Archives mensuelles : décembre 2014

Pousse ton char M1A1, Abrams

léopard egypte (Magà Ettori - Blog)Si l’homme ne réduit pas son empreinte écologique (surfaces alimentaires productives de terres et d’eau nécessaires pour produire les ressources qu´un individu, une population ou une activité consomme et pour absorber les déchets générés, compte tenu des techniques et de la gestion des ressources en vigueur) en 2050 30% des espèces existantes auront disparu. Rien d’étonnant à ce que l’on annonce des catastrophes tous les jours : le dernier léopard recensé en Égypte a été tué par un groupe d’irresponsables (bergers) dans la région d’Hayaleb, située au sud-est du pays. C’est à la suite d’une battue que le félin a été coincé dans une caverne, où la bête a été abattue. Selon les bergers, l’animal aurait attaqué leurs moutons et dromadaires. En Égypte, la mort de ce léopard a déclenché une polémique entre défenseurs des bergers et ceux de la cause animalière. Le léopard abattu appartient à une sous espèce de léopard : Panthera pardus nimr ou léopard d’Arabie. Il s’agit d’une des plus petites sous-espèces de léopard, classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Depuis le 19e siècle, la population de léopard d’Arabie a baissé de 90 %. LA vraie réalité est que ce félin était victime de la perte et de la fragmentation de son habitat. Solitaire, il vivait dans des zones reculées et accidentées de la péninsule arabique et de celle du Sinaï. Ces zones étant arides, le léopard avait besoin d’un vaste territoire pour trouver suffisamment d’eau et de nourriture.  Il a également été victime de la raréfaction de ses proies, des actions de défense du bétail et du braconnage. En Égypte, il existe de nombreuses réserves naturelles, mais elles disposent de peu de moyens en revanche, on sait que le gouvernement égyptien a payer 43,8 millions de dollars afin d’acquérir des licences et des logiciels auprès de
, et que la misère grandit à grand pas. Il y a des choix à faire en ce bas monde. L’Egypte a fait les siens depuis longtemps, à savoir les accords de Camp David en 1978. Depuis cette date l’armée égyptienne reçoit chaque année des États-Unis une aide évaluée en 2013 à 1,3 milliards de dollars. Selon le Congrès américain, l’importance du soutien américain est tel qu’il couvre près de 80% des dépenses d’équipement de l’armée égyptienne et près du tiers de son budget. Il comprend également la formation dans les écoles militaires américaines de centaines d’officiers égyptiens chaque année et la production sous licence de chars M1A1 Abrams en Egypte depuis 1988. Le Caire compte se doter de 1 200 chars de ce type. Oui, Il y a des choix à faire.

Basic Instinct

PhoquesLa Norvège cesse enfin de subventionner la chasse au phoque ! Le royaume versait une subvention annuelle de 1,3 million d’euros à ce secteur très logiquement controversé. Une somme qui représente jusqu’à 80% des revenus des professionnels. Espérons que cette décision éradique définitivement cette activité controversée dans le pays scandinave. Dans le cadre de l’examen budgétaire, une majorité de députés a voté tard jeudi soir pour la suppression, à partir de 2015, de la subvention annuelle de 12 millions de couronnes (1,3 million d’euros) jusqu’alors versée par l’Etat au secteur. Opposé à la suppression des aides publiques, Geir Pollestad, le président de la Commission parlementaire pour le Commerce et la Pêche déclarait :  »Il est important de souligner que le Parlement n’a pas décidé d’une interdiction de la chasse au phoque, mais nous craignons en réalité que la chasse disparaîtra avec les subventions. Le secteur est dans une situation difficile depuis que le commerce de produits dérivés du phoque avec l’Union Européenne  s’est arrêté. A raison de 12 millions de couronnes pour 12 000 phoques chassés, l’aide étatique représentait 1 000 couronnes (pratiquement 110 euros) par animal. Catherine Tramell et sa bande de psychopathes vont enfin pouvoir ranger leurs hakapiks.

