La fin de la démocratie !

Droit de l'Homme (Magà Ettori - Blog)Nous avons vécu aujourd’hui les signes avant coureurs de la fin de la Démocratie du pays des Droits de l’homme. Une quenelle vient d’avoir raison de toutes les valeurs positives liées à notre régime politique. Que les valeurs véhiculées par monsieur Dieudonné Mbala Mbala soient épouvantables, c’est une évidence. Que des décisions doivent êtres prises pour empêcher ce type de comportement, rien de moins logique. On ne peut pas tout permettre sous prétexte de la liberté d’expression. Toutefois, est-ce une raison pour ébranler toutes les valeurs de la République ? Rien de moins certain.  Le principe de la liberté d’expression, proclamé par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, Vient de prendre du plomb dans l’aile. La censure avait presque disparu en France depuis 1906, la République en avait fini avec l’interdiction préalable d’un film, un livre, un journal, une réunion, …

A l’issue d’un mois de présence outrée de Dieudonné dans la plupart des médias et d’une journée de procédures judiciaires, le Conseil d’Etat a finalement donné raison au gouvernement en décidant d’interdire le spectacle de l’humoriste prévu ce jour à Nantes. Dans la matinée, le tribunal administratif, saisit en référé par les avocats de monsieur Mbala Mbala, avait annulé l’arrêté du préfet de la Loire-Atlantique interdisant la représentation. Le Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative du pays, saisit en référé a annulé cette décision, estimant  »que la réalité et la gravité des risques de troubles à l’ordre public mentionnés par l’arrêté du préfet étaient établis tant par les pièces du dossier que par les échanges lors de l’audience publique. »

Manuel Valls avait saisi le Conseil d’Etat quelques minutes après la décision de justice autorisant de fait le spectacle de Dieudonné . « Face à la mécanique de la haine, il faut de la fermeté, de la sérénité et de la persévérance », s’est il justifié. L’arrêté d’interdiction frappant le spectacle de Dieudonné à Nantes ce soir avait, en effet, été annulé ce jeudi en référé, par le Tribunal administratif , laissant donc la voie libre à la tenue de la représentation prévue au Zénith. « Le tribunal administratif de Nantes suspend l’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a interdit la représentation du spectacle  »Le Mur ». Mais pourquoi remettre en cause un système pour Dieudonné ?  Les peines encourues  pour des propos racistes, négationnistes ou homophobes vont jusqu’à un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. Dieudonné est régulièrement condamné ok ! dont acte ! Cet arsenal judiciaire est amplement suffisant pour garantir la liberté d’expression tout en évitant les dérives les plus dangereuses, d’autant que la Cour européenne des droits de l’homme défend exactement les mêmes principes dans ses arrêts : oui à la liberté d’expression, liberté publique sans interdiction préalable, mais responsabilité et sanctions pénales en cas d’abus avéré.

Dans sa décision, le juge des référés, Bernard Stirn, considère que la réalité et la gravité des risques de troubles à l’ordre public sont établis, selon l’ordonnance. Oui bien entendu, mais pourquoi en arriver à de telle extrémités judiciaires ? Pourquoi mettre à mal le système judiciaire français ? En 2001, l’État français a été condamné 18 fois par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour violation de l’article 6-1 de la Convention européenne des droits de l’homme, selon lequel tout citoyen a droit à ce que sa cause soit entendue « dans un délai raisonnable » par un tribunal. Dans un cas comme dans l’autre où est la raison ? Bernard Stirn précise, à juste titre : « Le contenu du spectacle est connu et je dirais même que l’on est dans une surenchère », avait dit, à l’audience, la représentante du ministère de l’Intérieur. L’argument allait à l’encontre d’un de ceux du tribunal administratif de Nantes, pour qui il n’était pas établi que le spectacle  »Le Mur » soit construit autour de la thématique des attaques contre la communauté juive ou l’interprétation de faits historiques (la Shoah). Devant la salle du Zénith près de Nantes, où ils patientaient depuis quelque temps, les spectateurs se sont mis à entonner La Marseillaise et à scander « liberté d’expression », « Valls démission » et « Dieudonné, Dieudonné ». On croit rêver ! Quand on dit que Dieudonné tient des propos antisémite ou bien entendu (son spectacle est visible sur le web), mais pas seulement, ils sont clairement racistes.

Manuel Valls faisant à la fois office d’accusateur et de tribunal, au mépris du principe fondamental de la séparation des pouvoirs, à tendance à tout confondre. Sauf à dire que c’est de l’abus de pouvoir. Le Ministre de l’intérieur après avoir pris un bain médiatique, précise sereinement : « On ne peut pas tolérer l’antisémitisme, le négationnisme et le racisme, et la plus haute juridiction de notre pays l’a dit, c’est une victoire pour la République. » Jean-Marc Ayrault a, lui, salué une décision qui « conforte la position du gouvernement ». Et nous nous pensons que c’est un embryon de tyrannie.

La France est en crise. Les politiques semblent impuissantes à soigner cette grave malade, et voilà qu’on nous fournit encore notre dose d’opium. Avec presque 50% de prélèvements obligatoires sur le PIB, six milliards d’impôts supplémentaires liés au budget 2013 et six autres milliards supplémentaires prévus en 2014, la fiscalité en France s’alourdit. 50% de prélèvements obligatoires sur le PIB, c’est ni plus ni moins un record du monde de la pression fiscale parmi les premières puissances mondiales. Le taux de chômage et la précarité sont eux définitivement alarmants. Les trois grands piliers du modèle social français (santé, emploi, retraite) sont mis à mal, etc, etc, etc.

Donc la question qui se pose est :  »Est-ce que l’affaire Dieudonné ne cache pas autre chose ? » Il n’y a qu’un seul précédent où le Conseil d’État est intervenu aussi rapidement ce fut dans l »’affaire Canal » en 1962, qui concernait une condamnation à mort. La stratégie violente, employé par le gouvernement, en pleine campagne électorale, ne peut qu’interpeler les citoyens. En clair, on a vraiment l’impression qu’on nous enfume avec l’affaire Dieudonné, et que c’est bien parti pour durer : outre le spectacle de Nantes, des arrêtés d’interdiction ont été pris pour les représentations prévues à Tours vendredi et à Orléans samedi.

Pour rappel, la crise économique qui a frappé la Rome antique, et le discrédit de ses lois ont été bien acceptées au départ car elles apportaient la paix romaine et l’opulence. Elles furent contestées et combattues dès lors qu’elles ne visaient plus qu’à drainer le maximum de ressources sur une Rome devenue oisive et des dignitaires corrompues, sans fournir de réel service aux populations en contrepartie. Il faut de la rectitude morale pour diriger un pays, pas de la communication à outrance. La quenelle fumée est définitivement le plat le plus indigeste de la gastronomie française, et il annonce quelque chose de plus grave, comme un déclin.

 

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3 réponses à “La fin de la démocratie !

  1. yablokoff

    oui, à chaque fois que le gouvernement veut nous entuber il jette en pâture des sujets qui excite « le peuple » pour faire cran de fumée…..

  2. yablokoff

    ce qui ne veut pas dire qu’il fasse laisser faire….

  3. yablokoff

    qui excitent….écran :-(les fautes

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