5 mai 1992, la catastrophe du Parc des Princes

 »On ne rejouera plus au foot un 5 mai », la promesse du président de la République, François Mitterrand, après la tragédie de Furiani le 5 mai 1992 résonne encore dans les têtes des victimes comme une mauvaise plaisanterie. Une promesse qui sous l’impulsion du président de la LFP n’a été  respectée par les instances du football. Nantes et Marseille ont même fait la fête en 2001 et en 2010, en célébrant les titres de champion de France. En 1992, la Tribune Nord du Stade Armand Cesari s’effondrait causant 18 morts et plus de 2300 blessés. Le pire drame de l’histoire du sport français. En Corse ce fut un deuil collectif. Toute l’île fut touchée par ce drame, un traumatisme immense. Malgré les multiples demandes des groupes de soutien et du Collectif du 5 mai, 23 ans plus tard, la ligue Française de Football refuse toujours qu’aucun match ne soit joué un 5 mai, en hommage aux victimes. Petite digression par rapport à notre affaire, l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome, invitée d’une émission de France 2 a réagi sur le naufrage des migrants. L’auteur du livre à succès a dénoncé l’hypocrisie de l’Union Européenne :  » Ce sont des noirs et des arabes, eux quand ils meurent, ça coûte moins cher ». Pour revenir à la catastrophe de Furiani, et en faisant un parallèle avec la prise de position de Fatou Diome je me pose une question :  »Quelle serait la position de la ligue Française de Football aujourd’hui, si le 5 mai 1992 s’était déroulé au Parc des Princes ? »

5 Mai 1992 Furiani (Magà Ettori - blog)Ce courrier de 2013 me semble toujours d’actualité, je vous en donne lecture

Lettre ouverte du Collectif du 5 mai à François Hollande

« Monsieur le Président de la République, Le 5 mai 1992, il y a bientôt 21 ans, la Tribune Nord du stade Armand Cesari s’effondre causant la mort de 18 personnes et faisant plus de 2300 blessés. Le drame de Furiani est toujours présent dans les mémoires. Cependant, les mobilisations multiples de milliers de personnes tant en Corse que sur le Continent n’ont pu faire admettre l’ampleur nationale de cette catastrophe aux autorités du football et aux pouvoirs publics. N’oublions pas que la chaîne de responsabilités est multiple : responsabilités locales, des autorités du football, du Gouvernement de l’époque et de ses représentants en Corse…  De plus, le Ministère de l’Intérieur avait été alerté en juillet et novembre 1991 de l’imminence d’une telle catastrophe après un accident survenu lors d’une fête de village dans les Bouches du Rhône (Ceyreste). Malgré cela, les Préfets n’ont semble-t-il pas été prévenus de ces risques et aucune note n’a été publiée. Le comble de cette affaire est que l’Expert qui avait alerté le gouvernement (nous avons en notre possession les différents courriers et articles de journaux traitant de ce dossier) est celui nommé au lendemain de la chute de la tribune, afin de faire les premières constatations techniques…  La responsabilité de l’État est, par conséquent, engagée bien au-delà des quelques mois de condamnation avec sursis prononcés à l’encontre de l’un de ses représentants. L’État, à l’époque, n’a pas su ou n’a pas voulu jouer son rôle préventif, ce qui fait de lui l’un des responsables de cette tragédie.  Bien évidemment, les autres responsables ne sont ni dédouanés, ni occultés, cependant, Monsieur le Président, aux vues de ces éléments, il est temps pour vous, de prendre position sur notre demande de sacralisation et de respecter le soutien que vous nous avez apporté. Nous vous interpellons, car le Comité Exécutif de la FFF n’a pas eu la décence de tenir compte des propositions, y compris celles qui faisaient l’unanimité, débattues au sein du comité de réflexion mis en place par Noël Le Graët. Ainsi, la FFF et son appendice, la Ligue de Football Professionnel, gestionnaire du « foot-fric », n’ont pas souhaité faire du 5 mai un jour sans football. Et ce, sans nous donner de raisons, preuve de leur « je m’en foutisme » et de leur absence de valeurs universelles. Il faut savoir que ceux qui dirigent les instances du football aujourd’hui, étaient déjà présents dans cette affaire, l’un en qualité de Président de la Ligue Nationale du Football, l’autre avec son cabinet d’avocats comme défenseur en cassation de la Fédération Française de Football. Nous comprenons mieux pourquoi tout a été fait (lobbying auprès de députés et cabinets ministériels, journalistes, familles du football…) pour ne pas tenir compte des revendications de sacralisation du 5 mai portées par les représentants des victimes. Il est en effet difficile d’être juge et partie! On jouera donc le dimanche 5 mai 2013 et on pourrait même, comme en 2001 et 2010, faire la fête autour d’un titre ce jour-là, alors que les victimes, leurs proches et de nombreux citoyens commémoreront au même moment, comme tous les ans, la plus grande tragédie du sport français. Monsieur le Président de la République, aujourd’hui, vous et votre majorité à l’Assemblée Nationale, avez la possibilité de transformer votre soutien par des actes concrets. Soutien confirmé par votre Ministre des Sports dans un courrier datant de septembre 2012. Ainsi, l’engagement pris par François Mitterrand, au lendemain de cette tragédie serait enfin respecté. Pour cela, des députés de votre majorité, tout comme des députés de l’opposition ont initié des démarches législatives allant dans le sens de la sacralisation du 5 mai. Nous déplorons d’ailleurs que seul le projet de loi de l’opposition ait été approuvé et déposé auprès des bureaux de l’Assemblée Nationale, alors que celui de la majorité n’aboutit toujours pas à un consensus. Nous vous demandons expressément d’accompagner ces initiatives qui doivent et peuvent transcender les clivages politiques, comme cela a été le cas ici en Corse à travers, par exemple, les motions votées à l’unanimité au sein de l’Assemblée de Corse sur ce sujet. Nous vous rappelons que ces deux motions ont été transmises au Gouvernement. Nous vous demandons, par conséquent, de prendre en compte cette expression forte et solennelle, sauf à exprimer une forme de mépris à l’égard des représentants élus de la Corse. Sacraliser la date du 5 mai ne correspond nullement à une auto-flagellation, mais il s’agit bel et bien de restituer des valeurs humaines au sport, en un mot des valeurs sociétales, universelles… Dans l’attente, et restant à votre entière disposition pour toute information complémentaire, nous vous demandons, à nouveau, de nous accorder une entrevue sur ce sujet. Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de notre profond respect. »

Les personnes souhaitant accompagner la démarche peuvent apporter leur soutien sur www.petitionfuriani.com

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