Archives mensuelles : avril 2015

Rester combactive

visons (Magà Ettori)Combactive est une association qui oeuvre pour la protection de la nature et des droits des animaux en Bourgogne & Franche-Comté. Une fois qu’on a dit ça on imagine des énergumènes un peu baba cool, qui tapent du tambourin devant le salon de l’agriculture ou des espèces de rêveurs dilettantes qui mangent de l’herbe et ne savent pas quoi faire de leurs journées.  La réalité est toute autre. Leurs engagements généreux ressembleraient plus à un parcours du combattant qu’à un wonderland bucolique. Les membres de Combactive sont des citoyens consciencieux, avec une implication dans la société exemplaire. Bien entendu leur empathie pour les humains comme pour les animaux, devait nécessairement se heurter à certaines pratiques comme l’élevage de visons à Emagny dans le Doubs. Il faut dire que dans ce cas l’appât du gain est sans précédent. Un éleveur s’est implanté en 1985 sur la base d’une simple déclaration, pour un élevage de 1 000 visons. Comme certaines paillotes sur les plages insulaires, la structure s’est développée anarchiquement au fil des années. L’élevage s’est étendu,  et compte désormais plus de 9 000 visons (rapport d’une consultation publique menée en 2010). Il faut dire que l’éleveur espérait allait plus loin et avait fait la demande pour exploiter 11 500 visons. Un  élevage qui a fait particulièrement parler de lui ces dernières années suite aux interventions de la Commission de Protection des Eaux, pour ses irrégularités. En 2002 l’élevage n’était pas conforme, tant d’un point de vue sanitaire que réglementaire. Sur la base du Code de l’environnement et de l’urbanisme, la Préfecture a alors mis en demeure l’éleveur de mettre ses installations en conformité avec les lois. Dans son rapport public le commissaire enquêteur indiquait que “les carcasses de la production 2009 n’avaient pas été enlevées par l’équarrisseur mais consommées par les animaux présents sur l’élevage au moment des abattages étalés dans le temps”. L’Est Républicain, dans un article publié le 16/12/2010, rapporte les propos de l’éleveur « Oui, mais le vison est un carnassier qui mange 80 % de viande et, sur 450 tonnes que je leur donne à manger par an, il doit y avoir 5 ou 8 tonnes de vison ». Le rapport indique en effet que l’éleveur a broyé les carcasses puis les a mélangées au reste des aliments habituels consommés par les visons.  De plus, les petits naissent en mars/avril. Ces animaux sauvages très actifs ne connaîtront que les cages de l’élevage. Il faut préciser que ces animaux semi-aquatiques ne pourront jamais prendre de bains d’eau. Leurs déjections sont épandues sur les terres, principalement céréalières, d’agriculteurs voisins. Un document de la Chambre d’Agriculture du Doubs indique que les animaux sont gazés au mois de novembre dans une cage hermétique reliée au pot d’échappement d’un moteur thermique. Jusqu’à présent, les animaux étaient dépouillés sur place et les peaux exportées aux Pays-Bas. Selon l’éleveur, à partir de 2010, ce sera désormais la société belge Euromink qui récupérera les cadavres des animaux et les dépouillera. Les installations, situées sur la parcelle haute du domaine de l’éleveur, sont en totale illégalité puisque celle-ci est sur une zone boisée classée, non constructible. Cette parcelle compte selon le rapport de la consultation publique 3 bâtiments couvrant 1130 cages et une annexe de 1280 cages. Les scellés d’une partie des cages qui ne pouvaient être utilisées ont été détruits par l’éleveur afin d’y remettre des visons ! Le 15 décembre 2010, le tribunal a condamné l’éleveur à détruire les ouvrages illégalement construits sur la parcelle haute de son domaine. L’Est Républicain indique que pour ce faire un délai d’un mois lui a été accordé, faute de quoi, il devra payer 20 € d’astreinte par jour de retard. Cela, en plus d’une amende de 500 euros, ainsi que 1 500 euros à verser à la CPEPESC et 1 euro symbolique à la protection animale.    Suite aux requêtes rédigées par l’avocate de Combactive, le tribunal décide encore d’annuler 2 autorisations accordées par la préfecture à l’élevage de visons, qui donnait la possibilité à l’éleveur d’exploiter 5000 visons. Effectivement le gain est telle que l’éleveur souhaite gagner du temps. De procédures en procédures, il peut ainsi poursuivre son activité immorale et illégale ad vitam aeternam, mais c’est sans compter sur la pugnacité et la résistance de Combactive.

