Archives mensuelles : janvier 2016

Et si on revendait la Corse à l’Italie, et que l’on réintégrait l’Alsace-Moselle au sein de l’empire allemand ?

Alsace - Moselle - conseil consitutionnel (Magà Ettori - Blog)A l’instar d’Henri Jeanson, il nous arrive à tous de lire des inepties crasses dans la presse à scandales, disons d’un derrière distrait. Les Dernières Nouvelles d’Alsace, nous ont habitués à davantage de hauteur. Dans son édition du 30 janvier, sous la plume d’un certain Marc Peiffer d’Oberhausbergen nous pouvons y lire : « Et si on revendait la Corse à l’Italie ? – La France est un pays ami de la Corse, déclarait, il y a peu, Jean-Guy Talamoni, président de l’assemblée de Corse. Cette déclaration est plutôt surprenante car cela voudrait dire que pour lui, la Corse est un pays indépendant avec son propre gouvernement. À quoi jouent les Corses au juste ? Aux dernières régionales, ils ont voté en majorité pour les indépendantistes ce qui laisserait à penser qu’une majorité souhaiterait l’indépendance de la Corse. En juillet 1768, à la suite du traité de Versailles, la France rachetait à Gênes ses droits sur l’île. Avec le recul, on se demande si ce fut une bonne idée. Et si on tentait de revendre la Corse à l’Italie ? », comment un journal aussi sérieux peut-il donner du crédit à ce genre de brèves de comptoir ? Toute la culture de monsieur Peiffer concernant la Corse semble tenir dans une phrase lu sur Wikipédia :  »En juillet 1768, à la suite du traité de Versailles, la France rachetait à Gênes ses droits sur l’île. » Si ce monsieur avait pris le temps de lire la seconde partie de la phrase (toujours sur wikipédia, pas besoin de se cultiver plus que ça), il aurait compris que la France n’a jamais acheté la Corse à l’Italie et que par voie de conséquence, elle ne peut pas la revendre. L’armée francaise, qui occupait déjà certains port insulaires a été chargée par la République de Gènes (1099 à 1797) sur le déclin d’administrer la Corse, contre monnaie sonnante et trébuchante. Gênes dans l’incapacité de rembourser ses dettes, a donc vu une partie de ses territoire  lui échapper. Ce qui juridiquement n’est pas la même chose. Ajoutons que le 6 juin 1797, lors d’une campagne d’Italie, un jeune général corse du nom de Bonaparte convoqua à Milan les délégués génois pour les obliger à signer la convention dite de Mombello. Ce jour-là, le gouvernement de la République de Gênes avait vécu. Il reconnu que la souveraineté résidait dans la réunion de tous les citoyens du territoire génois. Le pouvoir législatif fut confié à deux conseils représentatifs, composés l’un de 300 et l’autre de 150 membres, le pouvoir exécutif à un Sénat de 12 membres présidé par un doge. A Gênes, on brûla la chaise à porteurs du doge, le livre d’or de la noblesse, et on abattit les statues des Doria au Palazzo ducale rebaptisé Palazzo Nazionale. Cette république ligurienne sous protectorat français subsista jusqu’en 1805, date de l’annexion à l’Empire français. Donc pas moyen de revendre la Corse à l’Italie, comme le suggère notre mordu d’histoire wikipedienne. Mais au fait, peut-être pourrait-il nous expliquer pourquoi le régime concordataire – institué par notre jeune général corse, devenu dans le temps premier Consul – est toujours en vigueur de nos jours en Alsace-Moselle ? Pour être clair, depuis le 9 décembre 1905, la République Française ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte… sauf en Alsace-Moselle. Et oui les vicissitudes de l’Histoire. Française, puis allemande, puis plus allemande, l’Alsace-Moselle a garder le meilleur des deux mondes, et s’accroche à ses privilèges. Pourtant l’égalité devant la loi est un principe majeur de la Constitution, tout individu doit être traité de la même façon par la loi. Pas très égalitaire tout ça. Par voie de conséquence, les deux évêques, de Strasbourg et de Metz sont nommés par le Président de la République, le président de l’Eglise Alsace - Moselle - code penal local (Magà Ettori - Blog)protestante est nommé par l’Etat, et les membres laïcs du consistoires israélites, sont agréés par le premier ministre. Tout ce beau monde est appointé avec les impôts de l’ensemble de la communauté nationale (y compris la Corse), en infraction totale avec la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. La République n’est elle pas une et indivisible ? La langue de la République n’est-elle pas le français ? Ah encore une spécificité locale. En 2012, le Sénateur Masson attirait l’attention de la garde des sceaux sur le fait que certains textes allemands applicables dans les trois départements d’Alsace-Moselle avait donné lieu à une traduction publiée au  »Bulletin officiel d’Alsace-Moselle » en 1925. Ce à quoi la ministre de la justice répondit :  »actuellement la plupart des textes adoptés par l’administration du Reich allemand entre 1871 et 1918 et encore appliqués en Alsace et en Moselle ne sont pas officiellement traduits en français même si des traductions officieuses existent. C’est donc le texte allemand, apprécié par les juridictions, à la lumière notamment des traductions documentaires, qui fait foi. » Pas très constitutionnel tout ça.  Et ne parlons pas du droit local qui offre une multitude d’avantages dans le domaine du droit associatif, du droit du travail, des débits de boissons, de la justice, de l’apprentissage (l’enseignement religieux est obligatoire à l’école publique, sauf dispense), de la chasse, du commerce, de la police du bâtiment, de la navigation sur le Rhin, etc, etc,… et ma préférée le délit de blasphème qui punit le blasphème et l’entrave aux cultes jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Au nom de ce délit de blasphème, une plainte avait été déposée en 2013 contre Charlie Hebdo par la ligue de défense judiciaire des musulmans, mais rejetée pour des raisons de forme. Le mardi 6 janvier, la veille de l’attentat contre Charlie Hebdo, les représentants des cultes religieux d’Alsace et de Moselle étaient auditionnés par l’Observatoire de la laïcité (instance rattachée aux services du Premier ministre) car ils demandaient l’abrogation du délit de blasphème, héritage du Concordat, toujours inscrit dans le droit pénal local. Bien entendu, pas très Charlie tout ça. Nous pensons que Monsieur Peiffer ne songe pas à réintégrer l’Alsace-Moselle au sein de l’Empire allemand de Bismarck, et combien même il aurait quelques velléités en ce sens, nous rassurons les lecteurs des Dernières Nouvelles d’Alsace, l’empire allemand a pris fin le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, par l’abdication de l’empereur Guillaume II et la proclamation de la république de Weimar. Bonne nouvelle, les trains vont pouvoir continuer à rouler à droite en Alsace et en Moselle et non à gauche comme en Corse.