Le fait du Prince

Musée A Bandera (Magà Ettori - Blog)
Le 21 juin dernier lors du vernissage de son exposition à Corte (130 clichés grand format), le photojournaliste Reza Deghati déclarait :  »Les yeux sont les fenêtres de l’âme. Ce que je cherche à travers mes portraits, c’est le moment magique où une personne va ouvrir cette fenêtre et me laisser contempler son intériorité  ». En attendant, le plasticien a réussi à ouvrir les fenêtres et les coffres de la Collectivité territoriale de Corse, avec la complicité du fossoyeur de la culture corse. Dans son discours érudit d’humaniste à géométrie variable, Paul Giacobbi (président du Conseil Exécutif de la CTC) rappelait le parcours engagé de Reza Deghati en tant que résistant face à l’obscurantisme et la dictature :  »Il porte en lui un message exemplaire d’humanité. Il impose un espace où l’art exprime la douleur et invoque l’apaisement ». L’apaisement ? De qui ? De quoi ? De toutes ces vies brisées par la mafia locale soutenu par des politiciens véreux ? L’apaisement des structures culturelles majeures comme le Musée à Bandera, bientôt jeté à la rue comme un vulgaire squatteur ? La part de subventions de la Collectivité Territoriale de Corse est en baisse, de 9,2 Millions d’euros en 2013, elle passe à 7,2 Millions d’euros cette année. Nous sommes donc en droit de nous poser certaines questions : Qu’est ce que les 4 millions d’Euros généreusement octroyé au Tour de France ont rapportés à la Corse ? A part bien entendu, le fait que monsieur Giacobbi ai pu parader sur la scène internationale (qui l’intéresse visiblement plus que l’île), devant tous les grands médias ? Est ce que l’on ne pousse pas un peu mamie dans les orties en dotant l’exposition Reza Deghati de 200000€ ? Un caprice, voir un fait du prince Giacobus 10eme du nom. En attendant, le Musée à Bandera, véritable porte étendards de la culturelle corse quittera définitivement ses locaux de la rue Général-Levie d’ici janvier pour des raisons financières. Pendant plus d’un quart de siècle, l’association fondée par Jean-Pierre Martinetti et dirigée à présent par Bernard Cabot pour assurer le développement et la diffusion de la recherche sur l’histoire de la Corse a été un des fleurons de la cité impériale. Vêtements et costumes d’époque, maquettes, véhicules, diaporamas, documents, tableaux, gravures, armes …  Fautes de soutien financier, l’association va fermer ses portes. Incroyable ! Il ne reste plus qu’à espérer que Reza Deghati, puisse photographier ce pan entier de notre culture avant que la collection ne soit définitivement perdu . Chi vergogna !

L’homme qui murmurait à l’oreille des lasagnes

findus

Noêl approche avec son corolaire de musiques douces, de petits cadeaux et de nourriture riche, comme le foie gras. Humm un bon foie gras,… quel délice. Il suffit d’oublier le scandale du gavage et tout va bien. Quelle importance que des canards malades soient gavés malgré tout, soignés avec des antibiotiques et du sulfate de cuivre ? Cinq anciens gaveurs du groupe agroalimentaire béarnais Euralis ont tout de même portés plainte contre X pour tromperie auprès du parquet de Pau. Une plainte restée lettre morte depuis, malgré les  »pratiques abjectes » dont ils ont été témoins. Mais ce n’est rien – diraient certains – comparé a l’affaire des 40.000 tonnes d’huile de tournesol ukrainienne coupée au lubrifiant pour moteur qui ont été distribuées en Europe. D’ après le Canard enchaîné, des produits alimentaires fabriqués à partir de cette huile n’auraient pas été retirées du marché, officiellement «en l’absence de toxicité aiguë».  L’histoire commence le 21 avril quand le groupe Saipol, maison mère des mayonnaises Lesieur, informe la Répression des fraudes que des escrocs leur ont livrés une cargaison de 40.000 tonnes d’huile de tournesol ukrainienne coupées avec 280 tonnes d’huile de moteur.  Blocage des ventes levé  Dès le 26 avril, des produits sont enlevés des rayons, l’enseigne Carrefour admet par exemple en avoir retiré pas moins de 200. Mais la Répression des fraudes a publié le 7 mai une note : «Le blocage des produits ayant moins de 10% d’huile de tournesol contaminées est levé depuis le 2 mai, ceux contenants plus de 10% sont soumis au blocage et retrait». Magnifique ! Donc les empoisonneurs, pardons les industriels et les distributeurs peuvent continuer à vendre les produits contaminés, tant qu’ils contiennent moins de 10% d’huile contaminée. Motif invoqué par la Répression des fraudes: «l’absence de toxicité aiguë». La Commission européenne, qui est à l’origine de la décision, explique que l’huile de moteur incriminée n’est pas si dangereuse que ça : un homme de 60 kg peut en ingurgiter jusqu’à 1,2 gramme par jour sans risque. Ah ils sont fort ces lobby tout de même. En même temps l’industrie agro-alimentaire n’en est pas un scandale près. Tiens petits flashback sur nos années malbouffe :

