Archives mensuelles : décembre 2013

Quand féminisme rime avec extrémisme

femen

Une militante seins nus se revendiquant du groupe féministe Femen qui urine devant l’autel de l’église de la Madeleine à Paris, après avoir mimé un avortement. Toutes mes félicitations : enfin une femme qui fait preuve d’autant de stupidité qu’un homme, nous voilà enfin à égalité. Suite à une plainte du prêtre présent au moment des faits, une enquête a été ouverte par la police. Toutefois sans attendre le résultat,  nous pouvons dès à présent en conclure, qu’il manquait à cette militante un quart d’heure de cuisson. Face à une dizaine de personnes présentes dans l’église, et alors qu’une chorale répétait non loin, la jeune femme a déposé devant l’autel un morceau de foie de veau censé représenter un fœtus avant d’uriner sur les marches de l’autel. 344 salopes était écrit sur son ventre, une référence au manifeste des 343 femmes qui avaient signé un appel à la dépénalisation de l’avortement et la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse en avril 1971. Dans son dos était on pouvait lire  « Christmas is aborted ». La seule bonne nouvelle est que cette militante Femen a ensuite quitté l’église sans prononcer une seule parole. En même temps un grelot en guise de cervelle cela ne facilite pas l’élocution. Et dire qu’à l’origine je trouvais, la cause Femen juste. Comme quoi l’extrémisme atteint vite ses limites. 

 

Les Rencontres du Cinéma Néo Contemporain – 2013

RENCONTRES DU CINEMA NEO CONTEMPORAIN 2013 - AFFICHEC’est parti pour  »Les Rencontres du Cinéma Néo Contemporain » édition 2013. Comme une modeste pierre à la bâtisse du 7eme art, cette troisième édition s’annonce sous les meilleures auspices. Trois jours très denses en Corse mais également à Alger, Londres, Milan et Paris. En bref et en résumé le 20 sera consacré à Robert Wise et aux courts métrages corses (Terra, The poursuit, Night of The Wolf, U Sgaiufu, Sperenza, Tre zitelle), le 21 sera dédié au Jour le Plus court et le 22 permettra de se réunir autour des travaux de nos jeunes créateurs.

La fin du calendrier Maya annonçait la fin du monde le 21 décembre 2012, mais visiblement il s’agissait d’une erreur d’interprétation puisque nous sommes toujours ici pour en parler. Et c’est tant mieux car l’année 2013 a été très riche et très dense d’un point de vue artistique.

Depuis plus de 20 ans, l’Institut Régional du Cinéma et de l’Audiovisuel Corse (IRCA) applique une politique d’appui à la formation, à la production et la distribution audiovisuelle et cinématographique en Corse. Master Class, débats, rencontres, formation, assises, chartes, tournages, projections, … tout a été fait dans l’île pendant deux décennies ou presque. Les résultats sont là aujourd’hui, tant d’un point de vue artistique que structurel. Cette base solide nous permet de nous éloigner du coeur de nos activité pour nous rapprocher de notre autre moi, ailleurs.

Pour la première année les Rencontres du Cinéma Néo Contemporain ne se déroulent pas exclusivement en Corse mais également dans d’autres Capitales, régions du monde. Certains se demandent déjà si je considère Ajaccio ou Bastia comme des Capitales… mais certainement et pas seulement  ! Il est assez jubilatoire de rapprocher (au moins artificiellement) Ajaccio, Alger, Bastia, Bigorno, Bonifacio, Cauro, Furiani, Londres, Milan, Moca Croce, Paris, Sisco. Un grand merci à toutes les structures sur places, qui ont fait le meilleur accueil à ces Rencontres du Cinéma Néo Contemporain. Voilà une belle passerelle que nous tendons à nos créateurs insulaires pour se faire connaître hors de nos frontières naturelles.

Dans l’organisation de cette manifestation on y voir la nouvelle orientation de l’IRCA, qui va de plus en plus rayonner. Il est désormais indispensable à la création cinématographique émergente de rencontrer d’autres professionnels, d’autres horizons. Nous aurions pu faire un festival de plus, une projection de plus, et encore une autre, mais il nous semble que tout est en place aujourd’hui pour envisager le cinéma de demain. En Corse, il ne reste plus qu’a laisser faire le temps. C’est pourquoi nous avons décidé de limiter nos projections publiques à l’hommage à Robert Wise le 20 décembre et au  »Jour le plus Court » le 21 décembre.