 

Paul Giacobbi vs Anticorruption, les 480000€ et les 700000€ sont mineurs et anecdotiques

anticorruption - giacobbi (Magà Ettori - Blog)Vilipendé dans le Parisien du jour, Paul Giacobbi (PRG) le président du conseil exécutif de l’île, va pouvoir hurler au racisme anti-corse ou à un quelconque complot ! Vous imaginez comme nous allons être solidaires avec lui. Après tout ces affaires de corruption et de détournements se déroulent dans son environnement immédiat, et il n’y est pour rien. Comme il le précise dans cet entretien  »il n’est pas responsable de ce que fait chacun ». Et puis soyons sérieux, c’est de l’acharnement. Voilà qu’une enquête préliminaire vient d’être ouverte par le parquet concernant une subvention de 700000€ octroyé à une association d’aide aux jeunes errants. Oui les jeunes errants, vous savez les veaux qui se promènent librement sur la RN198 et qui causent des accidents. C’est sans doute pour que les veaux aient un abri, que le Conseil Général de Haute Corse a donné 480000€ à des proches de Paul Giaccobi dans une affaire de gîtes ruraux. Qui sont les veaux ? Ses proches ont été inquiétés, mais il n’en sait rien Paul Giacobbi, il le dit clairement :  »j’en ai entendu parler par ouïe dire » ajoutant  »Il s’agit d’une affaire mineure et anecdotique ». Il a raison l’affaire des préservatifs était beaucoup plus préoccupante (surtout pour nos anciens). Un élu assassiné (le bras droit de Paul Giacobbi). Des commandes de piluliers surfacturées, à destination de maisons de retraite. Des comptes bancaires à Hongkong et à Gibraltar. Une instruction judiciaire menée depuis fin 2009 par le juge Charles Duchaîne de Marseille sur de présumés marchés truqués. Et pas qu’un ou deux, on parle de 53 marchés publics passés entre 2001 et 2010 passés par le Conseil Général de Haute Corse. Un larcin qui aurait permis de détourner 2 millions € d’argent public pour que nos petit vieux aient des préservatifs. Il n’y a pas à dire Paul Giacobbi a raison de tirer la capote à lui.

anticorruption - giacobbi (Magà Ettori - Blog)

Loup y es-tu ?

abattage loups - Magà Ettori Blog »Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas… » et si ça continue comme ça il n’y reviendra jamais. Dans le cadre du plan d’action national  »Loup » 2013-2017, la France a défini pour les quatre ans à venir les principes, les objectifs et les moyens de la politique de l’État français relative au loup dans le cadre des engagements internationaux de la France pour la préservation de la biodiversité. Le loup demeure une espèce protégée à la fois par la  »Convention de Berne » de 1979 et par la directive  »Habitat Faune-Flore de 1992″. Ce plan valide le nombre maximal de loups qui pourront être prélevés lors de ces opérations. Le nombre maximal ? Mais de quel droit ? Quel loup a signé cet accord ? Quel loup est d’accord pour vivre sur à peine plus de 0,1 % du territoire ? Quel loup a validé  ce non-sens biologique entre les 300 loups présents en France et les 800.000 moutons qui pâturent dans les Alpes ? Quel loup accepte que, sous la pression d’une poignée de députés aux visées électoralistes, eux-mêmes relayant l’opinion radicale de certains éleveurs, qu’une nation (la France) fasse passer des intérêts corporatistes avant l’intérêt général et le droit international ?  Le plan Loup, adopté en février 2013, prévoit que 24 loups peuvent être tués chaque année. Ces tirs de « prélèvement » doivent être menés par des agents de l’ONCFS, assistés de lieutenants de louveterie, et avoir lieu seulement si les tirs d’effarouchement menés à l’aide d’armes et de munitions non létales, et de défense ont échoué. Le taux de croissance de l’espèce revenue naturellement dans les Alpes en 1992 après avoir disparu en 1930, massivement chassée et empoisonnée, reste de 20 % par an en moyenne. Mais voilà, le  »plan Loup » n’est pas suffisant, ce n’est pas des estives que les éleveurs veulent chasser les populations lupines mais de la surface de la terre. Ils ont déterminé que leur élevage est un bienfait pour l’humanité, et que les loups sont un fléau, … tout ce discute ! Malheureusement les loups n’ont pas la parole, alors loup y es tu ? Que fais tu ? Tu manges un éleveur ?