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Emmanuel Djob, sur les traces d’un titan de la musique

Emmanuel Djob - tournage Faeryland - photo Jacques Viallon

Emmanuel Djob – tournage Faeryland – photo Jacques Viallon

Samedi le Zénith-Sud de Montpellier, ploiera sous la puissance d’un géant de la musique : Emmanuel Pi Djob sera sur scène ! A peine avions nous achevé LOOK INTO MY EYES, le clip d’un des titres phares de son nouvel album  »Get on board », qu’Emmanuel Djob était reparti à pas de géant pour une nouvelle scène, plus belle, plus grande, où il pourrait partager son art avec beaucoup plus de monde. Je suis toujours ravi de filmer Emmanuel, tant sa sincérité transparait à l’écran. Quand un réalisateur choisi un comédien, c’est souvent dû au fait que le réalisateur le connaît, que l’artiste à un talent immense, qu’il correspond pleinement au rôle. Parfois, il s’agit de choix lié à la production, voir à la demande d’une chaîne de TV, mais c’est une autre histoire. Ayant déjà tourné avec Emmanuel, je savais qu’il correspondait pleinement au rôle que je lui proposais dans Faeryland (https://www.facebook.com/faerylandlefilm), mais je savais surtout qu’il allait apporter au tournage tout ce qu’il avait de meilleur en lui, son talent, sa voix de baryton si singulière, puissante et grave, sa maîtrise chirurgicale de l’émotion, sa volonté, et une nature généreuse. Samedi Emmanuel sera sur scène, alors que la cinquième saison de  »The Voice » débute. J’y vois un signe positif. Le lancement de la nouvelle saison, ne pouvait que me rappeler dans quelles circonstances, j’ai vu Emmanuel la première fois ; je suivais avec une grande attention et pour la deuxième année consécutive  »The Voice », car des amis y participaient. Et là, dans un grand sourire amical, un séisme est arrivé sur scène. Dès les premières notes de  »Georgia of my mind » les coachs ont été bluffés, les 4 fauteuils se sont retournés, et je suis resté figé devant mon écran. Quelques jours et quelques coups de téléphone plus tard, je retrouvais Emmanuel pour le tournage d’un de mes films  »Le Dernier Clan » une saga familiale évoquant la mafia corse, sur fond de trafic d’animaux (déjà). Alors qu’il venait d’être encensé par la presse nationale et acclamé par des millions de téléspectateurs, alors qu’il bénéficiait d’une visibilité sans précédent, Emmanuel se présenta sur le plateau comme je l’imaginais : humble, efficace, et hyper professionnel. Assis sur un fauteuil de bar, installé sur une scène, dans un établissement de nuit, Emmanuel entonna un fabuleux  »Amazing Grace » à capella. En trois prises nous venions de capter la plus fabuleuse performance vocale, à laquelle il m’avait été donné d’assister. Le frisson était tel, que le chant achevé personne n’avait songé à couper la prise, et la caméra tourna encore longtemps. Et lui simple, souriant, demandant si cela me convenait… que dire ? Waouw ! Tout simplement. Je l’ai vu reproduire cette prouesse incroyable, il y a quelques semaines devant 5000 personnes alors que nous tournions LOOK INTO MY EYES, le clip officiel de Faeryland. Il est comme ça Emmanuel, peu importe le nombre, tant qu’il a l’ivresse du chant. Donc Emmanuel, sera ce samedi au Zénith-Sud de Montpellier, mais pas seul. Il sera accompagné pour l’occasion par son groupe Afro-Soul-Gang, trois troupes de danse, les performeurs-danseurs de Jean-Paul Wabotaï et Angelo Carmont, l’ensemble de cordes Contrepoint dirigé par Franck Fontcouberte et l’ensemble Afro-Soul-Mass-Choir, fort de 500 choristes de France et d’Europe sous la baguette de Joël Rhino. Il recevra aussi sur scène Rodha Scott et Francis Lalanne (que j’ai déjà eu le privilège de diriger pour un de mes films). Ce n’est pas un géant que nous retrouverons samedi, mais une armée de géants, le choc des titans. Je vais être obligé d’enregistrer  »The Voice », car du Zénith au Nadir nous serons tous avec Emmanuel Pi Djob.

Joseph Castelli, une mise en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption électrique