Le jour du solstice d’hiver : toute la journée et la nuit seront consacrées à partager ensemble la richesse du court métrage. Une journée créative, festive, pleine de diversité. Cette fête qui depuis trois ans montre toute la richesse du film court sous toutes ses formes, partout et sur tous les écrans, de la salle de cinéma jusqu’à la tablette numérique, de la télévision à internet. Sans oublier les  »lieux alternatifs ». C’est une fête participative où toutes les structures et personnes qui le souhaitent sont invitées à proposer des initiatives et à diffuser des œuvres. Une fête qui se veut le reflet de la vitalité du court métrage avec ses productions audacieuses, ses organisations professionnelles et structures associatives, plus dynamiques les unes que les autres. Une fête qui met à l’honneur le court métrage pour qu’il puisse rencontrer une plus large audience et dialoguer avec elle. Le jour le plus Court encadre la mise en place du concept, la communication, la couverture presse nationale et internationale, la présence des participants dans le programme officiel avec sa déclinaison web et applications mobiles, l’envoi d’affiches, la mise à disposition par l’Agence du court métrage d’un catalogue de films libres de droits pour une diffusion le 21 décembre 2013, alors que l’Institut Régional du Cinéma et de l’Audiovisuel (IRCA) coordonne l’action en Corse.

Le vendredi 20 décembre, un hommage sera rendu à Robert Wise en Corse, Alger, Londres, Milan et Paris. Des courts métrages de créateurs corses seront présentés en première partie de soirée dans toutes ces salles. Robert Wise un créateur incroyable auquel nous souhaitons rendre un hommage. Décédé en 2005 à Los Angeles, il est né à Winchester dans l’Indiana le 10 septembre 1914. Entré dans l’industrie cinématographique en 1933, il devient à partir de 1939 l’un des monteurs les plus réputés de l’époque, collaborant notamment avec Orson Welles pour Citizen Kane (1940) et La splendeur des Amberson (1942). En 1944, il remplace Gunther Von Fritsch jugé trop lent par le producteur Val Lewton, sur le plateau de  »La malédiction des hommes chats ». Très vite, il devient par son sens du rythme dans le découpage, sa maîtrise dans l’agencement des séquences, un réalisateur au professionnalisme envié, touchant à tous les genres avec un rare bonheur. A partir de 1961, Robert Wise entre dans une autre catégorie de cinéastes : les champions du box-office. Il signe en 1965 la célèbre Mélodie du bonheur l’une des plus fabuleuses recettes de toute l’histoire du cinéma qui gagne cinq Oscars. Star Trek fut également un succès considérable. Il réalise également West Side Story dirigé en collaboration avec le chorégraphe Jérôme Robbins, et remporte 11 Oscars. Les films de Robert Wise nous semblaient extrêmement fédérateurs, et plus particulièrement West Side Story que nous avons utilisé pour l’affiche des Rencontres.

Le thème central des Rencontres du Cinéma Néo Contemporain 2013 est la danse. A l’instar de la musique la danse est un langage universel, compréhensible et lisible partout et par le plus grand nombre. La journée du dimanche 22 décembre sera donc consacré à des rencontres entre professionnels autour de la danse au cinéma. Pendant l’année 2013, nous avons sollicité un nombre important de créateurs en Corse mais également à l’extérieur pour travailler sur le thème de la danse. Dans la journée les films seront projetés et analysés par des réalisateurs et des producteurs. Plusieurs films dansants seront présentés en première partie de West Side Story dont  »Night of the wolf » réalisé dans le cadre des Rencontres du Cinéma Néo Contemporain 2012 et qui a obtenu deux prix cette année. Vitrine de la création insulaire, Les Rencontres du Cinéma Néo Contemporain édition 2013 : une réussite annoncée ! Bonnes rencontres à tous.
 

Magà Ettori

Délégué des Rencontres du Cinéma Néo Contemporain

Président de l’Institut Régional du cinéma et de l’Audiovisuel (IRCA)