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Violence et carton rouge

Furiani - 5 mai 1992 (Magà Ettori - Blog)Les 30000 corses présents au stade de France hier et les milliers d’autres derrière leurs écrans savent désormais à quoi s’en tenir concernant le mépris des instances du football français à leur égard, pire nous dirons que cette affaire est symptomatique d’un certain comportement des dirigeants envers la plèbe. Pour le sportif Bastia-PSG en finale de la Coupe de la Ligue, voilà une affiche qui faisait rêver. Mais pas seulement les sportifs, et pas seulement les insulaires. La disproportion entre les équipes était telle que ce match prenait des airs épiques de David et Goliath. Avant le match, tous évaluaient les possibilités de victoire du club le plus pauvre du championnat, et certains pronostiqueurs sérieux misaient sur le sporting de Bastia. Après tout, les lions de Furiani n’avaient-ils pas battu le PSG 4-2 lors de la 20eme journée de la ligue, il y a seulement trois mois ? Pourtant le suspens allait être de courte durée. A la 19e minute le milieu de terrain du PSG, Ezequiel Lavezzi, dans un formidable remake de splash, se jette la tête la première dans la surface de réparation. Le malin ! Impressionné par son jeu d’acteur, l’arbitre Benoît Bastien siffle immédiatement un penalty en faveur de Paris. Et là on se dit :  »mais il n’y a personne pour lui dire dans l’oreillette qu’il y a une faute d’arbitrage ? » Le gars est truffé comme l’inspecteur gadget pourquoi faire ? Pour faire entendre sa voix en direct à la TV (une nouveauté rappelant le passage du muet au parlant) ? Pour permettre à la Ligue Française de faire le show et de gagner encore plus d’argent ? Pourtant, si on voulait garantir le spectacle, il ne fallait pas expulser Sébastien Squillaci, un des ténors de la défense bastiaise. A partir de là le spectacle était mort, et le match d’une platitude inimaginable. En professionnels pragmatiques les joueurs du PSG ont ensuite endormi tout le monde (y compris les spectateurs) et profité intelligemment des occasions. Personne ne pourra le leur reprocher. Mais quel ennui, le match le plus soporifique de la décennie. Les bastiais n’ont rien lâché, mais la messe était dite. On se demande si l’arbitre Benoît Bastien s’est contenté d’appliquer le règlement à la lettre ou s’il a voulu devancer les attentes de son cher président Frédéric Thiriez. On sait ce dernier très proche du PSG. Pour preuve une des polémiques autour de Frédéric Thiriez, lors d’un match opposant le PSG au Racing Club de Lens en octobre 2014. Frédéric Thiriez avait tenu à s’excuser auprès de Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, pour l’arbitrage calamiteux de Nicolas Rainville. Malheureusement pour lui, cet échange fut diffusé par Canal+ démontrant la connivence entre Monsieur 600 millions et les investisseurs Qataris. Il aime l’argent Frédéric Thiriez, ce n’est pas sa faute. Lorsque il est arrivé à la présidence de la LFP en 2002, les droits TV de Ligue s’élevaient à 271 millions d’euros par an. Depuis, ils ont presque triplé pour atteindre près de 670 millions d’euros, et ces droits s’élèveront à près de 800 millions d’euros pour la période 2016-2020. Il est certain que le Sporting de Bastia avec son ridicule budget de 22 millions d’euros fait un peu tâche dans le paysage de monsieur Thiriez. De surcroit, il ne va pas risquer de se faire tirer les moustaches par des traînes savates. C’est sans doute pour cette raison qu’il n’est pas descendu des tribunes avant le coup d’envoi de la finale de la Coupe de la Ligue hier soir, comme l’exige le protocole. Le président de la LFP pensait qu’il n’allait pas bien être accueilli par le public corse. Et pour cause ? Avec des sanctions disproportionnées contre le club insulaire, des exigences de délation (le club devrait dénoncer les fauteurs de troubles à la