constructionJoseph Castelli, le sénateur de Haute-Corse inscrit au groupe RDSE (à majorité PRG), a dans un premier temps été mis en garde à vue au commissariat de Bastia où il est entendu par les enquêteurs du groupe financier de la police judiciaire concernant les conditions d’acquisition et de travaux réalisés dans sa villa de Folelli, puis mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption. Le proche successeur de Paul Giacobbi, à la tête du Conseil Général de Haute-Corse avait vu son immunité parlementaire levée fin octobre par le bureau du Sénat (https://magaettori.wordpress.com/2015/10/29/leve-de-limmunite-parlementaire-du-senateur-de-haute-corse-le-systeme-giacobbi-seffondre/). Il est auditionné sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du pôle économique et financier de Bastia. Les investigations portent – notamment – sur des soupçons de recel d’abus de biens sociaux au sujet d’une villa construite à Folelli. Une personne, faisant partie de l’environnement familial de Joseph Castelli, est également en garde à vue. En électricité  le fusible (abrégé de coupe-circuit à fusible) est un organe de sécurité dont le rôle est d’ouvrir un circuit électrique lorsque le courant électrique dans celui-ci atteint une valeur d’intensité donnée pendant un certain temps. Son nom vient du fait qu’il fonctionne par fusion d’un filament conducteur, sous l’effet de l’élévation de température provoquée par la surintensité. Un fusible a pour fonction la protection d’un circuit d’alimentation vis-à-vis de court-circuits ou de surintensités générées par une défaillance de la charge alimentée. Cette protection permet dans le cas général de garantir l’intégrité et la possibilité de remise en service du circuit d’alimentation, une fois le défaut éliminé, d’éviter les conséquences potentiellement catastrophiques qu’engendrerait une surintensité durable ou un court-circuit. Pour avoir une bonne visibilité de la politique en Corse il suffit de remplacer par des noms les termes :  »fusible, circuit électrique, surintensité, défaillance de la charge alimentée » mais surtout de déterminer qui est le circuit d’alimentation ? Mais revenons à Joseph Castelli qui a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre une caution de 200.000 € (le prix de l’expo Reza Deghati). Joseph Castelli a été mis en examen mercredi pour recel d’abus de biens sociaux et corruption, sur commission rogatoire du juge Thomas Meindl, du pôle économique et financier de Bastia. L’épouse de Joseph Castelli ainsi que trois entrepreneurs de la région seront également présentés au juge dans cette même affaire. Un climat décidément bien électrique dans le clan Giacobbi.

Jacques Viallon, au-delà de l’écran

Viallon JacquesMasterclass 1 (Magà Ettori - blog)

Il est avant tout un érudit du septième art dont il apprécie l’Histoire et les scenarii. Jacques Viallon doit sa connaissance du milieu à une cinéphilie exigeante, mais également  à une pratique intense du métier de cinéaste. Il a été enseignant en école de cinéma (Eicar), auteur, réalisateur, producteur, chef-monteur et j’en oublie certainement. Jacques Viallon, qui est un des membres très actif de l’Institut Citoyen du Cinéma, compte plus de 100 œuvres inscrites à la SCAM et diffusées sur TF1 et autres grandes chaines historiques. Il est entre-autre l’auteur-réalisateur et monteur d’un magnifique documentaire « Jim Morrison un poète à Paris » (TF1/Stylia) que l’on trouve en bonus du film D’Oliver Stone  »The Doors » (StudioCanal), c’est dire si nous sommes dans la cour des grands. Jacques Viallon, est un homme de coeur et de passion. Quand il s’intéresse à un mode d’expression (souvent), c’est toujours avec l’objectif de côtoyer l’excellence. Fondateur de Lodge Production, il a écrit, réalisé et produit « Harcourt, la griffe des Stars » (avec Olivier Chateau), et l’histoire extraordinaire du « Studio Rouchon ». Ce studio mythique qui accueille depuis plus de trente ans les plus grands photographes. Une manière de se rapprocher de cet art qu’il affectionne tant. Lors de ces tournages, il découvre les lumières spécifiques de la photographie glamour inspirée par George Hurrell. Une autre passion va naître.
Vincennes accueille du 22 au 25 janvier, la 1ère édition du festival de cinéma : « Au-delà de l’écran – le cinéma raconté par ceux qui l’ont fait ». L’occasion pour Jacques Viallon d’organiser une rencontre avec trois grands chefs décorateurs membres de l’ADC (Association des chefs décorateurs de cinéma) : Michel Barthelemy, Valérie Grall et Denis Hager. En parallèle des projections, animations et d’une exposition consacrée à André Bourvil, cet évènement permet à Jacques Viallon de montrer une exposition de photographies que nous attendions avec beaucoup d’impatience. Il s’agit d’une série d’accessoires des studios de Bry-sur-Marne que Jacques Viallon a photographié durant 4 mois alors que les Studios menaçaient de disparaître ; une bagatelle, seulement 30 ans d’archives et d’histoires du très jeune septième art. Un travail inestimable bien entendu, au service de notre mémoire collective et du cinéma :  »ambiance 36 quai des orfèvres »,  »ambiance Marie-Antoinette »,  »ambiance 39-45 »,  »ambiance panneaux de signalisations »,… Plusieurs milliers d’objets sont encore conservés dans les stocks des studios de Bry-sur-Marne, qui ont été finalement sauvés et revendus en 2015, mais certains de ces objets uniques ont tout de même été détruits. C’est dire la valeur de cet immense travail que nous propose Jacques Viallon, en plus de la mise en scène et de la signature photographique si particulière.

