L’autodafé suprême

caroline Fourest« Si je pouvais tuer une personne (sans être sanctionné), ce serait Caroline Fourest. Cette femme est méprisable. » écrivait sur son compte twitter un jeune membre du FN. Il n’est pas le seul à avoir des rêves de mise à mort. Hier quand des militants contre le mariage gay ont pris pour cible la journaliste Caroline Fourest, alors qu’elle participait à un débat à Nantes avec l’écrivain Tahar Ben Jelloun et le député Jean Glavany sur le thème  »Vers un islam moderne ? ». Les militants contre le mariage gay se sont infiltrés dans l’amphi de la Cité des Congrès, et se sont levés dès la première prise de parole de la militante féministe, connue pour ses positions en faveur du mariage pour tous. Ils ont été expulsés de la salle manu militari. Les manifestants se sont ensuite rendus à la gare, où Caroline Fourest devait reprendre le train pour Paris. Là des affrontements avec les forces de l’ordre on eu lieu, bloquant pendant quarante minutes le train en partance pour Paris, un prêtre en soutane à leur tête. Mais que venait faire Torquemada dans cette galère ? L’évêché n’a pas d’autres problèmes à régler ? Désolé de faire le parallèle mais la dernière fois qu’un homme d’église a fait parler de lui dans la presse c’était pour des affaires de pédophilie, il s’agissait du cardinal de Los Angeles Roger Mahony dont l’archevêché a versé en guise de règlement à l’amiable un montant de 660 millions de dollars pour indemniser quelque 500 enfants victimes d’abus sexuels. Le cardinal Mahony qui était alors archevêque, avait entre autre laissé un prêtre, le révérend Michael Baker, poursuivre ses activités alors même qu’il avait avoué en 1986 avoir abusé de mineurs et condamné à dix ans de réclusion. En février dernier, la justice américaine a eu accès à de nouveaux documents internes à l’Eglise catholique, qui montrait une gestion scandaleuse de la part de plusieurs responsables catholiques face à des affaires d’abus sexuels impliquant une centaine de religieux. Les scandales de pédophilie aux Etats-Unis ont provoqué une crise sans précédent dans l’Eglise et contraint plusieurs diocèses à la faillite, après le paiement d’indemnités versées à des milliers de victimes. Contraint par la révélation de scandales en Irlande et en Allemagne, déjà Benoît XVI s’était efforcé de changer les règles et les mentalités face à ces affaires, mais il s’est heurté à des résistances de la part de certains responsables, soucieux de protéger l’image de l’Eglise, et notamment le doyen des cardinaux, Angelo Sodano. Le Vatican a indiqué début février recevoir encore quelque 600 plaintes par an, pour des faits remontant principalement aux années 60, 70 et 80, à travers le monde. Deux-tiers des 112 conférences épiscopales auraient désormais mis en œuvre des procédures spécifiques pour lutter contre les abus sexuels. Tout ceci pour dire que l’église catholique a du pain sur la planche à billet et qu’il faudrait peut-être se concentrer sur d’autres sujets que la chasse aux homgiacobbios, fussent-ils brillants, fussent-ils des journalistes qui ont pignon sur rue. Certes les journalistes ne sont pas toujours exemplaires. Prenons le cas du torchon   »Corsica Magazine » – qui devrait bientôt disparaître sans laisser de regrets. On sèche pas mal du côté du magazine, et tous s’y collent d’ailleurs. Dans son édition du mois de mars, la rédaction du mensuel s’attaquait au Président de l’Exécutif de l’Assemblée de Corse dont les proches sont mis en cause dans le cadre de détournement à grande échelle de subventions départementales destinées à la création de gîtes ruraux. L’enquête de deux pages, retraçant les investigations judiciaires annoncées en couverture sous le titre : « Les gîtes du clientélisme », à première vue on ne se trouvait pas dans le magazine, mais en y regardant de plus près, il apparaît que les pages 48 et 49 avaient tout bonnement été collées. Interrogé sur France 3 Corse puis par L’Express, le directeur de la publication du magazine reconnaissait avoir fait sceller les pages incriminées, portant la photo de Paul Giacobbi par mesure de prudence liée aux risques judiciaires régulièrement encourus en cas de condamnation pour diffamation. Espérons qu’il ne soit pas attaqué pour publicité mensongère. Mais en parlant de publicité mensongère, je me demandais :  »mais le Torquemada des quais de gare est ce vraiment un prêtre ou juste un idiot en soutane ? ». Heureusement qu’il nous reste la poésie : Lumière ! et l’on verra resplendir la fournaise ! Je sèmerai les feux, les brandons, les clartés, Les braises, et partout, au-dessus des cités, Je ferai flamboyer l’autodafé suprême. Joyeux, vivant, céleste ! — genre humain, je t’aime !

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