ensanglantée de son cheval de course, Khartoum dans son lit. Mais il n’y a aucun lien entre le film et la vache de Giacobbi, c’est certain, ce n’est pas ce que je dis. Il ne faut pas préjuger de la raison pour laquelle cette pauvre vache s’est retrouvée noyée au fond d’une piscine. Sinon c’est la théorie du complot ça monsieur. Les vaches corses sont très particulières et ne correspondent à aucun stéréotype des vaches classiques. Celle-ci voulait sans doute prendre un bain, le hic c’est qu’elle n’avait plus son bikini, mais pour le reste rien d’anormal. Elle est corse on vous dit.

Collectivite Territoriale de Corse -LE-PARRAIN - (blog Magà Ettori)Les histoires de droit commun en Corse, flirtent souvent avec le cinéma, les unes se confondent avec les autres et on ne sait plus faire la part entre la fiction et la réalité. Ce qu’avait fait hurler Cécile Simon, la présidente du tribunal correctionnel de Paris :  « Je vais vous dire. On est dans la réalité, monsieur. Vous n’êtes pas au cinéma. » C’est vrai que dans la fiction, il était Manu. « Un homme de main, un tueur, un professionnel », décrit-il devant le tribunal correctionnel de Paris. « Un bandit, quoi? », interrogeait la présidente. « On peut dire ça comme ça », approuve Frédéric Graziani qui parlera plus loin du souffle de la brise de mer sur le cercle Wagram. Face à ses juges, il évoque « un mélange entre la réalité et la fiction ». On ne sait plus si c’est l’affaire du Cercle de jeu Wagram qui s’invite dans la série « Mafiosa » ou l’inverse. Toujours est-il que deux acteurs de la série, Frédéric Graziani et Michel Ferracci, sont mêlés à ce dossier entre fiction et réalité.

Collectivité Territoriale de Corse - Paul m'a tuer

Alors que nous sommes dans la troisième journée d’audience du procès en appel de l’affaire des gîtes ruraux (article) l’audition de ce matin de Paul Giacobbi était très attendue. Ce dernier a déclaré s’être senti trahi par ses deux proches conseillers de l’époque, Dominique Domarchi et Dominique Viola. « Tout s’est passé à mon insu. Je suis profondément choqué. C’est une trahison », a confié Paul Giacobbi. C’est là que l’on repense à la vache dans la piscine. Il aura fallu l’intervention des gendarmes et des pompiers pour sortir la pauvre victime barbotant pendant plusieurs jours. Les médias ont été surpris que cette histoire d’amour vache mette tant de temps à filtrer. Mais que l’on se rassure, à la fin le message passe bien.

 

 

Ca se corse pour la prostitution

boulogne.jpgIl existe deux sortes de personnes : ceux qui sont corses et ceux qui veulent le devenir, y compris dans le monde de la prostitution ! Un site spécialisé de plaques d’immatriculations (si, si ce n’est pas une blague) a récemment dévoilé son classement des plaques en France. L’espace réservé au département et au logo régional offre un espace de création aux automobilistes : les propriétaires peuvent y placer le duo département/région de leur choix et sans surprise la Corse se fait remarquer. Il s’avère qu’il y a plus de plaques corses que de Corses, pas au point de devancer les numéros 75 (Paris), 13 (Bouches-du-Rhône) et 06 (Alpes-Maritimes) qui sont les plus demandés car ces trois départements sont parmi les plus peuplés, avec 3 des 5 premières villes de France, mais nous sommes quand même pas mal. Au même niveau que les demandes pour des plaques de Parisiens se trouve la Corse du Sud. Avec 3% des demandes, le sixième département le moins peuplé de France métropolitaine (151.652 habitants au dernier recensement) est clairement surreprésenté sur les plaques françaises. Le fondateur du site en question donne plusieurs raisons à cette étrangeté: « Il y a trois phénomènes qui expliquent cette forte demande pour le logo Corse. En premier lieu, le très fort attachement des Corses à leur région, peu importe où ils résident sur le territoire. Apposer la tête de maure sur la plaque de sa voiture serait également un gage de sérénité dans l’inconscient collectif. Enfin, à l’approche de la traversée de la Méditerranée, les automobilistes préféreraient apposer l’emblème de la Corse pour éviter d’être perçus comme des touristes. » Oui mais voilà, même les véhicules (qui n’ont pas passé la mer depuis 10 ans), et qui visiblement ne roule pas tellement, semblent avoir trouver un moyen de corsiser leurs activités, comme j’ai pu le constater cet après-midi en allant courir vers le bois de Boulogne. Oui courir, soyons sérieux…. donc pendant mon run, je n’ai pas pu m’empêcher de repérer et photographier le véhicule d’une galante qui affichait à l’arrière le drapeau corse et le drapeau breton. L’hermine et la testa mora, comme une double garantie de sécurité ? Peut-être, mais les clichés ont la vie dure, eux aussi.

Les animalistes corses tirent (sur) la chasse

florenceUn courant progressiste traverse la Corse dans tous les domaines, et l’espoir semble renaître dans de nombreux secteurs d’activités. Après les sombres et mortifères années de plombs, l’air du maquis supplante enfin les vents marins. Les clanistes ne sont plus aux affaires, et les idées emergent. Annata di ghjanda, i porchi si basgianu dit le proverbe (les années où il y a des glands les cochons s’embrassent), et c’est un peu l’idée, le bien-être bénéficie à tou.te.s, et c’est bien la moindre des choses. Parmi ces idées qui emergent aujourd’hui – et qui ne pouvaient pas exister hier -, il y a celles liées au bien-être animal, à l’écologie, aux droits de l’homme, à l’antispécisme. Oui pèle-mêle, cela n’a pas de sens, mais chacun y trouvera les siens, tant que les intentions sont bonnes et les démarches audacieuses. Un article de Sandra Carlotti dans le Corse-Matin du jour, fait la part belle et offre une tribune bienveillante à Florence Juralina (Parti Animaliste) et Laurence Costantin (Global Earth Keeper), contre les cirques avec animaux et pour,… ohhh fichtre… pour attaquer la sacro-sainte chasse de loisir. Ce n’est plus du progressisme c’est une révolution ! Laissons taire les esprits chagrins qui diront que ce chien devant un ordinateur est une vision anthropomorphiste, voir pire que ce cliché réduit les animalistes à des ultrasensibles qui voudraient donner aux animaux les mêmes droits que les humains. Nous autres animalistes savons bien, que si nous donnions les mêmes droits que les humains aux animaux, ils n’en voudraient pas. Ils ne sont pas fous.