L’Institut Citoyen du Cinéma initie les  »assises du monde animaliste et de la biodiversité »

Abolition tauromachie - assises du monde animaliste et de la biodiversite

Sandra Esteves, Souad Amidou, Marco Vallaud – Photo Christophe Cagnard

Les  »assises du monde animaliste et de la biodiversité » organisé par l’Institut Citoyen du Cinéma se sont ouvertes le samedi 9 janvier 2016 à l’Espace Jean-Dame à Paris, et se poursuivront à Nîmes les 14 et 15 janvier dans le cadre du procès de Rodilhan (1).  

Lors de la cérémonie d’ouverture des  »assises du monde animaliste et de la biodiversité » à Paris, la tauromachie a été symboliquement abolie dans un happening militant  »au nom du peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie. Etaient présents pour cette cérémonie d’ouverture, de très nombreux officiels et des personnalités issues du monde de la politique, de la culture, des médias, de la société civile, des responsable d’ONG ainsi que des militants d’associations de la protection animale, de la biodiversité et de l’environnement. Magà Ettori (cinéaste, président de l’Institut Citoyen du Cinéma) a initié la rencontre en précisant que ces assises se situaient dans le cadre de la COP22 qui se déroulera à Marrakech en novembre prochain, mais qu’il lui avait semblé fondamental – à six jours du procès de Nîmes – de mettre l’accent sur l’abolition de la tauromachie en France. Aziza Nait Sibaha, journaliste spécialisée en politique internationale mais également présidente de l’association Comme Chiens et Chats a ensuite pris la parole pour expliquer les enjeux du monde animaliste pour la COP22, insistant sur l’obligation pour le Maroc de réfléchir en termes de respect et d’éco-tourisme.

Roger Lahana (vice-président du CRAC Europe) et Franck Andrieux (porte-parole du CRAC Europe) ont ensuite évoqué le caractère illicite de la corrida, et le contexte particulièrement difficile du procès de Rodilhan qui porte une charge émotive intense.

La cérémonie d’ouverture s’est poursuivie avec une performance artistique avec Souad Amidou, Sandra Esteves, Marc Vallaud, Zeskiouss, Myke Vangout, au cours de laquelle a été symboliquement abolie la tauromachie, puis par la projection de FAERYLAND (https://www.facebook.com/faerylandlefilm), le film humaniste de la cause animale réalisé par le Magà Ettori.

De nombreuses personnalités et artistes  liés à la cause animale (Matthieu Ricard, Mylène Demongeot, Souad Amidou, Emmanuel Djob, …), et plusieurs centaines de militants ont participé au tournage de Faeryland dont les rôles principaux sont tenus par Yves Duteil et Ariakina Ettori. FAERYLAND est une fiction basée sur une enquête réalisée par l’Institut Citoyen du Cinéma en partenariat avec les grandes associations de la cause animale dans de nombreux pays. Le tournage s’est déroulé de l’Irlande à la Chine en passant par l’Allemagne, la Finlande, les Etats-Unis, l’Afrique, l’Amérique du sud, la  France, la Hongrie, la Corse, l’océan Pacifique, la Méditerranée, la mer du nord. Les décors et les paysages sont somptueux, et les animaux filmés sont des personnages du film.

Après voir été projeté dans le cadre de la 21e Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique (COP21), au sénat en décembre dernier, et au moment de la cérémonie d’ouverture des  »assises du monde animaliste et de la biodiversité », FAERYLAND (ww.faeryland-lefilm.com) sera présenté le 14 janvier au Kinepolis de Nîmes (https://www.helloasso.com/associations/institut-citoyen-du-cinema/evenements/abolition-de-la-corrida-14-janvier-2016-a-nimes) pour une soirée particulière. Les médias et les militants pourront évoquer cette première journée de procès après la projection de FAERYLAND et du clip musical d’Emmanuel Djob également réalisé par Magà Ettori et également en lien avec le monde animal. Emmanuel Djob la star du The Voice 2013, dont l’album vient de sortir et qui donnera un concert exceptionnel le 30 janvier au Zénith de Montpellier.

Le lendemain, pour la seconde journée de procès, l’Institut Citoyen du Cinéma propose de poursuivre les  »assises du monde animaliste et de la biodiversité » au QG des abolitionnistes qui sera installé près du tribunal, face aux arènes. Un nombre important de personnalités du monde animaliste sont attendues à cette occasion pour débattre des enjeux pour la COP22.