– 1986-1996 : la crise de la « vache folle », le secrétariat d’État britannique de l’Agriculture signale l’apparition d’une maladie nouvelle affectant des bovins britanniques. Plus d’un an plus tard, l’ESB est identifiée et en 1987, on découvre que la maladie provient de l’incorporation de farines animales dans l’alimentation des ruminants. L’ESB peut se transmettre par voie digestive à l’homme sous la forme de Creutzfeldt-Jakob. De quoi ruminer notre rancœur !

– 1999 : le scandale du poulet à la dioxine, la crise débute en Belgique et s’étend à la France. De la dioxine, une molécule toxique qui peut être à l’origine de cancers et de troubles hormonaux, est découverte dans des farines pour la volaille et le bétail. Que du bonheur !

– 2001 : épizotie de fièvre aphteuse, un épisode épidémique de fièvre aphteuse touche le Royaume-Uni. La souche serait issue de déchets de repas non consommés à bord d’un avion provenant d’Afrique du Sud, et distribués à un élevage de porcs, qui contamine un élevage ovin. Environ 1 million d’animaux devront être abattus… un détail ?

– 2002 et 2003 : viande interdite chez Buffalo Grill, plusieurs salariés de la chaîne de restaurants Buffalo Grill affirment avoir vu de la viande britannique – sous embargo à l’époque – dans une usine de découpe de l’entreprise. En 2003, Buffalo Grill se retrouve au cœur d’un nouveau scandale, avec la découverte de 60 kilos de viande avariée dans les cuisines d’un de ses restaurants, situé près d’Opéra à Paris. Dans les plaines du Far west quand vient la nuit …

– 2003-2006 : épidémie de grippe aviaire, cette grippe du poulet est apparue en 2003 en Asie, puis s’est répandue au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique. Elle a fait 240 morts. Au plus fort de la crise, entre 2005 et 2006, quatorze pays de l’Union européenne sont touchés. Encore une fois, des millions de bêtes ont été abattues. Bah, les animaux ne portent pas plainte.
– 2006 : alerte sur les produits importés, essentiellement la la listeria avec la panga du Vietnam, alerte à l’E.coli avec les palourdes de Turquie, alertes diverses sur les produits alimentaires provenant de Chine… Ah mince c’est ballot !

– 2008 : du lait chinois à la mélamine, 53.000 enfants sont  contaminés (une centaine sont dans un état grave et 4 bébés décèdent), après avoir bu du lait « supplémenté » en mélamine pour accroître de façon artificielle sa teneur en protéines. Deux des compagnies laitières incriminées exportaient leurs produits en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient… En Belgique, du lait mélaminé est détecté dans des friandises vendues dans des magasins asiatiques. Ah le pays de Candy !

– 2011 : de l’E.coli dans les concombres, après des soupçons portés sur le concombre espagnol, puis les tomates et la salade verte, le verdict tombe : des graines germées issues d’une ferme biologique du Nord-ouest de l’Allemagne sont responsables de l’épidémie de E.coli à l’origine de 40 décès et 4.000 hospitalisations en Europe. Il faut en prendre de la graine !

– 2012 : des steaks hachés contaminés par la bactérie E.coli font une quarantaine de morts en Europe. En France, une dizaine d’enfants sont hospitalisés. Les steaks surgelés commercialisés sous les marques Steaks Country, Maison Spanghero et Bien Vu sont immédiatement retirés de la vente. Rien ne sert de courir…

– 2013 : du cheval dans les lasagnes, la découverte au Royaume-Uni de viande de cheval dans des hamburgers puis des lasagnes Findus censés contenir du boeuf provoque un scandale qui prend une dimension européenne. A l’image de leurs homologues britanniques, les distributeurs français  retirent de leurs rayons lasagnes, cannelloni ou spaghetti bolognaise, moussaka, ou encore hachis Parmentier à base de boeuf. L’enquête menée par la Répression des fraudes met en lumière un circuit complexe de commercialisation de cette viande et révèle des failles dans le système de contrôle alimentaire. On est à cheval sur des détails là.

Non mais sérieux ! Il ne se reposent jamais ? C’est impressionnant tout de même mis bout à bout… Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes fêtes et un excellent appétit !