Le laboratoire de la création insulaire

INSULAE- Magà Ettori - Ariakina Ettori - Ondalina Ettori - réalisationsA l’avant-garde de la création cinématographique, l’Institut Régional du Cinéma et de l’Audiovisuel (IRCA) anime avec ferveur les Rencontres du Cinéma Néo Contemporain. Cette manifestation qui se déroule dans toute la Corse et sur le continent a débuté par une Master Class le 14 décembre à Ajaccio, et se conclura avec un colloque sur le cinéma engagé le 22 décembre à Paris. Entre-temps les amoureux du 7ème art ont pu participer à des ateliers, des tournages de films, des cafés-philo, des débats, des formations à l’éducation à l’image et bien entendu aux projections de films corses dans le cadre des  »Jeunes Etoiles du Cinéma Corse ». Corse Net Info, partenaire des rencontres, a interrogé Magà Ettori (président de l’IRCA, Conseiller cinéma auprès du Conseil Économique Social et Culturel Corse – CESCC) à la sortie d’un Café Philo à Bastia. Réactions à chaud au cœur de l’événement.

– Magà Ettori, beaucoup de monde ce soir à ce café Philo. Un vrai succès populaire.  »Aller au cinéma est-ce aller ailleurs ? ». Comment expliquez-vous ça ? – Les bastiais sont habitués à ce genre de rendez-vous. Bastia est une ville d’art, d’apparence très sobre mais en réalité la culture est présente toute l’année et depuis des années. Ce qui est réjouissant c’est que des gens aient fait le déplacement de toute la Corse. J’ai retrouvé ce soir des amis de Balagne, des enseignants et des étudiants de l’Université de Corse, des cinéphiles de l’Alta Rocca, un historien du Niolu, des cinéastes de l’extrême sud, de la région bastiaise, et Christophe di Caro. Ce soir l’organisation était parfaite, les interventions multiples et de qualité. Je viens de quitter deux étudiants de l’Université de Corse qui sont venus en curieux et qui vont tourner un court-métrage avec nous demain. Les participants ont parlé pendant 90 minutes de septième art et de culture corse, ils ont été à la fois spectateurs et acteurs de l’instant. C’est vraiment le résultat que nous espérions. – Demain les jeunes cinéastes de Ciné Rinovu (pépinière de l’IRCA) vont tourner un film intitulé  »la pêcheuse de bonheur ». Ce sont trois créations qui sont prévues pendant les Rencontres du Cinéma Corse Néo Contemporain. – La manifestation est pensée comme un espace de vie, d’innovations, et d’expérimentations. Nous avions besoin d’un laboratoire. Laissez un espace à l’envie et à la passion et vous aurez rapidement des résultats surprenants. Nous avons organisé une Master Class en langue corse. La Master Class organisée par Danila Zini et Jean Leca (Lycée Jules Antonini) comprenait un tournage. – Vous avez établi un partenariat avec les salles de Cinéma dans toute la Corse afin de diffuser des court-métrages. L’opération s’intitule  »Les jeunes étoiles du Cinéma Corse ». – Il était fondamental de créer un rendez-vous pour permettre aux cinéastes corses de présenter leurs films. L’opportunité s’est offerte à nous à travers un évènement national organisé par le Centre National de la Cinématographie :  »Le jour le plus court ». Nous avons pris la coordination Régionale et organisé les projections. Le 21 décembre 2011, jour du solstice d’hiver : toute la journée sera consacrée à partager la richesse du film court. Une journée créative, festive, pleine de diversité. Cette fête souhaite, à l’image de la fête de la musique, montrer toute la richesse du film court sous toutes ses formes, partout et sur tous les écrans, de la salle de cinéma jusqu’à la tablette numérique, de la télévision à internet. Sans oublier les  »lieux alternatifs ». C’est une fête qui se veut le reflet de la vitalité du court métrage, avec ses productions audacieuses, ses nombreux festivals, ses organisations professionnelles et structures associatives. Une fête qui met à l’honneur la création pour qu’elle puisse rencontrer une plus large audience et dialoguer avec elle. L’idée collait parfaitement avec le fonctionnement sérieux et libre à la fois de l’IRCA, et nous y avons vu le moyen de faire partager le plus largement possible le concept du Cinéma Corse Néo Contemporain (qui est de privilégier la production du réel en prise directe avec la culture corse). Nous avons donc tout misé sur le jeune cinéma Corse et sur le film musical. De très nombreux films se tournent dans l’île, et tous ne bénéficient pas d’une mise en lumière conséquente, loin s’en faut. L’IRCA est régulièrement sollicité pour