Muscular , Edvige, et autres barbouzes

Les Barbouzes Francis Blanche (Magà Ettori - Blog)Dans la nuit du 28 au 29 octobre 2013, le monde vivait en paix. Et qui, au cours de cette nuit, appuya le premier sur la gâchette ? Qui recassa le vase de Soissons ? Bref, qui donna le premier coup de pied au cul ? aurait commenté Lautner.  L’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) intercepte des données de centaines de millions d’utilisateurs de Google et Yahoo!, a assuré le Washington Post. Et les européens de se plaindre de cet espionnage – économique – abusif sous couvert de lutte contre le terrorisme. Enfin nous parlons de la protection de la vie privée des citoyens. Bien entendu le développement des nouvelles technologies démultiplie les possibilités de surveillance des citoyens, que ce soit par l’État ou par des sociétés privées. Les services web gratuits, qui basent leur stratégie commerciale sur de la publicité ciblée, collectent et centralisent le plus de données possibles sur leurs utilisateurs. D’un autre côté, les pouvoirs publiques  se laissent aller à des atteintes toujours plus graves aux fondements de la démocratie, en étendant sans cesse la portée de ses dispositifs de fichage et de surveillance de la population. Cas d’école :  les écoliers fournissent des données à leurs professeurs en début d’année qui sont saisis pas les directeurs d’établissement dans Base-Élève (BDE1), les mentions sur leurs carnets de suivi (y compris disciplinaires) sont entrées dans le Livret Personnel de Compétences (LPC), et tous ces fichiers (et d’autres comme SCONET ou Affelnet) sont centralisés au niveau du Ministère de l’Éducation nationale et interconnectés au moyen d’un numéro Identifiant National Élève (BNIE).  Ce dispositif a été pointé du doigt par le Rapporteur des Nations Unies pour les droits de l’Enfant et pourtant le système fonctionne (http://www.cnil.fr/documentation/fiches-pratiques/fiche/article/base-eleves-1er-degre-mode-demploi/).  Ainsi par l’intermédiaire de l’Education Nationale, l’État déploye un fichage généralisé de la population. Au fil des années voire des mois, l’étendue de ce fichage s’étend et l’interconnexion entre les établissements et les cycles est progressivement réalisée. D’ici quelques années, en violation de l’esprit de toutes les lois votées jusqu’à présent, l’État aura fiché et centralisé l’intégralité du parcours de tous les enfants et étudiants de France. Ces fichiers sont dangereux à plusieurs titres. Outre le fichage par l’État de renseignements comme la nationalité des élèves et de leurs parents (également censurée par le Conseil d’État) les dérives sont évidentes. Les fichiers mis en place en France à l’instar Base Élèves ne manquent pas. C’est le cas par exemple du DAVC (Diagnostic À Visée Criminologique), qui permet de ficher toute la population sous main de justice (PPSMJ). Bien que ce dispositif recense des personnes condamnées par la justice. Ainsi sont interconnectés les fichiers de justice et de police : on se souvient que le fichier EDVIGE, présenté comme outil pour l’antiterrorisme et le contre-espionnage, fut retiré lorsque le public a réagi à la nature des informations – santé, sexualité, etc, … et le tout stockées par les ex-RG. Alors la polémique entre les Etats-Unis et leurs alliés, n’est elle pas un peu sur jouée ? Selon le Post qui cite des documents obtenus auprès de l’ex-consultant de la NSA Edward Snowden, le programme baptisé « MUSCULAR », et mené avec l’homologue britannique de la NSA, le GCHQ, permet à ces deux agences de récupérer des données depuis les fibres optiques utilisées par les géants d’internet. A en croire un des documents, quelque 181 millions d’éléments avaient été collectés au cours du seul mois de janvier dernier, allant de métadonnées sur des emails, à des éléments de texte ou des documents audio ou vidéo. Ces interceptions auraient lieu en dehors des Etats-Unis, grâce à un fournisseur d’accès télécoms dont le nom n’est pas révélé. Agir en dehors des Etats-Unis permettrait à la NSA d’avoir plus de latitude que dans le pays, où des décisions de justice seraient nécessaires pour de telles actions. Yahoo! et Google ont immédiatement réagi. « Nous avons mis en place des contrôles très stricts pour protéger la sécurité de nos centres d’hébergement de données et nous n’avons donné accès à ces centres ni à la NSA, ni à aucune autre agence gouvernementale », a déclaré Yahoo! Le responsable juridique de Google, David Drummond, a assuré de son côté que son groupe n’était pas impliqué dans ces interceptions. « Nous sommes préoccupés depuis longtemps par la possibilité de ce genre de surveillance, et c’est pourquoi nous continuons à mettre des codes dans de plus en plus de services et liens Google, notamment les liens que l’on voit dans le schéma » publié par le Washington Post, a précisé M. Drummond dans un communiqué. « Nous ne donnons l’accès à nos systèmes à aucun gouvernement, y compris le gouvernement américain. Nous sommes scandalisés par l’étendue de ces interceptions menées par le gouvernement à partir de nos propres réseaux privés de fibres (optiques), ce qui souligne le besoin d’une réforme urgente », ajoute-t-il. Si la NSA n’a pour l’instant pas réagi officiellement, son chef, le général Keith Alexander, interrogé sur ce point lors d’une conférence à Washington, tout en reconnaissant n’avoir pas vu les révélations du Post, a déclaré qu’elles lui semblaient incorrectes. « A ma connaissance, une telle activité n’a jamais eu lieu », a-t-il assuré. « En juin, il y avait déjà eu cette allégation selon laquelle la NSA s’introduisait dans les serveurs de Yahoo! et Google, mais c’est faux », a-t-il ajouté. La NSA n’a accès à des données que « sur ordre de justice » et « ne s’introduirait pas de force dans des centres de stockage de données ». Cette révélation, une de plus dans une série déjà longue, intervient alors qu’Européens et Américains continuent à se livrer une guerre d’accusations et de démentis continuels à propos des pratiques d’espionnage américaines. Le patron de la NSA avait une nouvelle fois démenti avoir intercepté des dizaines de millions de communications de citoyens européens. Ces interceptions ont été réalisées par les services européens puis fournies à la NSA, et concernaient des « opérations militaires » dans des pays où ces alliés de l’Otan travaillent avec les Etats-Unis et ne visaient absolument pas l’Europe, a-t-il affirmé. Cette ligne de défense n’a pas semblé convaincre les Européens. A Paris, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkcacem, a jugé « peu vraisemblables » les propos du général américain et appelé à « davantage de clarté sur les pratiques des services secrets américains ». Et Berlin, après la révélation de l’écoute présumée d’un téléphone portable d’Angela Merkel, a envoyé deux hauts fonctionnaires allemands à la Maison Blanche pour y demander des explications, et devrait envoyer à Washington dans les prochains jours le président de ses services secrets (BND) et celui du renseignement intérieur. Et oui mais qui de la poule ou de l’agent secret a mangé l’œuf le premier ? Pour Angela Merkel l’équation est très simple :  »un barbu, c’est un barbu ! Trois barbus, c’est des barbouzes ! »

 

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