Hommage à Nelson Mandela

NELSON MANDELA - AriakinaL’humanité quasi unanime a rendu un dernier hommage à Nelson Mandela. Après dix jours de deuil national, ses obsèques ont eu lieu en dimanche matin dans le village de son enfance, Qunu, où il a été inhumé à midi au moment où le soleil était à son zénith.  La première cérémonie a débuté par l’hymne national  »Nkosi Sikelel’iAfrika ». Ce sont les premières funérailles d’Etat de l’histoire de l’Afrique du Sud. Plus de 4000 dignitaires accompagnaient l’ancien président dans son dernier voyage. La cérémonie faite de discours, qui mêlait honneurs militaires et rites traditionnels Xhosa, a été loin de l’euphorie qui la veille avait entouré le trajet du corbillard de Mandela à Mthatha, la capitale régionale. Devant le cercueil, et son parterre d’invités représentant presque toutes les nations de la terre, le président sud Africain Jacob Zuma a rappelé, une fois encore, combien le pays devait au défunt  »Et aujourd’hui plus que jamais nous devons l’écouter. Ses paroles sont souvent comme des versets de la Bible ». Le cercueil de Nelson Mandela, recouvert d’un drapeau sud-africain, a été déposé sur des peaux de vaches Nguni. Ahmed Kathrada, son vieil ami et camarade de détention à Robben Island a bouleversé l’assemblée en saluant son grand frère. NELSON MANDELA - DenisParis a accompagné Nelson Mandela par la pensée à travers les illuminations de la Tour Eiffel. Sous l’impulsion de Komlan Denis Kouayi, un hommage a été rendu au héros de la lutte anti-apartheid :   »Pour Mandela, la Tour Eiffel et 1000 bougies le 15 Décembre à Paris  ». On dansait le Gumboots et on chantait aujourd’hui sur le parvis des Droits de l’homme.

Couvrez cette barbarie que je ne saurais voir

Grindadrap (Magà Ettori - Blog)Quand le décolleté ravageur de la top model brésilienne Fernanda Lima, provoque un choc des cultures, cela renvois nécessairement aux propos de Shirin Ebadi : « En Iran, la condition des femmes s’est nettement dégradée après la révolution de 1979. De nombreuses lois discriminatoires à l’égard des femmes ont été établies. Le mouvement féministe est extrêmement fort en Iran, et il s’insurge contre ces discriminations. Il a obtenu un certain nombre de victoires ces dernières années, mais l’objectif étant d’atteindre l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes, le chemin est encore long.«  Très long en effet, Shirin Ebadi a été la première femme juge en Iran, avant de devenir avocate. Elle s’est opposée au régime des mollahs et a défendu des dizaines d’opposants. En juin 2009, une partie de la population s’est révoltée contre le pouvoir mais la révolte a été matée.

Fernanda Lima - coupe du Monde de Football (Magà Ettori)En 2013, est ce que le Monde va mieux du côté de l’Iran ? Apparemment pas puisque les Iraniens ont été privés de la retransmission du tirage au sort de la Coupe du monde de football à cause de la tenue de Fernanda Lima. Un détail me direz vous. Le tirage au sort de la Coupe du monde oui bien entendu, la censure, je ne sais pas. Tout avait pourtant été prévu pour que les téléspectateurs iraniens ne manquent rien du tirage au sort. Un léger différé avait même été mis en place comme c’est souvent le cas dans le pays, afin de prévenir l’éventuelle diffusion d’images non voulues. Il n’aura finalement pas fallu longtemps pour que ces images indésirables fassent leur apparition. Dès le début de la retransmission de l’émission, le décolleté de Fernanda Lima avait en effet provoqué un certain malaise.  Face à l’impossibilité de le cacher, les responsables de la censure auraient donc décidé de stopper purement et simplement la diffusion de l’émission, au grand dam des téléspectateurs.

Grindadrap 1 (Magà Ettori - Blog)On peut comprendre qu’au sein d’une partie de la population cette vision indécente puisse provoquer des nausées, un peu comme le Grindadrap provoquerait chez nous. En effet, si le massacre d’animaux marins est souvent l’apanage des pays asiatiques (chasse à la baleine, massacre de dauphins au Japon, Corée du Sud, …), ces pratiques existent également en Europe, outre la chasse à la baleine en Islande, un pays s’adonne chaque année à une pratique sanguinaire : le Grindadrap, soit le rabattage et le massacre de familles entières de dauphins-pilotes aux îles Féroé (Danemark). Le Grindadrap date du IXe siècle. A l’origine, un Grindadrap mené pouvait nourrir un village tout entier pendant des mois. Cette chasse était également l’occasion, pour les jeunes pêcheurs qui s’y initient de prouver leur virilité, une Bar Mitsva féringienne quoi … A l’époque, le Grindadrap demandait une grande coordination des pêcheurs embarqués sur des bateaux, qui devaient encercler un groupe de baleines ou de dauphins et les emmener dans une baie, où les cétacés étaient bloqués dans les eaux peu profondes. Les pêcheurs restés sur le rivage s’avançaient dans l’eau et traînaient les baleines jusqu’au bord avec des cordes et des crochets, puis les égorgeaient avec de grands couteaux (grinds) tout en leur brisant la colonne vertébrale. Après le Grindadrap, les participants comptent le nombre de prises et évaluent la pêche. Les autorités locales distribuent équitablement et gratuitement la viande et la graisse de baleine aux résidents, qui les ramènent chez eux pour préparer la viande.