 

Viallon expo 1 (Magà Ettori - blog)

Ambiance 36 quai des orfèvres ©Jacques Viallon

Viallon jacques expo 2 (Magà Ettori - blog)

Ambiance Marie-Antoinette ©Jacques Viallon

Viallon jacques expo 3 (Magà Ettori - blog)

Ambiance 39-45 ©Jacques Viallon

QG des abolitionnistes et traditions

FAERYLAND - Nîmes - midi libre#‎PamelaAnderson Une dinde gavée au silicone parade à l’assemblée contre le gavage des oies… Quelle farce ! Qui en sera le dindon ? Un twitte d’une extrême élégance que l’on doit à un Conseiller régional de Nord-Pas-de-Calais-Picardie et accessoirement Président de Chasse, pêche, nature et traditions, qui allait donner le là, à une bande de parlementaires sexistes et machistes, débordant d’humour et d’intelligence. Ah il fallait les arguments de Pamela Anderson pour les réveiller de leur longue léthargie. Que dire du président du lobby de la chasse – pathétique candidat à la présidentielle de 2007 – qui déclarait à ce moment-là à une journaliste de  Libération  »Si je pouvais me réincarner, ce serait en canard ». Au moins on sait pourquoi il nous gave avec sa tradition. Dans cet article titré :  »la raison du plouc fier », il est évident que tout est dans le titre. Oui, la peopolitisation a marche forcée peut laisser des stigmates. Pour preuve le passage dans un talkshow du premier Ministre français, qui créé un incident diplomatique avec le Gabon. Peu importe le propos, jugeons la méthode :  »Il n’y a pas d’affaire gabonaise. C’est un petit excès de langage qui ne reflète pas sa pensée », jure un conseiller du premier ministre. Manuel Valls qui est un aficionados, espère sans doute s’en tirer avec une passe de parade. Faites venir Pamela Anderson que la presse se concentre sur autre chose ! Il est vrai que les médias sont au centre de toutes les attentions. Arrivé en gare de Nîmes pour la projection de Faeryland, au moment du procès de Rodilhan, la police m’attendait pour m’escorter jusqu’à l’Hôtel du cheval blanc, siège d’un club taurin au nom évocateur de  »Vomitoire 105 ». Un article du Midi Libre avait semé la panique au pied des arènes. Pourtant, l’actualité était ailleurs, à quelques mètres, au tribunal de Nîmes, pour un procès historique au coeur de la barbarie taurine. Dix-huit aficionados dont le maire de Rodilhan et un torero, étaient jugés au tribunal correctionnel de Nîmes pour  »violences en réunion »,  »vol avec violence » et  »non-assistance à personnes en danger ». Les faits remontent à octobre 2011, quand des incidents ont opposé des pros-corrida et des militants de la cause animale. Une quarantaine de plaintes ont été retenues et le représentant du parquet a requis des peines allant jusqu’à 15 mois de prison à l’encontre des aficionados. C’est bien, mais 1000 euros d’amende pour le maire de Rodilhan, ce n’est pas cher payé. Interrogé sur l’absence de mesures de sécurité au moment des faits le maire de Rodilhan se justifie : « La tauromachie, c’est une tradition à Rodilhan, les aficionados sont des gens calmes, qui viennent voir un spectacle qu’ils aiment ». Des gens calmes ? Des hommes et des femmes enchaînés, sans défense, ont été roués de coups, à la tête et dans le dos, traînés par les cheveux, aspergés à la lance d’arrosage. Il y a eu des d’attouchements sexuels allant même jusqu’à arracher un soutien-gorge pour l’exhiber en trophée. Heureusement que ce sont des gens calmes. Il faut dire que les témoignages évoquent un apéritif débuté vers 10H00 du matin. Les violences ont eu lieu six heures plus tard. Ceci expliquant sans doute cela. Mais que voulez-vous, en terre taurine le petit jaune fait aussi partie de la tradition. Comme le dit si justement l’avocat des anticorridas dans sa plaidoirie : « Quand la tradition tue, il faut tuer la tradition ». Si nous manquons de tireurs pour abattre certaines traditions assassines, nous pourrons toujours faire appel aux porte-flingues de Chasse, pêche, nature et traditions, avec un petit pastis ils ne feront pas la différence.

