COP21, l’accord universel sur le climat a été adopté !

COP21 adopté (Magà Ettori - Blog)L’humanité est capable du pire et du meilleur. L’accord universel sur le climat a été adopté par les 195 pays réunis dans le cadre de la COP21, après deux semaines de débats.  Après d’intenses tractations pour conclure un accord devant donner une ampleur inédite à la lutte contre le réchauffement climatique, les délégations qui ont négocié jour et nuit sur la fin de la COP21, se sont retrouvées à 17H30 en vue d’une adoption formelle du texte. La séance plénière a débuté avec près de deux heures de retard, en réglant quelques problèmes liés à la conformité juridique et linguistique du texte. « Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n’entends pas d’objection, l’accord de Paris pour le climat est adopté! » Laurent Fabius a donc donné le coup de marteau marquant l’adoption formelle de cet accord, avant de donner la parole aux pays le souhaitant. Laurent Fabius, suscitant une standing ovation de plusieurs minutes, des embrassades, des cris de joie, dans toute la salle.   François Hollande est monté à la tribune, a tenu la main de Ban Ki-moon et celle de Laurent Fabius, tandis que la responsable climat de l’ONU Christiana Figueres et la négociatrice en chef de la France Laurence Tubiana se donnaient une longue accolade. « Nous acceptons ce texte sans amendement », a lancé une déléguée d’Afrique du Sud, représentante du groupe – déterminant dans les négociations − G77 + la Chine. « L’accord de Paris, c’est un grand pas en avant pour les pays en développement. » « Il est crucial que les pays développés renforcent leurs actions, et qu’il y ait un soutien suffisant aux pays en développement », a-t-elle tenu à rappeler.  Une première historique dans l’histoire de la gouvernance mondiale en matière d’environnement.  Un seuil de + 2°C… si possible de +1,5°C  Alors que la communauté internationale s’était accordée à fixer le seuil du réchauffement planétaire à 2°C, le texte fait mention d’un objectif plus ambitieux : celui de 1,5°C. Ce chiffre était une revendication notamment portée par les petits Etats insulaires, premières victimes potentielles face à la montée du niveau des mers. François Hollande, lors de son discours d’ouverture de la COP21 le 30 novembre, avait également déclaré «espérer» ce seuil.   Évidemment, le véritable objectif sera de maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 2°C , déjà un challenge de taille lorsque l’on sait que la somme des engagements des Etats achemine la planète plutôt sur une trajectoire de réchauffement de 3°C. Mais la mention du seuil de 1,5°C a au moins le mérite de donner corps à une plus grande ambition dans l’absolu. Des responsabilités «communes mais différenciées»  Les pays développés devront verser 100 milliards de dollars (91 milliards d’euros environ) aux pays en développement afin de les aider à faire face aux conséquences du dérèglement climatique. Cette somme est un «plancher», qui appelle donc à être relevé, «au plus tard en 2025».  Par ailleurs, si tous les pays ont des efforts à faire pour juguler le réchauffement climatique, ces efforts ne seront pas les mêmes partout. C’est un point auquel les pays en développement, comme l’Inde, tenaient particulièrement à défendre. Les pays du Nord doivent «assumer plus de responsabilités» car les pays en voie de développement doivent être «autorisés à se développer», avait fait valoir le Premier ministre indien Narendra Modi lors des négociations. L’accord fixe «l’importance de prévenir, minimiser et aborder les pertes et dommages associés aux effets négatifs du changement climatique, incluant les événements extrêmes et les événements à évolution lente, ainsi que le rôle, pour un développement durable, de la réduction du risque des pertes et dommages ». Mais il exclut toute «responsabilité ou compensation» des pays du Nord à l’égard des pays du Sud et évoque plutôt «l’entente» ou encore «le soutien» entre eux. Un objectif à long terme plutôt faible  Sur la base de «l’équité», les pays devront revoir leur copie tous les cinq ans afin de se fixer de nouveaux objectifs en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Les ONG jugent néanmoins que les gouvernements devraient revenir à la table des négociations avant l’entrée en vigueur de l’accord en 2020. Quant à l’objectif à long terme de réduction des émissions mondiales, il est plus flou que dans de précédentes moutures du texte (qui parlaient de 40 à 70% de réduction d’ici à 2050), l’accord prévoit «dans la seconde moitié du siècle» de parvenir à «zéro émission nette» via «un équilibre» entre les émissions d’origine anthropique et leur absorption par des puits de carbone (naturels, avec les forêts ou via enfouissement du CO2). Les «100 milliards de dollars par an devront être un plancher pour l’après 2020», date d’entrée en vigueur de l’accord attendu à Paris, et «un nouvel objectif chiffré devra être défini au plus tard en 2025», a déclaré M. Fabius en présentant lors d’une séance plénière le projet d’accord final soumis par la présidence française de la COP aux représentants de 195 pays. Il reste de nombreux ajustements à faire, et cet accord n’est pas une finalité. Pourtant, aujourd’hui nos dirigeants nous ont permis d’entrer dans l’ère du bas carbone. Merci pour les générations futures.

Que contient l’accord de Paris ? Texte complet (PDF) : Accord de Paris

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