Si la 22eme Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique a été évoqué lors du débat qui a conclut la rencontre des assises à Paris, c’est la question de la tauromachie qui est restée au centre des échanges. Le débat animé par deux journalistes de grand talent, Robert Philomé (auteur, journaliste France 24) et Audrey Szebesta (journaliste, association Respectons) s’intitulait :  »La fin de la tauromachie et les nouveaux enjeux humanistes ». Sont intervenus dans ce débat difficile Gilbert Giacomoni (économiste, chercheur associé, Agro ParisTech), Sandra Esteves (militante, activiste) Aziza Nait Sibaha (journaliste, association Comme chiens et chats), Magà Ettori (cinéaste, président de l’Institut Citoyen du Cinéma), Christophe Lepretre (Animavie). Des débats où tous les aspects de la tauromachie ont été évoqués (politique, financements, fréquentation, morale et éthique, caractère illégale, abolition, …). Que ce soit dans les panélistes, ou dans le public l’argument majeur qui a été évoqué est le caractère illégal de la tauromachie qui bénéficie de passe-droit dans douze départements en France. Des débats qui promettent des rencontres passionnantes et passionnées lors du procès à Nîmes la semaine prochaine (https://www.facebook.com/events/989692277762194/).

Si la lecture du texte et la proclamation de l’abolition de la tauromachie (2) par Souad Amidou, Sandra Esteves et Marc Vallaud a donné lieu à une standing ovation (vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=8XXz_MQk7hk&feature=youtu.be), il est probable qu’elle ne soit pas du goût du monde taurin déjà bien en difficulté.

– Jeudi 14 janvier 20h – Kinepolis Nîmes 130 Rue Michel Debré, 30000 Nîmes – https://www.facebook.com/events/989692277762194/

– Vendredi 15 janvier 11h : QG des abolitionnistes – Salle Picasso – Hôtel du cheval blanc – 1 place des arènes – 30000 Nîmes

https://www.facebook.com/events/965356446845894/

 

 (1) Les 14 et 15 janvier prochains au tribunal correctionnel de Nîmes. Ce sont pas moins de 18 aficionados qui comparaîtront pour « violence en réunion ou vol en réunion », dont Serge Reder (le maire de Rodilhan) et un torero. Les faits remontent à octobre 2011, quand de violents incidents ont opposé des pros-corrida et des militants de la cause animale.  Ces derniers, des hommes et des femmes enchaînés, sans défense, ont été roués de coups de poing et de pied, à la tête et dans le dos, traînés par les cheveux, aspergés à la lance d’arrosage, allant même jusqu’à arracher un soutien-gorge et l’exhiber en trophée, pratiquant des d’attouchements sexuels. Une quarantaine de plaintes ont été retenues.

(2) Le peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, déclare :

Ce que l’Humain a fait, l’Humain peut le défaire. Depuis 1850, la loi Grammont réprime les mauvais traitements infligés à tous les animaux domestiques. La tauromachie était par conséquent interdite en France lors de son introduction en 1852. Cette pratique illégale a perduré pendant un siècle, avant d’être tolérée à posteriori le 24 avril 1951 par la loi  »Ramarony-Sourbet », qui précise – à propos des courses de taureaux – que  »des sévices graves et des actes de cruauté » sont légaux en cas de  »tradition locale ininterrompue ».

Il est établi que la tauromachie, qui induit sans exception des mauvais traitements envers des animaux captifs, contrevient aux dispositions, à la fois du Code Civil, du Code Rural et du Code Pénal. Par ailleurs, la tauromachie est toujours considérée comme illégale et relève d’un délit réprimé partout sur le territoire national, à l’exception de douze départements du sud du pays où ce délit est exempté de peine. Cette exception géographique compromet l’égalité des citoyens devant la loi, en violation de la Constitution de la cinquième République.

Considérant l’Article 515-14 du Code Civil, déclarant que  »Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. »

Considérant l’Article L214 du Code Rural, qui énonce d’une part que  »tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » (alinéa 1), et d’autre part  »qu’il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité » (alinéa 3).

Considérant l’Article 1er de la Constitution du 5 octobre 1958 qui définit les fondements de la République comme suit :  »La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Le peuple de France, majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, exerce sa souveraineté telle que définie à l’Article 3 de la Constitution. En effet, aucune loi n’est au-dessus de la Constitution, aucun représentant du Peuple n’est au-dessus de la souveraineté du Peuple.

Le peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, décrète à l’unanimité, que la tauromachie est abolie en France.

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