Magà Ettori, Dublin 24/01/2016

L’Institut Citoyen du Cinéma initie les  »assises du monde animaliste et de la biodiversité »

Abolition tauromachie - assises du monde animaliste et de la biodiversite

Sandra Esteves, Souad Amidou, Marco Vallaud – Photo Christophe Cagnard

Les  »assises du monde animaliste et de la biodiversité » organisé par l’Institut Citoyen du Cinéma se sont ouvertes le samedi 9 janvier 2016 à l’Espace Jean-Dame à Paris, et se poursuivront à Nîmes les 14 et 15 janvier dans le cadre du procès de Rodilhan (1).  

Lors de la cérémonie d’ouverture des  »assises du monde animaliste et de la biodiversité » à Paris, la tauromachie a été symboliquement abolie dans un happening militant  »au nom du peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie. Etaient présents pour cette cérémonie d’ouverture, de très nombreux officiels et des personnalités issues du monde de la politique, de la culture, des médias, de la société civile, des responsable d’ONG ainsi que des militants d’associations de la protection animale, de la biodiversité et de l’environnement. Magà Ettori (cinéaste, président de l’Institut Citoyen du Cinéma) a initié la rencontre en précisant que ces assises se situaient dans le cadre de la COP22 qui se déroulera à Marrakech en novembre prochain, mais qu’il lui avait semblé fondamental – à six jours du procès de Nîmes – de mettre l’accent sur l’abolition de la tauromachie en France. Aziza Nait Sibaha, journaliste spécialisée en politique internationale mais également présidente de l’association Comme Chiens et Chats a ensuite pris la parole pour expliquer les enjeux du monde animaliste pour la COP22, insistant sur l’obligation pour le Maroc de réfléchir en termes de respect et d’éco-tourisme.

Roger Lahana (vice-président du CRAC Europe) et Franck Andrieux (porte-parole du CRAC Europe) ont ensuite évoqué le caractère illicite de la corrida, et le contexte particulièrement difficile du procès de Rodilhan qui porte une charge émotive intense.

La cérémonie d’ouverture s’est poursuivie avec une performance artistique avec Souad Amidou, Sandra Esteves, Marc Vallaud, Zeskiouss, Myke Vangout, au cours de laquelle a été symboliquement abolie la tauromachie, puis par la projection de FAERYLAND (https://www.facebook.com/faerylandlefilm), le film humaniste de la cause animale réalisé par le Magà Ettori.

De nombreuses personnalités et artistes  liés à la cause animale (Matthieu Ricard, Mylène Demongeot, Souad Amidou, Emmanuel Djob, …), et plusieurs centaines de militants ont participé au tournage de Faeryland dont les rôles principaux sont tenus par Yves Duteil et Ariakina Ettori. FAERYLAND est une fiction basée sur une enquête réalisée par l’Institut Citoyen du Cinéma en partenariat avec les grandes associations de la cause animale dans de nombreux pays. Le tournage s’est déroulé de l’Irlande à la Chine en passant par l’Allemagne, la Finlande, les Etats-Unis, l’Afrique, l’Amérique du sud, la  France, la Hongrie, la Corse, l’océan Pacifique, la Méditerranée, la mer du nord. Les décors et les paysages sont somptueux, et les animaux filmés sont des personnages du film.