aider à la production, à la réalisation ou à la distribution de films tournés par de jeunes personnes qui n’ont pas encore fait d’école ou de formation spécifique. Ce partenariat lié à la distribution que nous avons élaboré avec René Viale (Studio Cinéma) et Antoine Barq (L’Alba) nous semble une réponse positive à leur attente. Ce faisant nous travaillons également à l’avenir de la distribution professionnelle des films corses. Nous sommes intervenu au Conseil Economique Social et Culturel Corse pour que soit intégré dans le catalogue d’aide des salles de cinéma un soutien aux salles qui diffusent les films aidés par la Collectivité Territoriale de Corse. Cette proposition a été validée par le CESCC. – Quels sont les  »grands moments » à venir ? – Il y en a une multitude. Mais nous attendons beaucoup des ateliers d’éducation à l’image animés par CINE RINOVU en partenariat avec La Falep de Corse-du-sud. L’équipe de Pierre-Jean Rubini a réalisé un excellent travail. Un petit film sera tourné à la Maison de quartier de l’Empereur. Joëlle Orabona (France Bleu Frequenza Mora) a déjà accueilli les créateurs de Ciné Rinovu, mais une autre émission radio est prévue autour du jeune cinéma Corse. Corsica Radio sert également le dispositif avec un débat animé – entre autre – par Jacques Renucci, le journaliste qui a donné son nom au Cinéma Corse Néo Contemporain. Le café-philo d’Ajaccio préparé par l’équipe de Pascal Bruno  :  »Le devoir de mémoire et la nécessité d’oublier » devrait aussi être un bon moment. Et bien entendu les jeunes étoiles du Cinéma Corse dans toute l’île, puis le rendez-vous à la Maison de la Corse à Paris. – C’est important de montrer le cinéma Corse à l’extérieur ? – Essentiel. Ici et ailleurs, la rencontre entre la création, la production, la diffusion et le public sont incontournables. Je ne crois pas aux artistes maudits qui font leurs films pour deux copains. Quelque soit le résultat technique, ou artistique à partir du moment ou un film est fini il faut le montrer. Après qu’il trouve son public ou pas c’est autre chose, mais il existe, nous existons collectivement à travers notre création et c’est là le propos. Nous ne sommes pas dupes, tous les cinéastes ne deviendront pas des artistes incontournables du septième art mais de l’expérimentation, de l’exemple naîtra nécessairement quelque chose. – Comment envisagez-vous les prochaines manifestations ? – Ces rencontres sont un temps fort, un catalyseur, et une vitrine qui serviront de projet fédérateur dans les années à venir. Nous avons souhaité donner à cette première rencontre un caractère à la fois ludique et studieux. Nous dessinerons les prochaines en fonction de l’évolution de notre cinéma. Nous vivons une période charnière du cinéma mondial avec le passage de l’argentique au numérique. La Corse n’échappe pas à cette révolution, et nous allons l’accompagner. Toutefois nous allons travailler autour de l’idée de laboratoire. – Quelles sont les ambitions de l’IRCA pour les années à venir ? – L’Institut Régional du Cinéma et de l’Audiovisuel (IRCA) a été crée en 1992. Notre structure souhaite faciliter l’émergence d’un cinéma de qualité en Corse. Pour tendre vers cet objectif, l’IRCA a réalisé un maillage étroit du territoire insulaire, recruté des cinéastes et des cinéphiles, et élaboré un programme commun : le Ciné Corsica. Les antennes locales de Ciné-Corsica interviennent – chaque fois que possible – dans l’aide à la production et à la distribution, dans l’information, les festivals, les rencontres, les débats, les projections, et la formation. Une activité efficacement soutenue par un réseau de professionnels. L’objectif de l’IRCA est à partir de là de permettre un rayonnement maximal de ce cinéma, d’où le partenariat avec la Fondazione Sistema – Mediateca Regionale di Toscana. Le 24 octobre dernier, pour la première fois, plusieurs films se réclamant du cinéma néo contemporain participaient à un évènement international : 50 Giorni di Cinema Internazionale a Firenze 2011. Six films ont été programmés et projetés à la Casa del Cinema de Florence Odéon (Piazza Strozzi) qui ont représenté la Corse dans cet évènement exceptionnel qui durait 50 jours, comptait 150 projections et a réuni jusqu’à 50 000 personnes. Pour nous la création cinématographique est une invention qui se transforme en même temps qu’elle grandit.
+ Le programme complet sur NEO CINE TV : www.corsicacinema.com
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