Qui aime bien, châtie bien

Poupée (Magà Ettori - Blog)Le 20 novembre 1989 à New York, l’Assemblée Générale des Nations Unies adopte la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Vingt-cinq ans plus tard, ce jour est devenu Journée mondiale de l’enfance en France, et la CIDE a été ratifiée par 193 Etats. Deux ne l’ont pas signée, le Soudan du Sud et la Palestine, du fait de leur statut ambigu au sein de la communauté internationale. Deux autres l’ont seulement signée, sans la ratifier. C’est le cas de la Somalie, et des Etats-Unis. La signature est un simple engagement politique, la ratification implique la mise en œuvre de cette convention, en mettant en place des services, en adoptant certaines mesures, en faisant appliquer les dispositions de la convention devant les juges. Et en France pays des droits de l’homme ? En France on y va volontiers de sa petite fessée, ou de quelques gifles. En gros on transgresse allègrement les droits fondamentaux des enfants, en n’interdisant toujours pas au sein de la famille le recours à des méthodes éducatives violentes physiquement et psychologiquement, basées sur les châtiments corporels, la peur, l’humiliation et la privation. Le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, et le Comité des droits de l’enfant à deux reprises du (2004, 2009) a demandé à la France d’interdire les châtiments corporels dans tous les contextes, y compris la maison. La question se pose : pourquoi les enfants, qui sont des personnes vulnérables, fragiles et dépendantes, sont les seuls en France dont on n’ait pas à respecter totalement l’intégrité physique et psychique. Que l’on puisse les taper, gifler, pincer, fesser, humilier sous couvert d’éducation et de droit de correction ?   Un droit de correction ? comme dirait mon ami Popeck : on est pas des sauvages tout de même. Comment ce droit coutumier de correction toujours en usage, reconnu par la Cour suprême en 1819 et s’exerçant dans le cadre de l’autorité parentale, peut-il être conciliable avec le devoir de protéger l’enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement dans le respect de sa personne (article 371-1 du code civil) ?  Pourquoi n’est-il pas abrogé ? En toute incohérence mettre une rouste adulte (même beaucoup plus fort physiquement que soi … si, si,… je sais de quoi je parle) est considéré comme une atteinte à ses droits et à sa dignité, alors que frapper un enfant et l’humilier peut être considéré comme normal pour un parent, si c’est pour le corriger et l’éduquer. Aimer et élever son enfant serait donc conciliable avec le fait de lui faire mal physiquement et psychologiquement. Ah quand le libre arbitre et l’abrogation de la bêtise ? Ah ! Oui j’oubliai : « Qui aime bien, châtie bien » ; je vais vous en donner moi de l’amour ! A propos, en France, une femme sur dix déclare avoir subi des violences conjugales. Vous ne voyez pas le rapport ? Alors rendez-vous le 25 novembre 2014 pour la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

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