police), et un irrespect total face au drame de Furiani, il ne pouvait pas en être autrement. D’ailleurs il ne s’en est jamais caché Frédéric Thiriez, puisqu’en 2013 il avait déclaré  »une journée sans football n’est pas une réponse à un drame » et encore ces jours-ci à l’AFP :  »sur les problèmes de fond concernant la sacralisation du 5 mai, la Fédération a pris une position, qui est la mienne, qui est qu’on ne joue aucune finale de Coupe le 5 mai, qu’on ne joue pas de match en Corse le 5 mai et que les clubs corses ne joueront pas non plus sur le continent le 5 mai. Au-delà, non : dans aucun pays d’Europe il n’y a de journée sans foot du fait de la commémoration d’un drame comme celui de Furiani. Il y a bien sûr un devoir de mémoire mais aussi un devoir de vie. Et le devoir de vie c’est de jouer au football. Non je ne descendrais pas car il semblerait que les Corses m’en veulent. Je ne sais pas pourquoi mais j’en prends acte ». Il semblerait que les Corses m’en veulent ? Il ne sait pas pourquoi ? Le 5 mai 1992, l’effondrement d’une tribune du stade Armand Cesari à Furiani faisant 18 morts et plus de 2300 blessés, fut la plus grande catastrophe qu’ait connu le sport français. Et il s’interroge ? Cette prise de position est une insulte au pays du catenacciu et il s’interroge ? Personnellement j’y vois la même prétention que les colons de jadis en terre d’Afrique et leur mépris des cultures locales. Après tout, ce que le Collectif des victimes du 5 mai 1992 réclame n’est pas grand chose : une reconnaissance de la catastrophe de Furiani, passant notamment par le gel dans les calendriers de la Fédération Française de football (FFF) de la date du 5 mai. Aujourd’hui, seules les finales de coupe de France ou de la Ligue ainsi que les matches en Corse ont été suspendus. Ah les corses et leurs habitudes mortifères, leur tradition, leurs coutumes et leur violence. Oui mais voilà, l’entraîneur de Bastia Ghislain Printant n’est pas corse lui, et pourtant sa réaction n’en est pas moins virulente :  »J’ai été scandalisé. Je serai certainement sanctionné par ces messieurs là, mais j’ai été scandalisé quand on est venu m’annoncer ça. Je crois qu’on a un merveilleux public, et aujourd’hui, on a manqué un grand respect à mes joueurs. Et ça, ça fait très mal. Par contre mes joueurs, nos supporters, nos dirigeants et moi-même, on va pouvoir se regarder dans une glace demain matin. Je pense pas que ce président-là puisse le faire et je le dis, peu importe ce qu’il va en penser, c’est un scandale. On parle suffisamment de Bastia, mais là franchement… Si on devait le sanctionner, ça ferait un moment qu’il ne serait plus à la tête de la Ligue. Que notre président ne puisse pas présenter ses joueurs au président de la LFP, ses joueurs qui ont fait un parcours exemplaire… excusez moi je ne peux pas l’accepter. Je ne peux pas l’accepter ! Le PSG a gagné 4-0, bravo. Je pense qu’il est content, il est serein, il va pouvoir boire sa coupe de champagne. (…) C’est un scandale, c’est purement un scandale ! » Et oui Ghislain Printant n’est pas corse mais il est juste, et face aux injustices, les justes ne peuvent réagir qu’avec violence. Face au sentiment d’impunité (à ce propos on notera la présence de Paul Giaccobi, assis à côté de Frédéric Thiriez… qui s’assemble (hum), il n’a pas eu de problème de moralité et a pu à loisir lui serrer la main…) certains membres de l’élite se montrent bien méprisant envers le bas peuple turchinu, celui qui s’est saigné financièrement pour monter dans la capitale, celui qui est venu en famille pour faire la fête du sport, celui qui a galéré dans les cars jusqu’à 3 heures du matin faisant une nuit blanche pour prendre un avion à 6h du matin. L’orgueil de cette élite est la seule violence, celle qui tue le rêve du citoyen, celle qui méprise l’opinion de l’autre, la seule violence qui mérite un carton rouge.