Après voir été projeté dans le cadre de la 21e Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique (COP21), au sénat en décembre dernier, et au moment de la cérémonie d’ouverture des  »assises du monde animaliste et de la biodiversité », FAERYLAND (ww.faeryland-lefilm.com) sera présenté le 14 janvier au Kinepolis de Nîmes (https://www.helloasso.com/associations/institut-citoyen-du-cinema/evenements/abolition-de-la-corrida-14-janvier-2016-a-nimes) pour une soirée particulière. Les médias et les militants pourront évoquer cette première journée de procès après la projection de FAERYLAND et du clip musical d’Emmanuel Djob également réalisé par Magà Ettori et également en lien avec le monde animal. Emmanuel Djob la star du The Voice 2013, dont l’album vient de sortir et qui donnera un concert exceptionnel le 30 janvier au Zénith de Montpellier.

Le lendemain, pour la seconde journée de procès, l’Institut Citoyen du Cinéma propose de poursuivre les  »assises du monde animaliste et de la biodiversité » au QG des abolitionnistes qui sera installé près du tribunal, face aux arènes. Un nombre important de personnalités du monde animaliste sont attendues à cette occasion pour débattre des enjeux pour la COP22.

Si la 22eme Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique a été évoqué lors du débat qui a conclut la rencontre des assises à Paris, c’est la question de la tauromachie qui est restée au centre des échanges. Le débat animé par deux journalistes de grand talent, Robert Philomé (auteur, journaliste France 24) et Audrey Szebesta (journaliste, association Respectons) s’intitulait :  »La fin de la tauromachie et les nouveaux enjeux humanistes ». Sont intervenus dans ce débat difficile Gilbert Giacomoni (économiste, chercheur associé, Agro ParisTech), Sandra Esteves (militante, activiste) Aziza Nait Sibaha (journaliste, association Comme chiens et chats), Magà Ettori (cinéaste, président de l’Institut Citoyen du Cinéma), Christophe Lepretre (Animavie). Des débats où tous les aspects de la tauromachie ont été évoqués (politique, financements, fréquentation, morale et éthique, caractère illégale, abolition, …). Que ce soit dans les panélistes, ou dans le public l’argument majeur qui a été évoqué est le caractère illégal de la tauromachie qui bénéficie de passe-droit dans douze départements en France. Des débats qui promettent des rencontres passionnantes et passionnées lors du procès à Nîmes la semaine prochaine (https://www.facebook.com/events/989692277762194/).

Si la lecture du texte et la proclamation de l’abolition de la tauromachie (2) par Souad Amidou, Sandra Esteves et Marc Vallaud a donné lieu à une standing ovation (vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=8XXz_MQk7hk&feature=youtu.be), il est probable qu’elle ne soit pas du goût du monde taurin déjà bien en difficulté.

– Jeudi 14 janvier 20h – Kinepolis Nîmes 130 Rue Michel Debré, 30000 Nîmes – https://www.facebook.com/events/989692277762194/

– Vendredi 15 janvier 11h : QG des abolitionnistes – Salle Picasso – Hôtel du cheval blanc – 1 place des arènes – 30000 Nîmes

https://www.facebook.com/events/965356446845894/

 

 (1) Les 14 et 15 janvier prochains au tribunal correctionnel de Nîmes. Ce sont pas moins de 18 aficionados qui comparaîtront pour « violence en réunion ou vol en réunion », dont Serge Reder (le maire de Rodilhan) et un torero. Les faits remontent à octobre 2011, quand de violents incidents ont opposé des pros-corrida et des militants de la cause animale.  Ces derniers, des hommes et des femmes enchaînés, sans défense, ont été roués de coups de poing et de pied, à la tête et dans le dos, traînés par les cheveux, aspergés à la lance d’arrosage, allant même jusqu’à arracher un soutien-gorge et l’exhiber en trophée, pratiquant des d’attouchements sexuels. Une quarantaine de plaintes ont été retenues.