Grindadrap 2 (Magà Ettori - Blog)Autrefois sans doute nécessaires pour nourrir la population féringienne, les massacres de globicéphales sont incompressibles aujourd’hui, les iles Féroé affichent l’un des niveaux de vie les plus élevés d’Europe. De surcroit, la viande et la graisse de ces animaux contient des polluants et des substances toxiques, dues à l’activité d’industries lourdes, qui se sont accumulés dans les tissus des animaux via le processus de la bioaccumulation. À cause de fortes concentrations de mercure et de PCB[5] dans ses tissus, la chair des globicéphales n’est plus considérée comme comestible par le corps médical féringien lui-même. Les taux de toxicité dépassent largement les limites imposées par la législation européenne. Beaucoup d’habitants ont réduit leur consommation de viande et de graisse de baleine, suite aux publications du système hospitalier féringien, mais cette consommation n’a pas disparu complètement : elle reste une tradition culturelle. Le Grindadrap perdure donc et est aujourd’hui le plus grand massacre de mammifères marins d’Europe. La tradition s’est largement modernisée : les féringiens ont désormais recours aux bateaux à moteurs, à des radars, des téléphones portables… On est loin des barques et des signaux de fumée d’antan. Les globicéphales, une espèce menacée  Les dangers que doit affronter le globicéphale sont nombreux : surpêche, raréfaction de leur nourriture, pollution, acidification des océans, captures accidentelles, nuisances sonores liées aux activités militaires, tests sismiques… À cela s’ajoutent Grindadrap. On y observe des dauphins dotés d’une intelligence, d’une conscience d’eux-mêmes et d’une grande solidarité entre membres d’une même famille : aussi l’agonie est un moment particulièrement atroce pour ces animaux. On peut d’ailleurs observer que les dauphins ne prennent pas la fuite, mais reviennent défendre les plus petits d’entre eux, pour finir massacrés. Oui Tartuffe, par de pareils objets, les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées, mais pas celles que l’on pourrait croire. En même temps un top model brésilien, c’est sans doute moins blessant qu’un grind féringien, mmmhumm pas certain.

Le dernier voyage de Madiba

MADIBA - NELSON MANDELA (Magà Ettori)Madiba, Nelson Rolihlahla Mandela le héros de la lutte anti-apartheid a rejoint l’Orient Eternel. Le président sud-africain Jacob Zuma, a déclaré hier soir :  »Nelson Mandela s’est éteint » avant de rendre un poignant hommage à l’ancien président sud-africain :  »Notre cher Madiba aura des funérailles d’Etat », a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne jusqu’aux obsèques.

Dans l’histoire de l’humanité, il y a les Hommes et des exceptions, ni meilleurs, ni pires, juste des exceptions. Nous savons la grandeur de Nelson Mandela, lui  rappelait qu’il n’était  »ni un saint ni un prophète » , déplorant qu’on l’idolâtre, il insistait sur ses erreurs, ses insuffisances, et ses impatiences. On l’a souvent comparé, au Mahatma Gandhi, au Dalaï Lama, à Martin Luther King, oui pourquoi pas ? D’autres exceptions, d’autres destins, d’autres lumières, d’autres phares au cœur de l’obscurantisme.

Rolihlahla en langue xhosa  »le fauteur de troubles », était déjà un exemple pour les opprimés de la terre et un mythe universel. Son propos en conclusion d’une plaidoirie de quatre heures à son propre procès le 20 avril 1964, lui avaient ouvert à jamais les portes de l’Histoire et le cœur des Hommes :  »J’ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle tous vivraient ensemble, dans l’harmonie, avec d’égales opportunités. C’est un idéal que j’espère atteindre et pour lequel j’espère vivre. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.  » Cette déclaration, fit le tour de la planète avant que le gouvernement minoritaire blanc de l’apartheid n’interdise sa diffusion et bannisse pendant trois décennies jusqu’au nom et aux traits du célèbre prisonnier de Robben Island. Il n’en fallait pas plus pour que la légende soit ! Nous l’imaginons, aujourd’hui, marchant dans le soleil couchant récitant William Ernest Henley :  »Aussi étroit que soit le chemin, Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme : Je suis maître de mon destin ; Et capitaine de mon âme ». Il nous a rendu meilleur, dans l’adversité, par son exemple supérieur. Bon voyage Madiba et merci.