Rester combactive

visons (Magà Ettori)Combactive est une association qui oeuvre pour la protection de la nature et des droits des animaux en Bourgogne & Franche-Comté. Une fois qu’on a dit ça on imagine des énergumènes un peu baba cool, qui tapent du tambourin devant le salon de l’agriculture ou des espèces de rêveurs dilettantes qui mangent de l’herbe et ne savent pas quoi faire de leurs journées.  La réalité est toute autre. Leurs engagements généreux ressembleraient plus à un parcours du combattant qu’à un wonderland bucolique. Les membres de Combactive sont des citoyens consciencieux, avec une implication dans la société exemplaire. Bien entendu leur empathie pour les humains comme pour les animaux, devait nécessairement se heurter à certaines pratiques comme l’élevage de visons à Emagny dans le Doubs. Il faut dire que dans ce cas l’appât du gain est sans précédent. Un éleveur s’est implanté en 1985 sur la base d’une simple déclaration, pour un élevage de 1 000 visons. Comme certaines paillotes sur les plages insulaires, la structure s’est développée anarchiquement au fil des années. L’élevage s’est étendu,  et compte désormais plus de 9 000 visons (rapport d’une consultation publique menée en 2010). Il faut dire que l’éleveur espérait allait plus loin et avait fait la demande pour exploiter 11 500 visons. Un  élevage qui a fait particulièrement parler de lui ces dernières années suite aux interventions de la Commission de Protection des Eaux, pour ses irrégularités. En 2002 l’élevage n’était pas conforme, tant d’un point de vue sanitaire que réglementaire. Sur la base du Code de l’environnement et de l’urbanisme, la Préfecture a alors mis en demeure l’éleveur de mettre ses installations en conformité avec les lois. Dans son rapport public le commissaire enquêteur indiquait que “les carcasses de la production 2009 n’avaient pas été enlevées par l’équarrisseur mais consommées par les animaux présents sur l’élevage au moment des abattages étalés dans le temps”. L’Est Républicain, dans un article publié le 16/12/2010, rapporte les propos de l’éleveur « Oui, mais le vison est un carnassier qui mange 80 % de viande et, sur 450 tonnes que je leur donne à manger par an, il doit y avoir 5 ou 8 tonnes de vison ». Le rapport indique en effet que l’éleveur a broyé les carcasses puis les a mélangées au reste des aliments habituels consommés par les visons.  De plus, les petits naissent en mars/avril. Ces animaux sauvages très actifs ne connaîtront que les cages de l’élevage. Il faut préciser que ces animaux semi-aquatiques ne pourront jamais prendre de bains d’eau. Leurs déjections sont épandues sur les terres, principalement céréalières, d’agriculteurs voisins. Un document de la Chambre d’Agriculture du Doubs indique que les animaux sont gazés au mois de novembre dans une cage hermétique reliée au pot d’échappement d’un moteur thermique. Jusqu’à présent, les animaux étaient dépouillés sur place et les peaux exportées aux Pays-Bas. Selon l’éleveur, à partir de 2010, ce sera désormais la société belge Euromink qui récupérera les cadavres des animaux et les dépouillera. Les installations, situées sur la parcelle haute du domaine de l’éleveur, sont en totale illégalité puisque celle-ci est sur une zone boisée classée, non constructible. Cette parcelle compte selon le rapport de la consultation publique 3 bâtiments couvrant 1130 cages et une annexe de 1280 cages. Les scellés d’une partie des cages qui ne pouvaient être utilisées ont été détruits par l’éleveur afin d’y remettre des visons ! Le 15 décembre 2010, le tribunal a condamné l’éleveur à détruire les ouvrages illégalement construits sur la parcelle haute de son domaine. L’Est Républicain indique que pour ce faire un délai d’un mois lui a été accordé, faute de quoi, il devra payer 20 € d’astreinte par jour de retard. Cela, en plus d’une amende de 500 euros, ainsi que 1 500 euros à verser à la CPEPESC et 1 euro symbolique à la protection animale.    Suite aux requêtes rédigées par l’avocate de Combactive, le tribunal décide encore d’annuler 2 autorisations accordées par la préfecture à l’élevage de visons, qui donnait la possibilité à l’éleveur d’exploiter 5000 visons. Effectivement le gain est telle que l’éleveur souhaite gagner du temps. De procédures en procédures, il peut ainsi poursuivre son activité immorale et illégale ad vitam aeternam, mais c’est sans compter sur la pugnacité et la résistance de Combactive.

 

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