(2) Le peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, déclare :

Ce que l’Humain a fait, l’Humain peut le défaire. Depuis 1850, la loi Grammont réprime les mauvais traitements infligés à tous les animaux domestiques. La tauromachie était par conséquent interdite en France lors de son introduction en 1852. Cette pratique illégale a perduré pendant un siècle, avant d’être tolérée à posteriori le 24 avril 1951 par la loi  »Ramarony-Sourbet », qui précise – à propos des courses de taureaux – que  »des sévices graves et des actes de cruauté » sont légaux en cas de  »tradition locale ininterrompue ».

Il est établi que la tauromachie, qui induit sans exception des mauvais traitements envers des animaux captifs, contrevient aux dispositions, à la fois du Code Civil, du Code Rural et du Code Pénal. Par ailleurs, la tauromachie est toujours considérée comme illégale et relève d’un délit réprimé partout sur le territoire national, à l’exception de douze départements du sud du pays où ce délit est exempté de peine. Cette exception géographique compromet l’égalité des citoyens devant la loi, en violation de la Constitution de la cinquième République.

Considérant l’Article 515-14 du Code Civil, déclarant que  »Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. »

Considérant l’Article L214 du Code Rural, qui énonce d’une part que  »tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » (alinéa 1), et d’autre part  »qu’il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité » (alinéa 3).

Considérant l’Article 1er de la Constitution du 5 octobre 1958 qui définit les fondements de la République comme suit :  »La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Le peuple de France, majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, exerce sa souveraineté telle que définie à l’Article 3 de la Constitution. En effet, aucune loi n’est au-dessus de la Constitution, aucun représentant du Peuple n’est au-dessus de la souveraineté du Peuple.

Le peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, décrète à l’unanimité, que la tauromachie est abolie en France.

Abolition de la tauromachie – 9 janvier 2016

Abolition officielle de la tauromachie - Paris - 9 janvier 2016Le peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, déclare :

Ce que l’Humain a fait, l’Humain peut le défaire. Depuis 1850, la loi Grammont réprime les mauvais traitements infligés à tous les animaux domestiques. La tauromachie était par conséquent interdite en France lors de son introduction en 1852. Cette pratique illégale a perduré pendant un siècle, avant d’être tolérée à posteriori le 24 avril 1951 par la loi  »Ramarony-Sourbet », qui précise – à propos des courses de taureaux – que  »des sévices graves et des actes de cruauté » sont légaux en cas de  »tradition locale ininterrompue ».

Il est établi que la tauromachie, qui induit sans exception des mauvais traitements envers des animaux captifs, contrevient aux dispositions, à la fois du Code Civil, du Code Rural et du Code Pénal. Par ailleurs, la tauromachie est toujours considérée comme illégale et relève d’un délit réprimé partout sur le territoire national, à l’exception de douze départements du sud du pays où ce délit est exempté de peine. Cette exception géographique compromet l’égalité des citoyens devant la loi, en violation de la Constitution de la cinquième République.

Considérant l’Article 515-14 du Code Civil, déclarant que  »Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. »

Considérant l’Article L214 du Code Rural, qui énonce d’une part que  »tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » (alinéa 1), et d’autre part  »qu’il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu’envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité » (alinéa 3).

Considérant l’Article 1er de la Constitution du 5 octobre 1958 qui définit les fondements de la République comme suit :  »La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Le peuple de France, majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, exerce sa souveraineté telle que définie à l’Article 3 de la Constitution. En effet, aucune loi n’est au-dessus de la Constitution, aucun représentant du Peuple n’est au-dessus de la souveraineté du Peuple.

Le peuple de France majoritairement favorable à l’abolition de la tauromachie, décrète à l’unanimité, que la tauromachie est abolie en France.